Présidentielle J-4: la bataille se durcit entre Macron et Le Pen

Publié le à Paris (AFP)

Ils ne seront pas face à face mercredi soir mais sont les favoris du premier tour: Emmanuel Macron et Marine Le Pen s'affrontent à distance dans les médias au moment où, selon les sondages, l'écart entre les deux se réduit comme peau de chagrin.

Ce duel décalé intervient en toute fin d'une campagne inédite, ballotée entre pandémie du Covid et guerre en Ukraine, à quatre jours d'un scrutin indécis et qui pourrait être marqué par une forte abstention, approchant ou dépassant le record de 2002 (28,4%).

Le président sortant et sa rivale d'extrême droite doivent participer à l'émission du 20H00 de TF1, "10 minutes pour convaincre". Ils seront tour à tour interrogés sur les cent premiers jours de leur présidence, s'ils sont élus le 24 avril. Un second tour aux allures de match retour de 2017, où la candidate RN avait été sèchement battue au second tour (66/34%).

Mme Le Pen, qui a lissé son image et édulcoré certaines propositions sans changer le fond de son projet sur l'immigration, est en hausse régulière dans les intentions de vote, atteignant 21,5%, en hausse de 4 points en deux semaines, selon le sondage Ipsos/Sopra Steria pour Le Monde, la fondation Jean Jaurès et le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), publié mercredi.

Elle est à cinq points de M. Macron (26,5%, -1,5 point en deux semaines), mais loin devant Jean-Luc Mélenchon (LFI), également en hausse (16%, +2).

- "Électrochoc utile" -

Ce "resserrement sondagier préoccupe. Après, ça tombe bien, la tension nous oblige à sortir", a confié à l'AFP un proche du président-candidat. "On a trop fermé les yeux sur Marine Le Pen. Est-ce que c'est trop tard ? Peut-être, mais je ne le crois pas. L'électrochoc est utile".

"Pour nous, le problème c'est l'+effet drapeau+ de l'Ukraine qui, en mars, nous a fait grimper à des niveaux un peu surréalistes", a-t-il souligné.

Le président sortant, également chef des armées et président en exercice du conseil de l'UE, avait gagné 5 à 6 points, franchissant la barre des 30%, juste après le début de l'offensive russe le 24 février.

M. Macron s'érige en rempart républicain et humaniste contre l'extrême droite, et plus particulièrement de Mme Le Pen. Samedi, il a présenté le scrutin présidentiel comme "le combat du progrès contre le repli, le combat du patriotisme et de l’Europe contre les nationalistes".

Mme Le Pen se montre prudente. Elle a annulé plusieurs événements et se prépare pour son dernier grand meeting, jeudi à Perpignan, ville remportée par le RN lors des municipales et dirigée par Louis Aliot, vice-président du parti et son ancien compagnon.

- "Réconciliation des droites" -

Quant à M. Mélenchon, en troisième place dans les sondages à 16%, il caresse l'espoir de s'immiscer entre ce duo annoncé comme il l'a montré mardi lors d'un meeting à Lille relayé dans onze villes grâce à des hologrammes.

Les candidats ont jusqu'à vendredi minuit pour jeter leurs dernières forces dans la bataille.

La lutte est toujours aussi rude entre Valérie Pécresse (LR) et l'ex-polémiste d'extrême droite Eric Zemmour (Reconquête!), tous deux donnés autour de 9/10%, et qui se disputent la capacité de réaliser une "union des droites".

Au lendemain du second tour, "je serai soit président de la République soit chef de l'opposition", a affirmé M. Zemmour sur France Inter. "Je ferai enfin cette réconciliation des droites que personne ne veut faire, ni Marine Le Pen ni Mme Pécresse. Je suis le seul" à pouvoir la faire.

Mais pour la candidate LR, pas de doute, Eric Zemmour "sera Monsieur 20H01: il appellera à voter Marine Le Pen et se présentera aux législatives sous ses couleurs". "Aujourd'hui, la seule union des droites possible, c'est autour de moi", a enchaîné la candidate sur franceinfo.

Le candidat souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (NDA) organise un meeting mercredi soir à Paris, tandis qu'à l'opposé de l'échiquier Philippe Poutou (NPA) sera à Bordeaux.

La socialiste Anne Hidalgo sera à Cachan, en banlieue parisienne, tout comme le communiste Fabien Roussel qui se rend à Gentilly. L'écologiste Yannick Jadot se déplace en Alsace.

Le parquet national financier (PNF) a, par ailleurs, ouvert le 31 mars une enquête préliminaire pour blanchiment aggravé de fraude fiscale après avoir pris connaissance du rapport du Sénat sur l'influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques.

Dans ce rapport, la commission d'enquête du Sénat a accusé les entités françaises du cabinet américain McKinsey d'optimisation fiscale, de telle sorte qu'elles n'auraient versé aucun impôt sur les sociétés entre 2011 et 2020. Le gouvernement a assumé le recours à ces cabinets, dénoncé vivement par l'opposition.

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