Plusieurs pays d'Europe vaccinent les enfants, raid policier contre les "antivax" en Allemagne

Publié le à Madrid (AFP)

La vaccination des enfants a commencé mercredi dans plusieurs pays d'Europe, où le variant Omicron devrait devenir dominant d'ici mi-janvier, alors que l'Allemagne a lancé une opération policière contre les opposants aux restrictions anti-Covid après des menaces de mort contre un dirigeant régional.

Après le Danemark et l'Autriche, certaines régions allemandes dont Berlin, l'Espagne, la Grèce ou encore la Hongrie ont donné le coup d'envoi de la vaccination des moins de 12 ans, catégorie d'âge actuellement la plus touchée par les contaminations.

Cet élargissement de la vaccination intervient alors que le nouveau variant Omicron pourrait devenir dominant en Europe d'ici mi-janvier, a mis en garde mercredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Mais le vaccin compte de farouches opposants dans plusieurs pays d'Europe, dont l'Allemagne où une importante intervention policière a été menée à Dresde (Saxe), fief de la mouvance anti-restrictions et de l'extrême droite, après des menaces de mort proférées via Telegram contre le ministre-président de cette région d'ex-RDA.

Intervenant devant le Parlement, le nouveau chancelier Olaf Scholz a promis une lutte implacable contre une "minorité d'extrémistes" anti-vaccins.

La police soupçonne que des membres du groupe à l'origine de ces menaces puissent "être en possession d'armes réelles et d'arbalètes".

- Atermoiements -

La vaccination des 5-11 ans, avec une version du vaccin Pfizer moins forte que celle destinée aux adultes, est possible dans l'Union européenne depuis son autorisation par le régulateur du médicament le 25 novembre.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les 5-14 ans sont actuellement les plus touchés par la pandémie, avec parfois des taux deux à trois fois plus élevés que dans le reste de la population.

Outre Berlin, la région de Bavière (sud) a elle aussi lancé sa campagne mercredi en Allemagne.

A quelques jours des fêtes de fin d'année et après des semaines d'atermoiements de la commission vaccinale allemande, ces "Länder" ont choisi de préconiser la vaccination des enfants présentant des facteurs de risques ou dont l'entourage présente des comorbidités.

Outre la vaccination chez les médecins, des actions d'envergure sont prévues au zoo de Berlin et au muséum d'histoire naturelle, ou encore dans les écoles.

L'Espagne, l'un des champions de la vaccination en Europe, a entamé sa campagne à destination de tous les enfants de 5 à 11 ans dans les écoles, les vaccinodromes ou les hôpitaux, selon les régions.

Son Premier ministre Pedro Sanchez a indiqué espérer que cet élargissement de la vaccination aux enfants fasse du pays "un exemple pour le monde".

- "Comme papi et mamie" -

Même s'il y a plus d'indécision que lors de la campagne de vaccination des adultes, 74% des parents comptent faire vacciner leur enfant en Espagne, selon un sondage.

Une campagne gouvernementale à la télévision met en scène des enfants se réjouissant que cela soit "leur tour" d'être vaccinés pour faire comme "papi et mamie, papa et maman, tatie et tonton, la maîtresse" et pouvoir "embrasser sans limite, aider à en finir avec ce virus et protéger les personnes âgées".

Plus de 30.000 parents ont pris rendez-vous en Grèce pour faire vacciner leur enfant alors que la campagne débute également mercredi dans ce pays, comme en Hongrie. D'autres pays comme l'Italie, la Pologne (où de nouvelles restrictions ont été introduites mercredi), le Portugal ou Chypre démarreront leur campagne dans les prochains jours.

En France, seule la vaccination des enfants risquant de développer des formes graves a été approuvée, mais le gouvernement a dit envisager de l'élargir "à tous les enfants" sur la base du volontariat.

Ailleurs dans le monde, l'Indonésie a entamé mardi la vaccination des 6-11 ans dans certaines zones comme la capitale Jakarta.

La pandémie a fait au moins 5 .319. 316 de morts dans le monde depuis fin 2019, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles mercredi en milieu de journée.

Le variant Omicron continue de se propager à vitesse grand V sur l'ensemble de la planète. Le Kenya a annoncé à son tour mercredi avoir détecté "au moins trois" premiers cas du variant.

Alors que de nombreux pays se sont lancés dans l'administration d'une troisième dose de vaccin pour contrer cette nouvelle vague, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a déclaré mercredi que le vaccin de Johnson & Johnson pouvait être utilisé pour des doses de rappel chez les plus de 18 ans.

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