Trump veut refaire campagne et tourner la page de son Covid-19

Publié le à Washington (AFP)

Donald Trump, distancé par le démocrate Joe Biden dans les sondages à 25 jours de la présidentielle américaine, tentait vendredi de reprendre à tout prix sa campagne une semaine seulement après avoir été hospitalisé en raison du Covid-19, malgré les doutes persistants sur sa santé.

Le président républicain sortant, confiné à la Maison Blanche depuis sa sortie d'hôpital lundi, doit participer à midi à un "meeting radiophonique", virtuel donc, organisé par Rush Limbaugh, figure de la sphère conservatrice.

Puis, le soir, ce sera son premier entretien filmé depuis l'annonce de son test positif au coronavirus il y a une semaine, sur la chaîne conservatrice Fox News.

Surtout, il envisage un vrai meeting, en personne, dès samedi soir en Floride, puis un autre lundi en Pennsylvanie, deux Etats-clés qu'il doit remporter, comme lors de sa victoire-surprise en 2016, pour décrocher un nouveau mandat de quatre ans.

Et ce, alors même que la multiplication des rassemblements, avec peu ou pas de distanciation physique et de masques dans le public, lui est reprochée de toutes parts.

- Doutes sur un test négatif -

En revanche, la tenue du prochain débat télévisé Trump-Biden du 15 octobre reste en suspens. Le président refuse qu'il soit virtuel, comme l'ont décidé les organisateurs par précaution sanitaire.

"Il est prêt à sortir dès que son médecin donne son feu vert", a dit sa porte-parole Kayleigh McEnany sur Fox News.

Le message est clair: la page de la maladie est tournée, le président âgé de 74 ans "va bien" -- même si sa voix est apparue enrouée et qu'il s'est parfois interrompu pour tousser jeudi soir lors d'un entretien téléphonique sur cette même chaîne conservatrice.

Le médecin présidentiel, Sean Conley, dont la communication élusive est sous le feu des critiques, a semblé ouvrir la voie à une reprise de la campagne dès ce week-end.

"Je m'attends à ce que le président puisse reprendre ses activités publiques" samedi "sans risque", a-t-il affirmé jeudi dans un bulletin de santé.

Mais une question cruciale reste sans réponse: Donald Trump, qui "pense" ne plus être contagieux, a-t-il subi un test négatif pour conforter cette conviction? L'intéressé a dit jeudi que ce test aurait "probablement" lieu vendredi.

- Aptitude à gouverner -

En face, ses adversaires mettent en garde contre son retour à la rencontre des électeurs, mais remettent aussi ouvertement en question son aptitude à gouverner.

La présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a proposé vendredi de créer une commission pour évaluer la capacité des présidents américains à gouverner.

"Il ne s'agit pas du président Trump. Il sera soumis au jugement des électeurs", a-t-elle pris soin de préciser. "Mais il nous a montré qu'il était nécessaire de créer un processus pour les futurs présidents."

Cette initiative, dans un climat de divisions extrêmes avant l'élection du 3 novembre, vise à maintenir l'attention sur la maladie contractée par Donald Trump, et plus largement sur la pandémie qu'il a largement minimisée et qui a fait plus de 212.000 morts aux Etats-Unis, de loin le pays le plus endeuillé au monde.

Joe Biden, qui compte désormais près de dix points d'avance dans les sondages nationaux et a également conforté son avantage dans les intentions de vote au niveau des Etats décisifs pour l'élection, continue sa campagne à son rythme.

Après l'Arizona jeudi, en compagnie de sa colistière, la sénatrice noire Kamala Harris, il doit se rendre vendredi dans le Nevada.

Il martèle quasiment un seul message: Donald Trump a échoué sur toute la ligne dans la gestion de la pandémie.

Et l'ancien vice-président démocrate élude volontairement les questions délicates sur les autres sujets, notamment lorsqu'on lui demande s'il fait sienne la volonté de certains dans son camp d'augmenter le nombre de juges à la Cour suprême pour diluer la majorité conservatrice au sein de cette institution-clé qui tranche les grande questions de société.

Privé de déplacements et de meetings depuis plus d'une semaine, Donald Trump laisse lui éclater sa frustration dans de nombreuses vidéos débridées et entretiens téléphoniques sur Fox News.

Jeudi il a attaqué tous azimuts, qualifiant Kamala Harris de "monstre", réclamant des poursuites judiciaires contre son prédécesseur Barack Obama, Joe Biden, ou la candidate malheureuse de 2016 Hillary Clinton. Il s'en est aussi pris, de manière plus inhabituelle, à deux de ses ministres les plus loyaux, Mike Pompeo et Bill Barr, coupables à ses yeux de ne pas avoir permis à ces poursuites d'être déclenchées.

© 2020 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

A lire également

Notre sélection d'annonces

Fil info