SP a un impact limité sur les taux d'emprunt des Pays-Bas et de l'Espagne

Publié le à PARIS, 29 nov 2013 (AFP)

Les décisions de Standard and Poor's sur les Pays-Bas et l'Espagne avaient un impact mesuré vendredi sur le marché obligataire, avec une légère tension du taux d'emprunt des Pays-Bas après et un recul de celui de l'Espagne.

L'agence de notation a privé les Pays-Bas de son triple A en abaissant la note du pays à "AA+", mais a relevé la perspective de la note "BBB-" de l'Espagne à "stable" contre "négative" auparavant.

"Ces décisions ne sont pas très surprenantes et les mouvements sur le marché obligataire ne sont pas très forts", remarque René Defossez, stratégiste obligataire chez Natixis.

"L'agence a tendance comme d'habitude à valider ce que les investisseurs ont intégré depuis un moment", ajoute-t-il.

Les volumes d'échanges étaient en outre limités sur le marché obligataire en raison de l'absence de nombreux investisseurs américains avec le week-end de Thanksgiving.

Vers 10H40 (09H40 GMT), le taux à 10 ans des Pays-Bas se tendait à 2,042% contre 2,027% jeudi à la clôture sur le marché secondaire où s'échange la dette déjà émise.

Il se démarquait toutefois peu de l'Allemagne dont le taux progressait à 1,705% (contre 1,695%). De son côté, le taux de la France montait à 2,172% (contre 2,168%).

"On savait que la situation des Pays-Bas devenait compliquée. Le pays n'a pas assez de croissance pour maîtriser son ratio de dette, comme on pourrait l'attendre des meilleurs élèves de la zone euro", selon le stratégiste.

La zone euro ne comporte d'ailleurs plus que trois pays dotés d'un triple A auprès des trois grandes agences de notation (SP, Moody's et Fitch), à savoir l'Allemagne, le Luxembourg et la Finlande.

Le taux de l'Espagne reculait quant à lui à 4,116% (contre 4,151%). Dans la même catégorie, le taux de l'Italie baissait à 4,036% (contre 4,050%).

"L'Espagne est un pays dont on dit beaucoup de bien ces derniers temps et qui bénéficie pour l'instant d'une bonne réputation, même si tout reste à faire en termes de solvabilité budgétaire", explique M. Defossez.

L'Espagne est notamment sortie de la récession au troisième trimeste, selon des chiffres publiés jeudi.

Plus généralement, les dernières décisions des agences de notation ont eu peu de conséquences sur l'évolution des taux d'emprunt des pays concernés, à commencer par la France, qui a essuyé récemment un nouvel abaissement de note par Standard and Poor's à "AA".

"Les décisions des agences de notation n'ont plus beaucoup de conséquences sur le marché. L'effet est considérablement dilué soit parce que les investisseurs sont désormais réservés sur l'avis des agences, soit parce qu'ils ont leurs propres instruments d'analyse du risque", souligne M. Defossez.

Il rappelle que les agences ont perdu beaucoup de crédibilité, à la fois lors de la crise des "subprime" en 2008 en attribuant de très bonnes notes à des produits à risque, ainsi que lors de la crise de la dette en 2011 en arrivant après la bataille et en sanctionnant des pays qui étaient déjà au plus mal.

Cette semaine, l'économiste en chef du FMI Olivier Blanchard a jugé "injustifié" le récent abaissement par Standard & Poor's de la note de la dette de la France.

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