Trump tente la carte de l'unité dans un climat politique délétère

Publié le à Washington (AFP)

Face au Congrès réuni au grand complet, le président américain Donald Trump devait tenter mardi de se poser en rassembleur, mais les tensions politiques à Washington, alimentées par son projet de mur controversé, rendent l'exercice délicat.

Pour ce traditionnel discours en prime time sur "l'état de l'Union", le tempétueux président américain, en mauvaise posture dans les sondages à mi-mandat, a opté pour un appel à l'unité, au compromis, et une tonalité résolument optimiste.

"Le programme que je vais présenter ce soir n'est ni républicain, ni démocrate. C'est celui du peuple américain", devait-il dire selon des extraits diffusés à l'avance par la Maison Blanche.

"Ensemble, nous pouvons mettre fin à des décennies de blocage politique, guérir les blessures anciennes, construire de nouvelles coalitions, esquisser de nouvelles solutions".

- "Soudaine envie d'unité" -

Dans les heures précédant ce rendez-vous, pourtant, les vifs échanges via tweets interposés ont cependant donné un aperçu du climat qui règne dans la capitale fédérale américaine deux ans après son arrivée au pouvoir.

"On dirait que, tous les ans, le président se réveille le jour du discours sur l'état de l'Union avec une soudaine envie d'unité. Les 364 autres jours de l'année, le président passe son temps à nous diviser", a ironisé Chuck Schumer, ténor démocrate du Sénat.

Peu après, le président américain s'est étonné que son rival critique son discours sur l'état de l'Union "sans même l'avoir vu". "Il est juste énervé de ne pas avoir emporté la majorité au Sénat après avoir dépensé des fortunes", a-t-il taclé.

Une image, chargée en symboles, pourrait résumer la difficulté de sa délicate équation politique: lorsqu'il prendra la parole devant les élus au grand complet, la nouvelle "Speaker" de la Chambre des représentants Nancy Pelosi sera, suivant la tradition, assise derrière lui, dans le champ des caméras.

Or l'élue démocrate de San Francisco, vent debout contre son projet de mur à la frontière avec le Mexique, vient de lui infliger une cuisante défaite politique. Et l'image d'habile négociateur que le magnat de l'immobilier aime mettre en avant a été très sérieusement écornée.

Après des semaines d'une étrange partie de poker menteur, Donald Trump a cédé face à ses adversaires politiques et a mis fin au "shutdown" sans avoir obtenu le moindre dollar pour son projet emblématique de lutte contre l'immigration clandestine.

- "Armée la plus puissante" -

A 21 mois de la prochaine élection présidentielle, où il entend briguer un second mandat, le républicain devrait mettre en avant de très bons chiffres économiques et un marché du travail extrêmement dynamique.

"Après 24 mois de progrès rapides, le monde entier nous envie notre économie, notre armée est la plus puissante de la terre, et l'Amérique gagne chaque jour", devait déclarer le président américain.

Comme l'an dernier, où il avait gardé les yeux sur les téléprompteurs et avait adopté un ton plutôt conciliant, il devrait opter pour une posture plus présidentielle que d'habitude.

Mais, sur le fond, quelle sera la tonalité du reste du texte? Relancera-t-il avec virulence le débat sur l'immigration? Profitera-t-il de l'occasion, comme il l'a laissé entendre, pour déclarer une "urgence nationale", procédure exceptionnelle qui lui permettrait de contourner le Congrès pour financer le mur frontalier?

Le chapitre consacré à la politique étrangère pourrait lui valoir des applaudissements moins nourris dans son camp tant certaines de ses décisions suscitent un malaise.

"Les grandes Nations ne se combattent pas dans des guerres sans fin", devait affirmer M. Trump.

Dans un cruel rappel à l'ordre, le Sénat a approuvé lundi soir à une très large majorité un amendement critiquant sa décision de retirer les troupes américaines de Syrie et d'Afghanistan.

Le président américain pourrait aussi profiter de ce rendez-vous pour annoncer le lieu et la date de son prochain sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un avec lequel il existe, assure-t-il, "une incroyable alchimie".

- "Quête de liberté" du Venezuela -

Dans son discours, il devait assurer les Vénézuéliens du soutien américain dans leur "quête de liberté". Les Etats-Unis, ainsi qu'une quarantaine d'autres pays, ont reconnu l'opposant vénézuélien Juan Guaido comme président par intérim et seule autorité légitime à Caracas.

Au-delà du discours lui-même, ce rendez-vous annuel très prisé du tout-Washington est aussi scruté à la loupe: les applaudissements ou les silences, l'attitude des nouveaux élus.

Or Donald Trump s'exprimera devant un nouveau Congrès qui bat tous les records de diversité dans l'histoire américaine: 127 femmes, plus de 50 élus noirs.

La Nobel de la paix Nadia Murad, ex-esclave des jihadistes en Irak et membre de la minorité yazidie, fera partie des invités.

Plus surprenant: le couple présidentiel a choisi parmi sa douzaine d'invités, Joshua Trump, élève en classe de 6e à Wilmington dans le Delaware. Il n'est pas de la famille du milliardaire mais il est moqué à l'école à cause de son nom de famille, a expliqué la Maison Blanche.

C'est une femme noire qui sera chargée de donner au nom des démocrates la réplique au président, juste après son discours.

Figure montante de son parti, Stacey Abrams, 45 ans, ne détient aucun mandat électif. Elle a échoué de peu, en Géorgie en novembre, dans sa quête pour devenir la première gouverneure afro-américaine.

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