Présidentielle: Zemmour réunit des milliers de partisans pour donner force à sa candidature

Publié le à Villepinte (AFP)

"Zemmour président", scandent les militants en agitant des drapeaux bleu-blanc-rouge: Éric Zemmour a réuni plusieurs milliers de partisans dimanche au Parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis), pour un premier meeting de campagne censé démontrer la force de sa candidature, pourtant critiquée, après des déplacements chahutés.

Ils sont 13.000 à être rassemblés autour de leur candidat, selon les organisateurs.

Venue de Picardie, Loménie, 28 ans, qui s'est fait cracher dessus "par des personnes issues de l'immigration", croit en Zemmour pour lutter contre "l'insécurité que subissent les femmes". Son compagnon, surnommé Bauduch, proche du mouvement "traditionaliste et royaliste", partage ses inquiétudes.

"Impossible n'est pas français", expression attribuée à Napoléon, et un rameau d'olivier --le sens du nom Zemmour en berbère-- sont le slogan et le logo choisis par l'ancien éditorialiste qui doit s'exprimer en milieu d'après-midi.

A l'entrée du meeting, des militants du mouvement monarchiste Action française distribuent leurs journaux. "On se rejoint sur certains thèmes notamment l’immigration, la souveraineté", dit Brocard, travailleur social de 24 ans.

Quelque 900 jeunes du mouvement militant "Génération Z", sont présents, selon son président Stanislas Rigault. "Macron démission", crient-ils pour faire patienter le public.

Des goodies à la Trump comme des casquettes "ben voyons" ou "Zemmour2022", fabriquées au Bangladesh pour certaines, sont vendus en marge de la réunion.

- Des journalistes hués -

Plus de 400 journalistes sont accrédités. Avant que le meeting ne démarrre, des membres de l'émission Quotidien ont été hués par le public aux cris de "et tout le monde déteste Quotidien", a constaté l'AFP.

Le polémiste a calqué son calendrier sur le congrès des LR, qui ont choisi samedi leur championne Valérie Pécresse, au profil plus modéré que son rival Éric Ciotti.

Comme Marine Le Pen, sa concurrente à l'extrême droite, M. Zemmour a invité les déçus LR à le rejoindre, dans une lettre ouverte où il atteste: "Nous sommes si proches".

Initialement prévu au Zénith, à La Villette, dans le nord-est de Paris, le meeting a finalement été délocalisé à Villepinte, en banlieue. L'équipe de M. Zemmour l'explique par "l'engouement populaire", mais admet aussi des raisons de sécurité.

- Tensions -

Un dispositif de sécurité dense a été déployé à Villepinte. Des tensions ont éclaté à la mi-journée entre des dizaines d'opposants à la venue d'Éric Zemmour et les forces de l'ordre, devant la gare du RER.

Une trentaine de personnes, qui se trouvaient dans une zone interdite aux manifestations, ont été interpellées pour vérification d’identité et conduites au commissariat, selon une source policière.

A Paris, quelques centaines de personnes se sont rassemblées dans le calme pour dénoncer la candidature et le discours à leurs yeux "raciste" d'Eric Zemmour, à l'appel d'une cinquantaine de syndicats, partis et associations.

Le président PS de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, avait lancé une pétition pour faire annuler le meeting par les propriétaires du lieu, le groupe Viparis, en l'interpellant sur sa "charte de la diversité".

Le meeting permet de mesurer les ralliements, alors que l'organisation est critiquée en interne pour sa fragilité et que des militants plus radicaux ont intégré la campagne, comme l'ancien mégrétiste et proche des identitaires Grégoire Tingaud, chargé de coordonner les référents régionaux.

Le financier Charles Gave a retiré son soutien et le souverainiste Philippe de Villiers n'est pas présent dimanche.

En revanche, plusieurs personnalités de la Manif pour tous, opposées au mariage homosexuel, sont venues à Villepinte: l'ex-député conservateur Jean-Frédéric Poisson, qui a renoncé à sa propre candidature en 2022 et s'occupera des législatives, ainsi que Christine Boutin qui présidait avant lui le petit Parti chrétien-démocrate (devenu "VIA la voix du peuple"), et Laurence Trochu, présidente du Mouvement conservateur, associé jusqu'à présent à LR.

Etaient présents également Pierre-Jean Chalençon, collectionneur d'objets de Napoléon, accusé d’avoir organisé des dîners clandestins pendant le confinement, et l'animateur de télévision Eric Naulleau.

A leurs côtés se trouvait aussi Karim Ouchikh, un proche de l'écrivain d'extrême droite Renaud Camus, promoteur de la théorie complotiste du "grand remplacement" revendiquée par M. Zemmour (remplacement des populations européennes par des immigrés non européens).

La figure des "gilets jaunes" Jacline Mouraud était là aussi pour soutenir M. Zemmour et "représenter la France populaire".

Le général Bertrand de la Chesnais, ex-tête de liste pour le RN à Carpentras (Vaucluse), qui planche déjà sur les questions de défense, pourrait être nommé directeur de campagne.

L'annonce de la candidature de M. Zemmour avait été jugée "sinistre" par l'ensemble de la classe politique. Outre sa tonalité, la vidéo du candidat avait été critiquée pour son amateurisme avec l'utilisation d'images sans avoir les droits.

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