Réunion de crise et questions pour Orange après la panne nationale des numéros d'urgence

Publié le à Paris (AFP)

Une panne d'un équipement de routeur chez l'opérateur Orange a gravement perturbé les numéros de secours dans toute la France pendant au moins six heures mercredi soir, suscitant de nombreuses questions sur les conséquences humaines et forçant des ministres à rentrer en urgence de Tunis à Paris.

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui était avec le Premier ministre en visite en Tunisie, doit s'exprimer en début de matinée.

Le réseau "fonctionne depuis minuit" mais reste "sous surveillance", notamment avec "la montée en charge des prochaines heures", a dit Orange jeudi. La situation est "en très nette amélioration" même si quelques petites difficultés persistent", a indiqué un porte-parole de l'opérateur à l'AFP.

Il a précisé que la panne résultait d'"un incident technique sur un équipement de type routeur qui achemine le trafic".

Samu, pompiers, police...: cette panne sur un équipement chargé d'acheminer les appels a perturbé massivement l'accès aux numéros d'urgence (15/17/18/112) et aux lignes fixes mercredi entre 18H et minuit. De nombreux services de secours étaient difficiles à joindre à travers la France.

"Il faut comprendre les causes de l’incident, car Orange a une obligation de résultats et non pas de moyens", a dit jeudi matin Camille Chaize, porte-parole du ministère de l'Intérieur, sur BFMTV. "Je ne dis pas qu’il y a une faute mais il va falloir comprendre le processus, ces systèmes palliatifs. Peut-être qu’il y a un certain nombre de choses à revoir pour se moderniser, c’est peut-être l’occasion de revoir le dispositif de numéros d’urgence pour qu’il soit plus simple et lisible pour le grand public".

Gérald Darmanin, rentré dans la nuit, préside ce jeudi matin une réunion de crise consacrée à cette panne. Le secrétaire d'Etat chargé du Numérique Cédric O a aussi annoncé ce retour "en urgence".

Cette réunion interministérielle, présidée par M. Darmanin depuis Beauvau, doit rassembler en visio-conférence les préfets, a précisé le ministère de l'Intérieur à l'AFP.

- Incident identifié -

Dès 18H00 mercredi, des dysfonctionnements massifs ont été signalés aux quatre coins du pays, entraînant de grosses difficultés pour les services de secours. Des numéros d'urgence alternatifs, fixes ou mobiles, ont été mis en place, et diffusés sur les réseaux sociaux par les pouvoirs publics.

"Il devait être autour de 18H00 et tous les Samu ont commencé à alerter de problèmes dans les centres d'appels. Les gens ne parvenaient pas à accéder au service, des appels n'arrivaient pas, d'autres se coupaient en pleine conversation…", a expliqué à l'AFP François Braun, président du syndicat Samu-Urgences de France et médecin urgentiste.

"Très vite, on a fait un petit tour de France et on a constaté que presque tous les départements étaient touchés", ajoute-t-il. François Braun explique que traditionnellement "il y a un pic d'appels le soir vers 19H".

"L'incident qui impacte le réseau fixe notamment les numéros d'urgence est identifié", a tweeté Orange vers 21H. L'opérateur invitait les utilisateurs à renouveler leurs appels, éventuellement via un mobile, pour joindre les services d'urgence, ou d'utiliser des numéros temporaires.

Le ministère de l'Intérieur a mis en place des numéros provisoires à dix chiffres dans chaque département. La Sécurité civile a exhorté les usagers à ne pas surcharger les lignes et à n'appeler qu'en cas d'urgence.

"Il y a un véritable problème de mise en danger d'autrui", a lancé sur BFMTV Patrick Pelloux, le président de l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf).

- "Ensemble du territoire" -

L'incident a affecté de manière "partielle mais significative la réception des appels d'urgence 15/17/18/112 sur l'ensemble du territoire national", a confirmé le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

Bouygues Telecom et Altice, la maison-mère de SFR, ont également fait état de perturbations. De source proche du dossier, on a exclu tout "piratage" informatique.

Une panne informatique avait touché l'opérateur belge Proximus début janvier, perturbant les numéros d'urgence en Belgique pendant toute une nuit.

En Nouvelle-Aquitaine, comme dans de nombreuses autres régions, tous les départements ont été touchés par la panne mercredi soir. Certaines préfectures, comme celles de Dordogne et Creuse, ont conseillé de se rendre dans des permanences: casernes, gendarmerie, commissariat, centres hospitaliers.

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