Trump redescend dans l'arène politique

Publié le à Orlando (Etats-Unis) (AFP)

Donald Trump est de retour: pour la première fois depuis qu'il a quitté la Maison Blanche, l'ancien président s'adressera dimanche à un public d'ultra-conservateurs, déterminé à reprendre le contrôle d'un parti républicain qui peine à masquer ses divisions.

Sera-t-il candidat en 2024? Chez ses alliés et ses opposants, cette même question résonne. Et le tribun, volontiers provocateur, devrait bien flirter ouvertement avec cette idée.

Devant les conservateurs américains réunis pour leur grand-messe annuelle à Orlando, l'ex-président est en tout cas en terrain conquis. Un message résonne chez ces pro-Trump convaincus: pas question de lui tourner le dos.

A l'image des sénateurs, gouverneurs, anciens ministres, qui trois jours durant, ont vanté les quatre années de sa présidence.

"L'Amérique d'abord est ce qu'il faut pour l'Amérique", a plaidé samedi Mike Pompeo, le plus fidèle des ministres trumpistes, reprenant la célèbre doctrine de l'ex-président.

A l'image aussi des drapeaux et casquettes des participants, pour beaucoup estampillés "Trump", et de cette immense statue dorée à l'effigie du milliardaire de 74 ans qui trône dans le hall de la conférence.

Pour son premier discours depuis le 20 janvier, prévu à 15h40 locales, l'homme d'affaires parlera d'abord d'immigration et "des politiques désastreuses" de son successeur Joe Biden sur ce dossier, a indiqué son entourage à l'AFP.

Mais il évoquera surtout "l'avenir du parti républicain et du mouvement conservateur".

"Nous n'allons pas créer de nouveaux partis, nous n'allons pas diviser notre pouvoir. Nous serons unis et puissants comme jamais", devrait-il dire, selon des extraits de son discours obtenus par Fox News.

- "Si nous idolâtrons", "nous perdons" -

Depuis l'assaut meurtrier du Capitole, le parti républicain affiche pourtant des divisions béantes.

Après quatre ans de mandat Trump, les républicains ont perdu le contrôle du Congrès et de la Maison Blanche. Et c'est un ex-président marqué de la tache infamante d'une mise en accusation ("impeachment"), pour incitation à l'insurrection dans l'attaque du Capitole, qui prendra la scène.

M. Trump a finalement été acquitté lors de son procès au Sénat, mi-févier. Mais fait historique, sept républicains ont voté en faveur de sa condamnation.

L'un d'entre eux a d'ailleurs ouvertement balayé dimanche l'idée que Donald Trump soit de nouveau le candidat républicain à la présidentielle de 2024: "Si nous idolâtrons une personne, nous perdrons", a mis en garde le sénateur Bill Cassidy sur CNN.

D'autres républicains pourraient bien entendu se présenter en 2024, comme les sénateurs Josh Hawley, Tom Cotton, la gouverneure du Dakota du Sud Kristi Noem ou l'ex-ambassadrice à l'ONU Nikki Haley.

Mais tous restent conscient de la force électorale d'un président arrivé au pouvoir en créant la plus grande surprise de l'histoire politique moderne.

S'il coule sa retraite d'ancien président en Floride, Donald Trump conserve en effet le soutien de millions d'électeurs républicains et n'a pas arrêté de se mêler des affaires du parti.

Et même privé de son compte Twitter, il veut prouver qu'il reste en mesure de faire et de défaire des carrières à droite.

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