Pour leurs trois mois, les "gilets jaunes" de retour dans la rue

Publié le à Paris (AFP)

Trois mois de manifestations, un début de lassitude dans l'opinion mais une mobilisation persistante : les "gilets jaunes" ont entamé samedi leur acte 14 avec un défilé fourni à Paris et d'autres prévus en province.

Dans la capitale, traditionnelle place forte de la contestation, un cortège de plusieurs milliers de personnes qui s'était retrouvé place de l'Etoile a descendu les Champs-Elysées avant de traverser la Seine en direction du boulevard des Invalides, a constaté un journaliste de l'AFP.

"On a fait presque toutes les manifs. On voit bien que le service public se casse la gueule", a déclaré à l'AFP Marion, infirmière à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), qui qualifie de "poudre aux yeux" le grand débat lancé par Emmanuel Macron. "On n'y croit pas, on va pas y participer".

Sous un grand soleil, les manifestants défilaient dans le calme sur fond de slogans hostiles lancés aux forces de l'ordre encadrant le cortège : "Tout le monde déteste la police" ou "Castaner nique ta mère" .

"J'ai fait 12 des 14 actes. J'en peux plus de ce système pourri", a dit avant le départ du cortège Christophe, 44 ans, qui en veut pour preuve la récente nomination d'Alain Juppé au Conseil constitutionnel alors qu'"il a été a été jugé et condamné".

En Meurthe-et-Moselle, des "gilets jaunes" étaient de retour sur les ronds-points, où avaient commencé les premières mobilisations en novembre, notamment à Pont-à-Mousson ou Essey-lès-Nancy. "Aucun blocage, ni filtrage ne sera toléré", a toutefois indiqué la préfecture.

"On est aussi revenus sur les ronds-points pour éviter les violences qui se font là-haut (en centre-ville) pendant les manifestations", a affirmé Joëlle, 58 ans, sur un barrage filtrant monté par une trentaine de "gilets jaunes" à Balma, dans la banlieue est de Toulouse.

A Strasbourg, 110 "gilets jaunes" participaient à l'unique rassemblement prévu samedi matin, selon la police, et à Nice une cinquantaine de personnes étaient rassemblées dans la matinée dans le centre.

Le samedi précédent, 51.400 manifestants avaient été recensés par le gouvernement, esquissant une décrue de la mobilisation ces dernières semaines. Un affaiblissement toutefois contesté par le mouvement, qui concède seulement une stagnation de ses forces en revendiquant la présence de 118.000 manifestants samedi dernier.

Lancée le 17 novembre, cette contestation inédite pour le pouvoir d'achat voit également le large soutien populaire dont elle bénéficiait s'effriter : pour la première fois, une majorité de Français (56%) souhaitent que la mobilisation s'arrête, selon un sondage Elabe diffusé mercredi.

Malgré ces signes de lassitude, beaucoup de "gilets jaunes" ne veulent "rien lâcher" après une semaine où deux figures du mouvement, le chauffeur routier Eric Drouet et l'ex-boxeur Christophe Dettinger, ont comparu devant la justice à Paris.

- "Insurrection" ou "manif pacifique" ? -

Les modalités d'action font en revanche l'objet de nombreux débats, au sein d'un mouvement protéiforme qui a fragilisé l'exécutif et l'a contraint à faire des concessions et à lancer un grand débat pour tenter de sortir de la crise.

A Paris, la mobilisation doit s'étaler sur l'ensemble du weekend, pour marquer dimanche le troisième mois, jour pour jour, du mouvement, avec une manifestation "déclarée et pacifique" qui doit défiler essentiellement sur la rive gauche.

La préfecture de police de Paris a promis un "dispositif conséquent" pour sécuriser la capitale.

Comme lors des précédents samedis, l'acte 13 avait été marqué par des incidents, notamment devant l'Assemblée nationale, où un manifestant a eu la main arrachée lors d'affrontements avec les forces de l'ordre, entretenant la controverse sur les violences policières.

"Les démonstrations de violence (lors des manifestations) doivent cesser", a exhorté mercredi le chef de l'Etat Emmanuel Macron, dont les cortèges réclament régulièrement la démission.

A Bordeaux et Toulouse, autres places fortes de la contestation, des rassemblements sont prévus en début d'après-midi samedi, préludes à des défilés qui se sont ces dernières semaines souvent terminés par des violences.

Entre le gouvernement occupé à faire la promotion de son grand débat et les manifestants qui dénoncent une consultation de façade, le dialogue de sourds se poursuit.

"Ce mouvement ne revendique plus rien", a estimé jeudi le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. "Je ne vois pas pourquoi on s'arrêterait, on nous écoute pas", rétorque Chantal, porte-parole des "gilets jaunes" à Marseille.

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