Réforme du permis de conduire: vers la conduite accompagnée dès 15 ans

Publié le à Paris (AFP)

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a dévoilé vendredi la réforme du permis de conduire, un vieux chantier censé le rendre plus accessible et moins cher pour les jeunes, en autorisant notamment le début de la conduite accompagnée à 15 ans.

Cette réforme, très attendue tant le permis est jugé hors de prix et les délais pour l'obtenir apparaissent beaucoup trop longs, sera soumise aux 51 membres du Conseil national de la sécurité routière (CNSR), qui se réunit lundi et doit rendre un avis consultatif.

"Je vais proposer au CNSR de permettre aux jeunes de commencer à 15 ans la conduite accompagnée et de pouvoir ensuite passer le permis de conduire auto à 17 ans et demi", a déclaré M. Cazeneuve sur BFMTV et RMC. En revanche, ceux qui n'auraient pas recours à la conduite accompagnée devraient continuer à attendre l'âge de 18 ans pour passer le permis.

"Le permis sera plus facile, plus simple et il y aura moins de délais", a-t-il promis ensuite lors d'un déplacement à Saint-Brice-sous-Forêt (Val-d'Oise) où il a rencontré notamment de jeunes candidats au permis, un "parcours du combattant", selon eux, et "très cher".

Le ministre a également annoncé qu'il allait proposer des cours de sécurité routière pour tous les élèves de seconde, sanctionnés par une attestation niveau 3 (ASSR 3).

S'il n'envisage pas de créer de nouveaux postes d'inspecteurs du permis, il veut libérer des inspecteurs de leurs fonctions de surveillance des examens du code de la route afin qu'ils soient davantage disponibles pour les épreuves de conduite.

- Diviser par deux les délais -

Actuellement, les inspecteurs consacrent 70% de leur temps à faire passer les différents examens (code, permis voiture, moto, poids lourd...). Le but de la réforme est de leur libérer du temps pour se consacrer davantage au permis B (voiture).

Ils pourront être à compter du 1er juillet remplacés par cinquante volontaires, notamment des retraités de la police et de la gendarmerie, a expliqué M. Cazeneuve.

A partir de 2015, la surveillance de l'examen du code de la route sera ensuite privatisée et "confiée à un prestataire agréé par l'Etat", a dit le ministère de l'Intérieur dans un communiqué, assurant que le coût de cette évolution pour les candidats serait "nul".

Selon le ministère, "ce recentrage des inspecteurs sur le c?ur de leur mission de service public, au service de la jeunesse, permettra de dégager l'équivalent de 200 postes d'inspecteurs supplémentaires".

Il s'agit de raccourcir les délais de passage du permis pour ceux qui ont échoué à la première tentative, soit environ 40% des candidats, a détaillé le ministre, et donc de diminuer de 200 à 600 euros le prix du permis pour ceux qui doivent faire une deuxième tentative et qui, dans l'attente de repasser l'examen, doivent payer des heures de conduite supplémentaires pour ne pas perdre la main.

L'objectif est de ramener les délais de passage du permis d?ici deux ans à 45 jours, soit la moitié des délais actuels, a assuré le ministre.

La durée de l'épreuve pratique du permis B va également être raccourcie à partir du 1er septembre, passant de 35 à 32 minutes, "par la suppression d'étapes inutiles", comme une man?uvre, selon le ministère. Cela permettra le passage de 13 examens par jour au lieu de 12, représentant sur l'année 117.500 places d'examen B supplémentaires.

Il faut en moyenne en France 98 jours pour passer le permis de conduire, un délai pouvant monter à 160 jours en Ile-de-France et dans les grandes villes comme Lyon et Marseille.

"C'est une singularité française, il faut que cela change" a confié à l'AFP un membre de l'entourage du ministre de l'Intérieur. "Il faut également parvenir à en réduire le coût: le coût moyen est de 1.500 euros, mais cela peut monter jusqu'à 3.000 euros."

"Le jour au j'ai passé mon permis, l'inspecteur était malade", a expliqué au ministre Keyn lors du déplacement de M. Cazeneuve à Saint-Brice-sous-Forêt. "J'ai dû le repasser et débourser 450 euros en plus."

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