Tir de missile par la Corée du Nord peu avant une réunion d'urgence du Conseil de sécurité

Publié le à Séoul (AFP)

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit vendredi pour discuter d'un tir de missile hypersonique par la Corée du Nord, au lendemain d'un nouvel essai de Pyongyang.

"La République populaire de Corée du Nord a procédé le 30 septembre à un tir d'essai d'un missile anti-aérien qu'elle a récemment développé", a annoncé vendredi l'agence nord-coréenne KCNA.

"Les performances remarquables de combat" du missile "ont été vérifiées, avec l'introduction de nouvelles technologies clés", s'est félicitée l'agence officielle.

Une photo du missile s'élevant dans le ciel après son lancement a été publiée dans le journal officiel Rodong Sinmun.

Ce nouveau tir a des airs de provocation, à quelques heures de la réunion d'urgence du Conseil de sécurité demandée par Washington, Paris et Londres au sujet du précédent tir de missile par Pyongyang, présenté comme hypersonique par les Nord-Coréens.

La réunion d'urgence devait se tenir jeudi, mais elle a été repoussée à vendredi suite à une demande de la Chine, principal allié de Pyongyang, et de la Russie.

Le Nord a depuis longtemps eu recours à des essais d'armement pour faire monter les tensions, dans le cadre d'un processus soigneusement étudié.

- "Tester la température" -

Avec ses dernières actions, Kim Jong Un cherche à "tester la température avec Washington" et ses "limites" en matière de provocations, a déclaré à l'AFP Soo Kim du groupe de réflexion américain RAND Corporation.

"Il souhaite peut-être voir jusqu'où il peut aller jusqu'à ce que l'administration Biden commence à flancher", a-t-elle ajouté.

En 2017, à l'initiative de l'administration de Donald Trump, le Conseil de sécurité avait adopté des sanctions économiques lourdes contre la Corée du Nord après un essai nucléaire et des tests de missiles.

Depuis l'entrée en fonction de l'administration de Joe Biden, il est revenu à la France, un peu isolée, de monter en première ligne pour réclamer une réunion à huis clos du Conseil de sécurité lorsque Pyongyang procédait à un essai de missile.

Le 27 octobre, peu après le tir du missile présenté comme hypersonique par la Corée du Nord, l'ambassadeur nord-coréen à l'ONU, Kim Song, avait affirmé devant l'Assemblée générale annuelle des Nations unies, que son pays avait un "droit légitime" à tester des armes et à "renforcer (ses) capacités de défense".

Mais pour le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, au contraire, la Corée du Nord favorise "l'instabilité et l'insécurité".

"Nous sommes inquiets de ces violations répétées des résolutions du Conseil de sécurité (de l'ONU) qui favorisent l'instabilité et l'insécurité", a dit le secrétaire d'Etat à des journalistes en marge de discussions à Pittsburgh.

- Bomber le torse -

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a rejeté plus tôt jeudi l'offre de dialogue des Etats-Unis, accusant le président Joe Biden de poursuivre les "actes hostiles" de ses prédécesseurs, ce qu'a aussitôt nié Washington.

Les Etats-Unis ne sont pas en mesure pour le moment de confirmer si le missile nord-coréen était hypersonique, ce qui constituerait une avancée technologique majeure, les missiles hypersoniques étant capables d'atteindre une vitesse au moins cinq fois supérieure à la vitesse du son.

"Nous sommes en train d'évaluer et d'analyser les tirs", a détaillé le secrétaire d'Etat américain, "pour comprendre exactement ce qu'ils ont fait, la technologie qu'ils ont utilisée".

Avec ce nouveau tir jeudi, Pyongyang cherche à bomber le torse et à "exister sur la scène internationale", analyse le chercheur Ahn Chan-il, ancien transfuge nord-coréen.

Le président sud-coréen Moon Jae-in a récemment réitéré ses appels à une déclaration formelle de la fin de la guerre de Corée – les hostilités ont cessé en 1953 avec un simple armistice plutôt qu'un traité de paix formel.

Avec ses tirs répétés, Pyongyang cherche à "gagner du temps et essaye de tirer le meilleur parti possible à la fois de la proposition de Séoul de déclarer la fin de la guerre et de l'offre de Washington de parler sans conditions préalables", assure Ahn Chan-il.

L'administration Biden a déclaré à plusieurs reprises qu'elle était prête à reprendre les pourparlers sans conditions préalables, alors que la Corée du Nord réclame la fin des sanctions radicales.

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