Présidentielle: un vrai-faux débat avec Macron, sans confrontation

Publié le à Paris (AFP)

Une première grande soirée électorale sans vrai débat. Huit des 12 candidats à la présidentielle, dont Emmanuel Macron, s'expriment lundi soir à tour de rôle sur TF1 sur la guerre en Ukraine et ses conséquences en France. Mais les opposants s'insurgent de l'absence de confrontation directe.

A 27 jours du premier tour, cette soirée au format inédit s'inscrit dans une campagne qui ne ressemble à aucune autre sous la Ve République, impactée de plein fouet par la guerre en Ukraine et la flambée des prix de l'énergie avec, en toile de fond, un possible rebond de la pandémie de Covid.

Il y aura le président-candidat, toujours donné grand favori dans les sondages pour un deuxième mandat, mais aussi ses rivaux d'extrême droite Marine Le Pen et Eric Zemmour, de droite Valérie Pécresse (LR) et de gauche Jean-Luc Mélenchon (LFI), Yannick Jadot (EELV), Fabien Roussel (PCF) et Anne Hidalgo (PS).

D'autres n'ont pas été invités, comme les candidats d'extrême gauche Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA), pour qui "le débat démocratique c'est bien mais c'est pas pour tout le monde", le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, qui a reçu lundi le soutien de Florian Philippot, ou encore Jean Lassalle qui s'étrangle d'être traité comme un "candidat de merde et inutile".

Tous les adversaires d'Emmanuel Macron s'accordent pour dénoncer son refus de débattre directement avec eux avant le premier tour.

Le chef de l'Etat justifie sa décision par le fait que les autres présidents sortants en lice pour un second mandat ne s'étaient pas plus prêtés à l'exercice.

M. Macron dévoilera son projet pour un second quinquennat lors d'une conférence de presse jeudi à 15H00. Lui qui s'est déclaré candidat début mars, n'a organisé depuis qu'un seul événement public: une rencontre avec 250 habitants de Poissy lundi dernier, où il a commencé à tracer les grands thèmes de son programme.

Entretemps, le président-candidat, également très mobilisé en tant que président en exercice de l'UE, doit également se rendre mardi dans un centre d'accueil de réfugiés ukrainiens dans le Maine-et-Loire.

- "Peur" du débat -

"Quand on se dérobe au débat, c'est sans doute qu'on en a peur", a lancé Valérie Pécresse, à ce stade au coude-à-coude dans les sondages avec Eric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon pour la troisième place.

"Emmanuel Macron ne peut pas échapper au bilan de son quinquennat et la crise ukrainienne ne peut pas priver les Français du débat démocratique auquel ils ont droit", a-t-elle insisté en dévoilant officiellement son projet de "rupture".

Marine Le Pen n'est pas en reste pour critiquer le "refus" du président-candidat de participer au moindre exercice démocratique".

Mais la candidate RN, donnée dans les sondages en seconde position (17/18%) loin derrière M. Macron (30-31%), se montre elle-même très sélective. "Compte tenu de (son) niveau électoral", elle ne souhaite débattre qu'avec Emmanuel Macron ou le Premier ministre Jean Castex.

Même constat à gauche sur l'absence de véritables confrontations lors de la soirée de TF1.

"Cette succession de candidats empêche en vérité qu'on puisse avoir un moment d'échanges significatifs avec le président actuel. Je crois qu'on ne souffrirait pas, en démocratie, de trop de discussions", a relevé Alexis Corbière, lieutenant du candidat Insoumis.

Cette soirée programmée de 20H20 à environ 23H00 se déroulera en trois phases lors desquelles les prétendants à l'Elysée interviendront les uns après les autres sans pouvoir échanger ni de photo de famille.

- "Calculatrice" -

Les candidats auront l'occasion de revenir sur la flambée des prix du carburant, conséquence concrète la plus immédiate pour l'instant de la guerre en Ukraine pour les Français, et plus généralement sur la défense du pouvoir d'achat, préoccupation numéro un des électeurs.

Les oppositions ont durant le week-end qualifié de mesure "électoraliste" ou "dérisoire" l'annonce par le Premier ministre Jean Castex d'une remise à la pompe de 15 centimes par litre à partir du 1er avril.

Pour Ian Brossat, porte-parole du candidat communiste, il faut prendre une "mesure plus simple, radicale": le blocage des prix à la pompe à 1,70 euro et "la mise en place d’une taxe flottante". Les prix des carburants ont dépassé la barre symbolique des 2 euros le litre la semaine dernière en France.

Xavier Bertrand (LR) en a déjà tiré une conclusion tranchée: "Ces gens-là (de l'exécutif, ndlr), ils ont une calculatrice à la place de la tête et à la place du coeur. Ils ne savent pas se mettre à la place des Français".

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