Régionales: la participation en question, la présidentielle pour horizon

Publié le à Paris (AFP)

Votera? Votera pas? Les bureaux de vote ouverts, tous les regards se tournent vers le niveau de participation dimanche aux régionales après une abstention record au premier tour qui a favorisé les sortants PS et LR, et que le RN espère conjurer pour emporter la première région de son histoire, à un an de la présidentielle.

La région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca) sera donc particulièrement scrutée, avec le seul duel des 13 régions métropolitaines, qui s'annonce serré entre les frères ennemis Thierry Mariani (ex-LR devenu RN) et Renaud Muselier (LR).

Les quelque 48 millions d'électeurs de France métropolitaine peuvent se rendre à l'isoloir depuis 08H00 et jusqu'à 18H00, 19H00 ou 20H00 selon les communes.

"Ne pas voter c'est un déni de démocratie", estime Thierry, un septuagénaire arrivé peu avant 08H00 devant son bureau de vote du Ve arrondissement de Marseille. "Je trouve dommage l'abstention du premier tour, mais peut-être que les jeunes ont besoin d'alternative...", avance-t-il.

"Les départementales c'est là où on peut agir", plaide Christine, une quadragénaire qui s'était déjà déplacée pour le premier tour.

Rien n'est joué après un premier tour riche en enseignements: prime aux sortants de "l'ancien monde" PS-LR, ambitions élyséennes aiguisées à droite, "front républicain" - ou pas - face à un RN bien en deçà des prévisions des sondeurs et flop de la majorité macroniste.

Et si les tractations ont échauffé cette semaine les états-majors des partis, les électeurs, sollicités de toutes parts, restent à convaincre, dans un contexte de crise sanitaire qui impose un protocole strict (masque, gel, distance de sécurité).

Les sondeurs ne prévoient d'ailleurs qu'un léger rebond de la participation alors que deux Français sur trois (66,7%) ont boudé les urnes au premier tour, rendant les pronostics sur l'état de l'opinion pour ce dimanche - et au-delà pour 2022 - fragiles.

"Je vois mal une mobilisation qui viendrait bouleverser le rapport de forces établi au premier tour, même s'il y a souvent un peu plus de participation au second tour qu'au premier, comme ce fut le cas en 2015", explique à l'AFP Romain Pasquier, directeur de recherche au CNRS.

Les électeurs ne manquent pourtant pas de choix pour désigner les 13 exécutifs régionaux métropolitains, chargés de nombreux aspects de leur vie quotidienne (transports, bâtiments scolaires, accompagnement des entreprises...).

Trois triangulaires (Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, Hauts-de-France), sept quadrangulaires (Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Grand-Est, Ile-de-France, Normandie, Pays de la Loire, Corse), et même deux quinquangulaires (Bretagne, Nouvelle-Aquitaine) sont au rendez-vous.

- Paysage fragmenté -

Outre un paysage politique fragmenté, cette situation traduit aussi des alliances locales à géométrie variable: gauche et écologistes unis en Ile-de-France, Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté, mais pas en Bretagne ni en Nouvelle-Aquitaine par exemple.

La droite classique pousse un soupir de soulagement: on la disait promise au néant entre le RN et LREM, le premier tour a prouvé qu'elle porte encore beau dans les régions qu'elle détient.

Mais elle pourrait se retrouver dimanche soir face à son vieux démon: avoir à départager les ambitions nationales de trois présidents de région sortants en pole position dans leurs baronnies: Xavier Bertrand (Hauts-de-France), Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes) et Valérie Pécresse (Ile-de-France).

A gauche, un PS à l'étiage dans les scrutins nationaux sort lui aussi requinqué du premier tour, avec notamment ses présidents sortants Carole Delga (Occitanie), Alain Rousset (Nouvelle-Aquitaine) ou Loïg Chesnay-Girard (Bretagne) bien placés.

L'arithmétique complexe du mode de scrutin pourrait toutefois compliquer le résultat dans ces deux dernières régions où se déroulent des quinquangulaires: si la prime à la liste arrivée en tête (un quart des sièges à pourvoir) n'est pas suffisante pour avoir une majorité, des alliances devront se former.

- Majorité à la traîne -

Les écologistes, alliés à la gauche, lorgnent une possibilité de victoire dans les Pays de la Loire, où leur candidat Matthieu Orphelin (ex-LREM) affronte la sortante LR Christelle Morançais au terme d'une campagne acrimonieuse entre les deux candidats.

Les formations présidentielles n'ont quant à elles pas grand chose à attendre de ce second tour. Absente au premier tour en PACA, éliminée dans les Hauts-de-France ou en Occitanie, la majorité macroniste est à la traîne dans les régions où elle est encore en lice.

Dans l'ombre de ces régionales, les départementales ont été logiquement marquées par une abstention massive équivalente, et des équipes sortantes issues des partis de la droite et de la gauche classiques largement en tête au premier tour.

Le RN espère toutefois progresser dans les Pyrénées-Orientales dont il dirige le chef-lieu Perpignan. Le PCF de son côté est en situation difficile dans son fief du Val-de-Marne.

Outre-mer, ce second tour concerne La Réunion, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et Mayotte, suivant leur organisation territoriale propre.

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