Pompeo en Russie: cinq points de discorde

Publié le à Sotchi (Russie) (AFP)

Du Venezuela à l'Iran, les sujets de discorde entre la Russie et les Etats-Unis ne manquent pas, et le menu s'annonce chargé pour la visite du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo mardi en Russie.

Voici cinq sujets qui entretiennent le climat de nouvelle Guerre froide entre les deux pays.

- Iran -

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a promis une discussion "franche" avec son homologue américain sur le dossier nucléaire iranien.

Sans doute l'un des sujets de tensions les plus anciens entre les deux pays, cette crise avait connu une accalmie avec la signature en 2015 de l'accord avec Téhéran sur son programme nucléaire.

Elle est revenue au premier plan depuis un an et le retrait américain de ce pacte annoncé par Donald Trump. Sa décision d'infliger de lourdes sanctions à l'Iran a mis à mal l'économie du pays en visant notamment le secteur pétrolier et les sociétés étrangères qui commercent avec la République islamique.

La Russie, comme les Européens et la Chine, souhaite sauvegarder l'accord mais face à la fermeté américaine, Téhéran vient de suspendre certains de ses engagements.

A cela s'ajoute la crainte d'une escalade militaire, Washington accusant Téhéran de préparer des attaques "imminentes" contre des intérêts américains au Moyen-Orient. Les Etats-Unis ont déployé un navire de guerre et une batterie de missiles Patriot dans le Golfe, où sont déjà présents un porte-avions et des bombardiers B-52.

Plusieurs navires ont été la cible de mystérieux "actes de sabotage" au large des Emirats, selon Ryad et Abou Dhabi, suscitant une montée des tensions dans le Golfe.

- Venezuela -

Ces dernières semaines, la Russie et les Etats-Unis se sont accusés mutuellement d'ingérence au Venezuela, déchiré par la crise.

Moscou est un allié essentiel du président Nicolas Maduro, alors que Washington soutient le chef de l'opposition Juan Guaido.

La Russie a critiqué le soutien "irresponsable" des Etats-Unis à ce qu'elle considère comme un coup d'Etat raté contre Nicolas Maduro.

Mike Pompeo a affirmé lui que Maduro était prêt à quitter le pays mais que ses soutiens russes l'en avaient dissuadé.

- Corée du Nord -

Le mois dernier, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a rencontré son homologue russe Vladimir Poutine pour leur premier entretien en face à face.

La réunion de Vladivostok visait à contrer l'influence des États-Unis et à renforcer le rôle de Moscou dans la péninsule coréenne, après l'échec des précédentes négociations entre Kim et le président américain Donald Trump.

Pyongyang a insisté avec colère sur le fait que Mike Pompeo devait être tenu à l'écart de toute nouvelle discussion.

- Ingérence électorale -

Le rapport du procureur spécial américain Robert Mueller n'a pas trouvé de preuve d'une quelconque entente entre la Russie et l'entourage de Donald Trump en 2016, mais estime que la Russie "s'est immiscée dans l'élection présidentielle de 2016 d'une façon systématique".

Mike Pompeo a promis "des mesures dures" contre ces "activités néfastes" de Moscou et a expliqué s'attendre au même genre d'activités russes illégales en 2020.

Le Kremlin a toujours démenti toute ingérence, mettant ces accusations sur le compte de luttes politiques internes à Washington.

- Sanctions et prisonniers -

Les Etats-Unis n'ont cessé de durcir leurs sanctions contre la Russie ces dernières années, de concert avec les Occidentaux sur le dossier ukrainien mais aussi de manière unilatérale.

Le climat ambiant de nouvelle Guerre froide a été alimenté par plusieurs affaires d'espionnage retentissantes.

Moscou dénonce le sort fait à Maria Butina, la seule Russe arrêtée et condamnée en trois ans d'enquête sur l'ingérence russe dans la politique américaine.

Accusée d'être un agent russe aux Etats-Unis, elle y a été condamnée à 18 mois de détention. Le président russe Vladimir Poutine a qualifié "d'arbitraire" cette condamnation, soulignant ne pas comprendre pourquoi elle avait été condamnée.

Entretemps, l'Américano-britannique Paul Whelan a été placé en détention provisoire en Russie, où il est accusé d'espionnage. Cet ex-marine a été arrêté fin décembre à Moscou.

Moscou a rejeté l'idée que Paul Whelan puisse être échangé contre un autre prisonnier aux Etats-Unis.

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