Procès Fillon en appel: place à l'accusation

Publié le à Paris (AFP)

L'accusation doit prendre lundi ses réquisitions au procès en appel de l'ancien Premier ministre François Fillon, de son épouse Penelope Fillon et de son ex-suppléant Marc Joulaud, pour des soupçons d'emplois fictifs de Mme Fillon.

Les deux avocats généraux doivent débuter leur réquisitoire à 13H30 devant la cour d'appel de Paris, à l'avant-dernier jour du procès qui a débuté le 15 novembre.

Les trois prévenus, reconnus coupables en première instance, sont rejugés pour détournement de fonds publics, complicité ou recel de cette infraction notamment, concernant trois contrats d'embauche de Penelope Fillon comme assistante parlementaire entre 1998 et 2013. Rémunération totale: plus de 612.000 euros nets.

A la barre de la cour d'appel, ils ont répété l'un après l'autre que Penelope Fillon avait accompli un réel travail en tant que "collaboratrice de terrain" dans la circonscription de la Sarthe où M. Fillon avait été élu député.

Les prévenus ont assuré que la discrète Franco-Galloise entretenait le "lien de confiance" avec les habitants, en se rendant à des manifestations locales, en gérant le courrier qui arrivait chez eux ou en préparant des "mémos".

S'il en reste si peu de traces, c'est qu'il s'agissait d'un travail surtout "oral", ont-ils soutenu. Très peu de personnes savaient que Penelope Fillon était assistante parlementaire ? Le couple avait décidé de mettre en avant son statut d'épouse, gage de plus de proximité, ont-ils affirmé.

Dans ce dossier, les époux Fillon sont en outre mis en cause pour l'emploi de leurs deux aînés comme collaborateurs de leur père sénateur entre 2005 et 2007 (46.000 euros nets) ainsi que pour le contrat de "conseillère littéraire" de Penelope Fillon, en 2012 et 2013, à la Revue des deux mondes, propriété de Marc Ladreit de Lacharrière (135.000 euros bruts).

Là aussi, ils se défendent d'avoir enfreint la loi.

François Fillon est enfin poursuivi pour avoir omis de déclarer un prêt de 50.000 euros de M. Ladreit de Lacharrière à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) - le parquet général a d'ores et déjà annoncé qu'il ne remettrait pas en cause sa relaxe sur ce point en première instance.

Dans son jugement, le 29 juin 2020, le tribunal correctionnel avait presque intégralement suivi le réquisitoire du parquet national financier (PNF).

L'ancien locataire de Matignon, 67 ans aujourd'hui, avait été condamné à cinq ans d'emprisonnement dont deux ferme, 375.000 euros d'amende et dix ans d'inéligibilité.

Penelope Fillon, 66 ans, s'était vu infliger trois ans de prison avec sursis, 375.000 euros d'amende et deux ans d'inéligibilité et M. Joulaud, 54 ans, trois ans avec sursis, 20.000 euros d'amende avec sursis et 5 ans d'inéligibilité.

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