Suez: Engie et Veolia d'accord sur les grandes lignes, se donnent jusqu'à lundi pour finaliser

Publié le à Paris (AFP)

La perspective d'un accord entre Veolia et Engie sur la vente des parts de ce dernier dans Suez s'est rapprochée mercredi soir, les deux groupes se donnant néanmoins jusqu'à lundi pour peaufiner les détails d'une transaction à 3,4 milliards d'euros.

A l'issue d'un long conseil d'administration mercredi, et à moins de trois heures de l'expiration d'une offre de Veolia, l'énergéticien a dit accueillir "favorablement" les termes améliorés de celle-ci pour les 29,9% du capital de Suez qu'il détient.

Suez, qui s'est opposé avec force à la manoeuvre de son concurrent direct, n'a pas réagi dans l'immédiat mercredi soir. Le groupe a été jusqu'à présent incapable de monter une offre alternative avec des investisseurs afin de conserver son indépendance.

Pour Engie, "cette nouvelle offre répond à ses attentes en termes de prix et de garanties sociales", mais le groupe "a décidé de demander à Veolia d'étendre la validité de sa nouvelle offre jusqu'au 5 octobre 2020 afin que Veolia formalise son engagement inconditionnel de ne pas lancer d'offre publique d'achat qui ne soit pas amicale", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Quelques minutes plus tard, Veolia a accédé à cette demande, disant dans un communiqué l'"accueillir favorablement".

Ce délai de cinq jours doit permettre de graver dans le marbre les engagements de Veolia pour formaliser "son engagement inconditionnel de ne pas lancer d'offre publique d'achat qui ne soit pas amicale", avait expliqué Engie.

Veolia avait présenté fin août une offre de 2,9 milliards d'euros pour 29,9% de son concurrent Suez détenus par Engie. Veolia a comme promis amélioré mercredi matin cette offre, qui atteint désormais près de 3,4 milliards d'euros.

Plus tôt mercredi, Veolia avait une nouvelle fois tendu la main sans succès à Suez, énième développement dans un feuilleton qui agite la place de Paris depuis un mois.

Il avait proposé à Suez une période de discussions de six mois "pour rechercher les bases communes d'un accord" et s'était engagé pendant cette période à ne déposer "une offre publique portant sur 70,1% du capital de Suez qu'à la condition qu'elle soit amicale".

Mais Suez a sans surprise repoussé ces nouvelles avances, "floues" et qui "ne garantissent pas l'intérêt des actionnaires et parties prenantes". Le groupe a exhorté Engie à "ne pas décider de l'avenir de Suez dans les conditions et le calendrier dictés par Veolia".

"Je suis désireux de prouver que mon offre n'a jamais été hostile, c'est pourquoi je suis prêt à donner un gage important en contrepartie d'efforts semblables de la part de Suez", a expliqué pour sa part le PDG de Veolia, Antoine Frérot.

Au-delà du 31 mars 2021, une OPA hostile restera toujours possible "mais ce n'est pas ce que j'envisage", "ce n'est pas l'esprit de mon offre du tout", a assuré M. Frérot.

"Le prix offert par Veolia est très attractif et nous pensons qu'Engie trouvera difficile de refuser", avaient jugé les analystes de Jefferies. "Si Engie accepte, nous voyons un chemin pour une fusion amicale compte tenu des concessions de Veolia."

En contrepartie, Veolia demandait à son concurrent de désactiver la fondation de droit néerlandais qui devait abriter son activité Eau France, et destinée à faire capoter un rachat.

Veolia a en outre réitéré son engagement de "maintenir l'ensemble de l'emploi des salariés en France".

Avant les annonces de mercredi soir, l'Etat, par ailleurs actionnaire d'Engie à hauteur de 23,6%, avait manifesté à plusieurs reprises son souhait de temporiser.

"L'Etat ne cédera à aucune pression. On n'est pas à une semaine, 15 jours ou trois semaines près", avait répété mardi le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire.

Sans être majoritaire, l'Etat est bien présent au conseil d'Engie, avec trois voix sur 13.

Les enjeux sont élevés: Suez estime que près de 5.000 emplois pourraient être supprimés en France si l'opération allait à son terme, ce que dément fermement Veolia.

L'intersyndicale CFE-CGC, CFDT, CFTC, CGT et FO de Suez a dénoncé mercredi une opération "sans aucune transparence, confidentielle, voire pré-orchestrée".

Elle "étudie la possibilité de solliciter le procureur du Parquet national financier de Paris pour demander l'ouverture d'une enquête sur les conditions, qui (lui) paraissent contestables voire délictueuses, de la tentative de démantèlement du groupe Suez".

© 2020 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

A lire également

Notre sélection d'annonces

Fil info