Présidentielle: les candidats convoitent le vote des agriculteurs

Publié le à Paris (AFP)

Ils ne forment plus qu'1,5% de la population active en France mais c'est un électorat traditionnellement clé: les candidats à la présidentielle ont multiplié mercredi les marques d'empathie envers les agriculteurs, à un moment où la souveraineté alimentaire fait débat sur fond de guerre en Ukraine.

A onze jours du premier tour, le 10 avril, plusieurs candidats dont Valérie Pécresse (LR), Marine Le Pen (RN), Eric Zemmour (Reconquête) ou le communiste Fabien Roussel ont fait le déplacement à Besançon pour cette rencontre sous les auspices du principal syndicat agricole, FNSEA.

D'autres, notamment à gauche comme Jean-Luc Mélenchon (LFI), Anne Hidalgo (PS) ou Yannick Jadot (EELV), ont fait l'impasse, se faisant fortement huer quand le speaker a annoncé qu'ils avaient décliné l'invitation.

Emmanuel Macron, pris mercredi par un Conseil de défense suivi d'un Conseil des ministres -- avant un nouveau déplacement de campagne jeudi en Charente-Maritime -- s'est adressé au meeting par visioconférence dans un message enregistré mardi à son QG de campagne.

Des circuits courts au retrait des accords de libre-échange, en passant par la suppression totale des pesticides, les 12 candidats à l'Elysée fourmillent d'idées pour prêter main forte à une agriculture frappée par la flambée des coûts de production et des matières premières agricoles provoquée par la guerre en Ukraine.

D'autant que la profession subit un lent déclin.

La France métropolitaine compte 389.000 exploitations agricoles, selon les résultats provisoires du recensement agricole 2020, soit quatre fois moins qu'en 1970.

Et près d'un ménage agricole sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, selon l'Insee.

- "Souveraineté" -

"Mener les transitions (écologiques) est nécessaire mais ça ne doit pas nous faire perdre de vue notre mission nourricière", a déclaré Emmanuel Macron, qui est favori des agriculteurs pour le premier tour, plaidant pour une "réconciliation" entre agriculture et écologie.

Pour sa part, la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen, en deuxième place dans les sondages d'intentions de vote derrière M. Macron, a lancé: "Mon projet : c'est la souveraineté de notre pays".

La candidate s'est montrée à l'offensive contre les "billevesées des écolos" ou encore la Commission européenne et l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) "qui entravent toute réaction efficace à la crise en cours".

Elle a également condamné les "agressions et dégradations intolérables" contre les agriculteurs mais s'est faite huer quand elle a indiqué vouloir créer un statut de l'animal.

Quand Mme Pécresse jugeait le projet européen +Farm 2 fork+ -- "De la ferme à la fourchette" qui vise une stratégie verte adaptée à l'agriculture --, "une pure folie au moment du réchauffement climatique, où l'on risque d'avoir des famines", Eric Zemmour, lui, insistait sur le mode de vie "malmené" des agriculteurs par "l'arrogance parisienne et l'idéologie européenne".

- "Franchouillard" -

Jouant de l'absence de ses rivaux à gauche, le communiste Fabien Roussel a été copieusement applaudi se montrant à l'aise, blagueur et suscitant les rires d'un auditoire traditionnellement plutôt à droite de l'échiquier.

"Il est bon lui !", a lancé un agriculteur, en applaudissant, quand le communiste a parlé de nationaliser une banque pour aider les jeunes agriculteurs à obtenir des prêts pour s'installer.

Quant à l'iconoclaste Jean Lassalle, il était en terrain conquis chez ses "frangins". "Les agriculteurs ne sont pas les ennemis, ce ne sont pas eux qui polluent, et au moins ils ne mentent pas comme nous les politiques", a-t-il dit.

Dans la dernière ligne droite de cette campagne décidément atypique, l'attention allait crescendo dans l'affaire "McKinsey", du nom du cabinet de conseil américain sous le feu des projecteurs depuis la parution d'un rapport du Sénat soulignant les nombreuses prestations commandées par l'Etat à McKinsey et d'autres cabinets de conseil pour plus d'un milliard d'euros en 2021.

Le sujet est politiquement sensible pour l'exécutif et, surtout, le président sortant, qui s'en était défendu lundi.

Interrogé à la sortie du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a jugé normal de s'interroger à ce sujet et renvoyé à une conférence de presse dans la soirée des ministres des Comptes Publics Olivier Dussopt et de la Fonction publique Amélie de Montchalin.

L'affaire intervient au moment où l'écart se resserre dans les sondages entre Emmanuel Macron et ses poursuivants immédiats, même s'il reste largement en tête, et alors que le pouvoir d'achat et donc le porte-monnaie est dans tous les esprits.

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