Pologne: l'ex-président du Conseil européen Donald Tusk à la tête du parti d'opposition PO

Publié le à Varsovie (AFP)

L'ex-président du Conseil européen Donald Tusk a pris la tête samedi du parti d'opposition Plateforme civique (PO) en Pologne, marquant son retour sur le devant de la scène politique intérieure du pays, a annoncé le porte-parole du parti.

Après la démission du président du parti, Borys Budka, "les tâches de président de la PO sont assumées par Donald Tusk", a déclaré le porte-parole, Jan Grabiec, à l'issue d'une réunion du conseil national du parti.

M. Tusk, âgé de 64 ans, avait co-fondé la PO il y a vingt ans et a été Premier ministre de son pays entre 2007 et 2014.

"Je suis de retour à 100%", a déclaré M. Tusk devant un congrès du parti qui l'a ovationné. Dans son discours, il a évoqué "le démon" à propos du parti conservateur nationaliste au pouvoir Droit et Justice (PiS), l'accusant de placer la Pologne dans une "situation dangereuse" en créant des dissensions avec ses partenaires de l'Union européenne.

"Quand on voit le démon, on le combat", a-t-il lancé.

Le conseil national de la PO l'a élu vice-président du parti ce qui signifie qu'il assume les fonctions de président jusqu'à une élection formelle à ce poste prévue plus tard cette année.

M. Tusk assume actuellement la présidence du Parti populaire européen (PPE) et joue souvent le rôle de commentateur acerbe, depuis les coulisses, de la politique polonaise.

Grand amateur de football, limite "hooligan" dans sa jeunesse de son propre aveu, M. Tusk a grandi dans la ville portuaire de Gdansk, au nord du pays, berceau du mouvement Solidarité qui a démantelé le régime communiste.

Lorsqu'il était président du Conseil européen entre 2014 et 2019, il a géré des crises allant des migrations à la situation économique de la Grèce, en passant par les difficiles négociations du Brexit.

Une incertitude est apparue à l'approche du congrès de la PO après que le maire de Varsovie, Rafal Trzaskowski, finaliste de l'élection présidentielle de l'année dernière, se soit déclaré prêt à prendre la tête du parti.

Selon les médias, M. Trzaskowski a, depuis, fait marche arrière et ne contestera plus la candidature de M. Tusk à la direction du parti.

"La Plateforme civique sera grande de nouveau", a tweeté un député du parti, Robert Tyszkiewicz, après l'annonce concernant M. Tusk.

- La Pologne en "isolement complet" -

La PO se trouve en troisième position dans les sondages, derrière le PiS et le parti centriste d'opposition Pologne 2050.

Dans le même temps, le PiS a perdu sa courte majorité au Parlement et les relations avec l'UE se dégradent sur nombre de questions, notamment les réformes judiciaires controversées.

M. Tusk a déclaré que le chef du PiS Jaroslaw Kaczynski avait conduit la Pologne dans un "isolement complet" sur la scène internationale.

Les élections en Pologne sont prévues pour 2023 mais, selon les commentateurs, le parti au pouvoir pourrait être tenté par des élections anticipées pour éviter un vote de défiance au Parlement.

Le PiS tient aussi son propre congrès samedi, qui devrait confirmer le vétéran Jaroslaw Kaczynski à sa tête.

Le parti devrait approuver aussi la nomination du Premier ministre Mateusz Morawiecki, 53 ans, au poste de chef adjoint, faisant de lui l'héritier présomptif de Kaczynski, 72 ans.

En s'adressant aux délégués de sa formation, M. Kaczynski a affirmé qu'il serait à la tête du PiS "pour une dernière fois" et promis d'accélérer le programme économique de son parti afin d'aligner les conditions matérielles des Polonais sur celles de l'Europe de l'Ouest.

Un nouveau sondage réalisé en début de semaine montre que la coalition de droite au pouvoir, dominée par le PiS, est en tête avec 34% de soutien, suivie de Pologne 2050 avec 17,1% et de la PO avec 16,9%.

L'étude a été réalisée par l'institut de sondages IBRiS pour la chaîne de télévision Polsat.

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