Sarkozy, Poutine, Merkel: les dirigeants vus par Obama

Publié le à Washington (AFP)

L'ex-président américain Barack Obama dresse, dans ses mémoires publiés mardi, des portraits amusés, parfois cinglants, de ses anciens homologues.

Voici les descriptions de certains d'entre eux, au fil des pages de "Une terre promise" (Editions Fayard), premier tome publié simultanément en 25 langues à travers le monde.

Nicolas Sarkozy

"Sarkozy, en revanche, était tout en emportements émotifs et en propos hyperboliques. Avec sa peau mate, ses traits expressifs, vaguement méditerranéens (son père était hongrois, son grand-père maternel juif grec), et de petite taille (il mesurait à peu près 1,66 mètre, mais portait des talonnettes pour se grandir), on aurait dit un personnage sorti d'un tableau de Toulouse-Lautrec. Bien qu'issu d'une famille aisée, il reconnaissait volontiers que ses ambitions étaient en partie alimentées par le sentiment d'avoir été toute sa vie un étranger".

"Les discussions avec Sarkozy étaient ainsi tour à tour amusantes et exaspérantes, ses mains en mouvement perpétuel, sa poitrine bombée comme celle d'un coq nain, son interprète personnel (contrairement à Merkel, il parlait un anglais limité) toujours à ses côtés, reflet exalté de chacun de ses gestes, de chacune de ses intonations, tandis que la conversation passait de la flatterie à la fanfaronnade, sans manquer d'une authentique perspicacité ni jamais s'éloigner de son intérêt premier, à peine déguisé, qui était de se trouver au coeur de l'action et de s'attribuer le mérite de tout ce qui valait qu'on s'en attribue le mérite".

Vladimir Poutine

"Physiquement, il n'avait rien de remarquable: petit et trapu – une carrure de lutteur –, une fine chevelure blond-roux, un nez saillant, des yeux clairs et vigilants. Tandis que nous échangions quelques civilités, j'ai remarqué chez lui une certaine désinvolture, une indifférence exercée dans la voix, indiquant qu'il avait l'habitude d'être entouré de subordonnés et de solliciteurs. C'était un homme accoutumé au pouvoir".

Benjamin Netanyahu

"Bâti comme un rugbyman, avec une mâchoire carrée, des traits épais et une calvitie sur laquelle il rabattait des mèches de cheveux gris, Netanyahu était intelligent, habile, coriace, et s'exprimait avec aisance en hébreu comme en anglais".

"Netanyahu savait être charmant, ou du moins déférent, lorsqu'il y trouvait un avantage".

"Mais l'image qu'il avait de lui-même, celle de grand défenseur du peuple juif contre toutes les calamités, lui permettait de justifier à peu près tout ce qui pouvait le maintenir en place – et, avec sa connaissance de la politique et des médias américains, il était convaincu de pouvoir résister à toutes les pressions d'un gouvernement démocrate tel que le mien".

Angela Merkel

"Merkel avait de grands yeux bleu clair, dans lesquels on pouvait lire tour à tour de la frustration, de l'amusement, ou un soupçon de tristesse. Par ailleurs, son apparence impassible reflétait sa sensibilité pragmatique et analytique".

Recep Tayyip Erdogan

"Pour ma part, je trouvais le Premier ministre cordial et généralement attentif à mes requêtes. Mais chaque fois que je l'entendais parler, sa longue silhouette légèrement voûtée, sa voix en vigoureux staccato qui montait d'une octave en réaction à divers griefs ou à ce qu'il percevait comme des affronts, j'avais la forte impression que son attachement à la démocratie et à l'Etat de droit ne tiendrait qu'aussi longtemps qu'il le maintiendrait au pouvoir".

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