Présidentielle sous Covid: "pagaille" sanitaire à l'école et pass vaccinal au Sénat

Publié le à Paris (AFP)

"Pagaille" sanitaire à l'école, pass vaccinal débattu au Sénat, organisation plus complexe de la campagne électorale: la crise du Covid s'immisce toujours un peu plus dans la présidentielle, mardi à 89 jours du premier tour, éclipsant les autres thématiques.

L'opération déminage du Premier ministre Jean Castex lundi soir, avec un protocole sanitaire allégé, n'aura pas suffi.

L'opposition continue à dénoncer un "grand cafouillage" avant une grève, qui s'annonce très suivie jeudi, des enseignants dans les écoles, collèges et lycées.

La droite s'est engouffrée dans la brèche: le président LR du Sénat Gérard Larcher a dénoncé une "pagaille" et le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau un "désaveu" pour le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer.

- "Blanquer l'incompétent" -

La gauche n'est pas en reste sur une thématique qui lui est chère. Le député et porte-parole du PS Boris Vallaud a même appelé à la démission de M. Blanquer, objet de tirs croisés de tous les bancs à l'Assemblée nationale. Le candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel a pour sa part infligé un "0 sur 20" à "Blanquer l'incompétent" et a affiché son "soutien" aux enseignants dans la rue jeudi.

Face à cette avalanche de critiques, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a défendu des mesures de "bon sens". Même si Emmanuel Macron a convenu qu'il n'y avait "pas de système parfait" et appelé à la "patience" et au "pragmatisme".

Covid toujours, avec le Sénat dominé par l'opposition de droite qui s'est saisi du projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal. Il devrait voter, probablement mercredi, le texte en première lecture avec des "ajustements".

Le projet de loi avait donné lieu la semaine dernière à trois jours et nuits de débats très agités à l'Assemblée nationale, électrisés par les propos polémiques d'Emmanuel Macron, qui s'était dit prêt à "emmerder les non-vaccinés".

La mobilisation des antipass avait bondi samedi, passant à 105.000 manifestants dans toute la France, soit quatre fois plus que le 18 décembre.

Le gouvernement espère une entrée en vigueur de la loi dès le 17 janvier. Le temps presse en plein rebond pandémique. Les malades du Covid-19 continuent d'affluer dans les hôpitaux, qui comptent plus de 22.000 patients, dont près de 4.000 en soins critiques.

- Concertation -

Dans ces conditions, comment organiser la campagne électorale? Le Premier ministre a installé mardi une instance de dialogue avec les partis politiques réunis par visio.

Les questions des participants ont porté sur la possibilité de disposer de deux procurations, une option que le gouvernement a écartée. Elles ont aussi concerné la prise en compte des frais de campagne liés au Covid-19, qui exige pour certains des salles plus grandes et la distribution de masques.

Pour l'heure, et s'appuyant sur le droit constitutionnel qui protège la liberté de réunion, l'exécutif a exclu d'imposer toute restriction aux meetings politiques, renvoyant la responsabilité aux organisateurs.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a d'autre part souligné qu'une réforme du système des 500 parrainages d'élus nécessaires pour se présenter à la présidentielle n'était pas à l'ordre du jour, estimant qu'on "ne change pas les règles du jeu à quelques jours du match".

Selon lui, il est à la "portée de n'importe quel candidat" de récolter 500 signatures, soit moins de 2% des 40.000 élus qui peuvent donner un parrainage.

Dans les intentions de vote, le président sortant et presque candidat, qui présentait ses voeux à la presse mardi, reste favori.

Emmanuel Macron arriverait en tête du premier tour avec 25% des voix, devant la candidate RN Marine Le Pen (17%) et la LR Valérie Pécresse (16%), selon un sondage Opinionway pour Les Echos et Radio Classique.

L'autre candidat d'extrême droite Eric Zemmour est donné quatrième à 12%. Au sein d'une gauche profondément divisée, Jean-Luc Mélenchon pour LFI recueillerait 9% des voix, devant l'écologiste Yannick Jadot (8%) et la socialiste Anne Hidalgo (4%).

Le candidat de La France insoumise, par ailleurs condamné mardi pour injures publiques et diffamation publique pour avoir traité des journalistes de franceinfo d'"abrutis" et de "menteurs", a de nouveau fustigé la stratégie de "l'union à tout prix à gauche", qu'il compare à "une machine à désespérer".

"Ce qui compte, ce n'est pas l'union mais la mobilisation", a insisté Mélenchon, qui critique les partisans de la "primaire populaire", cette initiative citoyenne qui va aboutir à l'investiture d'un candidat, du 27 au 30 janvier. Avec peut-être une nouvelle candidature à gauche, celle de Christiane Taubira.

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