Samos pleure "ses deux enfants" au lendemain d'un fort séisme

Publié le à Samos (Grèce) (AFP)

L'église face à la mer azur s'est en partie écroulée, comme des centaines d'habitations et des commerces, mais au lendemain du séisme de magnitude 6,7, Samos pleure d'abord la mort de ses "deux enfants", deux adolescents tués en rentrant de l'école.

Dans le petit village portuaire de Phytagorio sur l'île grecque, se dressent l'église Métamorphosis et les ruines du chateau de Lycourgou. Du moins ce qu'il en reste.

D'importants blocs de pierres et certains murs se sont effondrés et la porte d'entrée du cimetière est totalement détruite.

Pour le prêtre Emmanouil, l'église est désormais "infréquentable pour les cérémonies".

Mais "les églises, les ports et les maisons seront reconstruites. Avec l'aide de Dieu et des hommes. Mais les âmes perdues ne reviennent pas", se désole-t-il.

Le calme et la tranquillité du port de Pythagorio tranchent samedi avec la panique qui s'en est emparée vendredi à 11H51 GMT quand l'île de la mer Egée de 45.000 habitants s’est mise à trembler et l'eau à monter.

C'est à ce moment là, qu'au port proche de Vathy, capitale de l'île, une jeune fille de 15 ans et son ami de 17 ans ont été tués en rentrant de l'école, ensevelis sous les gravats d'un mur qui s'est écroulé.

"Le chapitre le plus noir c’est la perte de nos deux enfants", assure Yorgos Stantzos, maire de Vathy.

"Nous avons la pandémie et maintenant le séisme", se plaint-il. Il espère qu'il n'y aura pas d'éventuels disparus. Les recherches des équipes de sauvetage se poursuivent.

- "Ca pourrait être pire" -

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis s'est rendu sur l'île samedi après-midi, et assuré que l'Etat allait indemniser les habitants.

"Ca pourrait être pire", a-t-il commenté.

Le séisme qui s'est produit au large de Samos, entre la Grèce et la Turquie, a surtout frappé la ville turque d'Izmir faisant au moins 25 morts jusqu'ici et des centaines de blessés.

A Samos, une dizaine de personnes ont été blessées dont deux ont été hospitalisées à Athènes.

Environ 300 habitations ont été endommagées et plus de soixante-dix commerces ont subi des dégâts importants, a indiqué à l’AFP le secrétaire d'Etat de la Protection civile Nikos Hardalias, qui s'est rendu à Samos.

La matinée à Vathy était rythmée par le mouvement des balais et serpillères dans les commerces touchés.

Sous le regard de badauds venus constater les dégâts, les commerçants s’attèlent à la tache.

Des effluves d’alcool s'échappent des ruelles du centre-ville pleines de débris.

"Les bouteilles tombaient de toutes parts, c’était interminable", décrit Alexandros Giokarinis, producteur d'ouzo, boisson alcoolisée grecque, qui se trouvait dans sa boutique quand le séisme a fait trembler les murs de sa cave.

"On s'est réfugié sous les bureaux le temps que ça passe et on s’est précipité dehors dès que ça s’est calmé", raconte-t-il.

Sur le front de mer, les filets de pêches emmêlés s’étalent sur la route. Plusieurs voitures sèchent, capots ouverts.

"La mer est montée et a recouvert la côte. Heureusement que les îles sont proches les unes des autres et que le tsunami n'a pas eu le temps de gonfler", se félicite Nikos Valsamis, employé du café sur le port.

"J’ai pris mes chiens et je suis parti sur les hauteurs, la nuit a été compliquée", raconte-t-il.

Michalis Kamourianos, pêcheur, a perdu ses filets tout neufs. "Il y en a au moins pour 4000 euros".

"Je n’ai jamais vu ça", glisse l’homme aux cheveux blancs et au teint halé par le soleil encore chaud, devant son caïque en montrant les fissures sur le bitume et un morceau de béton au fond de la mer, détaché du port par les secousses.

Mais "le vrai drame c’est la perte des enfants".

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