Suez: Veolia dévoile une offre améliorée, Engie doit se prononcer

Publié le à Paris (AFP)

Veolia a tendu la main à Suez mercredi et dévoilé une offre sensiblement améliorée sur les parts de son concurrent détenues par Engie, qui devait l'examiner lors d'un conseil d'administration dans la journée.

Le conseil d'administration du géant de l'énergie, prévu de longue date, doit se réunir dans l'après-midi, une étape cruciale dans un feuilleton qui agite la place de Paris depuis un mois.

Mercredi correspond en effet à la date limite qui avait été fixée par Veolia fin août, lorsque le spécialiste de l'eau et des déchets avait présenté une offre de 2,9 milliards d'euros pour 29,9% de son concurrent Suez détenus par Engie.

Veolia a comme promis amélioré mercredi matin cette offre, qui atteint désormais près de 3,4 milliards d'euros.

Sous la pression des pouvoirs publics, le groupe a aussi tendu une main à son concurrent, alors que les discussions n'avaient cessé de s'envenimer depuis des semaines.

Il propose à Suez une période de discussions de six mois "pour rechercher les bases communes d'un accord" et s'engage pendant cette période à ne déposer "une offre publique portant sur 70,1% du capital de Suez qu'à la condition qu'elle soit amicale", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Ainsi, "Veolia déclarera que son intention de déposer une offre publique sera conditionnée à une recommandation favorable du conseil d'administration de Suez."

"Je suis désireux de prouver que mon offre n'a jamais été hostile, c'est pourquoi je suis prêt à donner un gage important en contrepartie d'efforts semblables de la part de Suez", a expliqué à des journalistes le PDG de Veolia, Antoine Frérot, lors d'une conférence téléphonique.

"Je n'ai pas de doute que ce délai de six mois me laissera le temps de convaincre sereinement le conseil d'administration de Suez de la pertinence de ce magnifique projet", a-t-il dit.

Au-delà du 31 mars 2021, une OPA hostile restera toujours possible "mais ce n'est pas ce que j'envisage", "ce n'est pas l'esprit de mon offre du tout", a assuré M. Frérot.

- Voix de l'Etat -

En contrepartie, le groupe demande à son concurrent de désactiver la fondation de droit néerlandais qui devait abriter son activité Eau France, une "pilule empoisonnée" destinée à faire capoter un rachat.

Veolia a en outre réitéré ses engagements sur la question sociale, promettant de "maintenir l'ensemble de l'emploi des salariés en France".

Du côté d'Engie, le président du conseil Jean-Pierre Clamadieu a exprimé son souhait d'avancer vite dans ce dossier. Il souhaite en effet dégager des capacités financières pour se développer dans les domaines jugés stratégiques, les énergies renouvelables et les infrastructures.

Suez a été jusqu'à présent incapable de monter une offre alternative afin de conserver son indépendance. Le groupe estime avoir encore besoin de plusieurs semaines pour s'organiser et convaincre des investisseurs de participer à une contre-offre.

Une rencontre de dernière minute entre les dirigeants de Veolia et Suez sous l'égide de Bercy a eu lieu mardi soir, mais sans résultat, selon les deux entreprises.

L'Etat, qui est par ailleurs actionnaire d'Engie à hauteur de 23,6%, a manifesté à plusieurs reprises son souhait de temporiser.

"Je souhaite qu'on prenne le temps nécessaire", a répété mardi le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire: "l'Etat ne cédera à aucune pression. On n'est pas à une semaine, 15 jours ou trois semaines près".

Or sans être majoritaire, l'Etat est bien présent au conseil d'Engie, qui compte au total 13 membres, avec un administrateur le représentant directement nommé par arrêté et deux autres désignés par l'assemblée générale des actionnaires sur sa proposition. S'y ajoute un commissaire du gouvernement - un haut fonctionnaire - qui dispose d'une voix consultative.

Les enjeux sont élevés, alors que les activités concernées s'avèrent stratégiques et que Suez estime que près de 5.000 emplois pourraient être supprimés en France si l'opération allait à son terme, ce que dément fermement Veolia.

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