Ukraine: Biden appelle Zelensky après avoir menacé Poutine de sanctions

Publié le à Washington (AFP)

Le président américain Joe Biden doit appeler jeudi son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, après avoir menacé le dirigeant russe Vladimir Poutine de sanctions comme il "n'en a jamais vu" en cas d'invasion de l'Ukraine par Moscou.

Depuis plus d'un mois, les Occidentaux accusent la Russie d'avoir massé des dizaines de milliers de soldats près de la frontière ukrainienne. Le Kremlin dit pour sa part répondre à des "provocations" et vouloir assurer sa sécurité.

Le sujet était au coeur d'un entretien de deux heures en visioconférence mardi entre MM. Biden et Poutine, un échange qui n'a pas fait retomber les tensions, bien que les deux camps aient évoqué des discussions utiles.

"J'ai été très clair, si en effet (Poutine) envahit l'Ukraine", il y aura des "conséquences économiques comme il n'en a jamais vu", a déclaré mercredi M. Biden, écartant toutefois l'envoi de troupes américaines, car Kiev n'est pas membre de l'Otan.

Le président ukrainien, qui appelle depuis plusieurs mois ses alliés occidentaux à le soutenir davantage, a jugé lui "positives" les discussions entre MM. Biden et Poutine.

Selon Kiev, MM. Poutine et Zelensky devaient s'entretenir vers 17H30 GMT.

Après son appel avec M. Zelensky, le chef de la Maison Blanche se concertera avec les dirigeants du "groupe des neuf de Bucarest", qui rassemble des pays d'Europe de l'Est membres de l'Otan.

Ce groupe comprend la Bulgarie, la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie.

- "Mensonge", selon Moscou -

Les tensions avec Moscou réveillent le spectre d'une flambée meurtrière en Ukraine, pays pauvre d'Europe orientale déchiré depuis sept ans par une guerre entre Kiev et des séparatistes pro-russes.

Ce conflit a fait plus de 13.000 morts et son règlement politique, prévu par les accords de Minsk de 2015, est dans l'impasse.

La Russie nie toute velléité belliqueuse envers son voisin, dont elle a annexé la péninsule de Crimée en 2014, mais s'oppose catégoriquement à l'adhésion de cette ex-république soviétique à l'Otan.

Vladimir Poutine a affirmé mercredi que Moscou avait "le droit de protéger sa sécurité", estimant que laisser l'Alliance atlantique s'approcher de ses frontières sans réagir serait "criminel".

Selon le dirigeant russe, une telle adhésion "s'accompagnerait sans aucun doute d'un déploiement de contingents militaires, de bases et d'armements qui nous menacent".

Pendant son entretien avec M. Biden, M. Poutine a notamment demandé des "garanties juridiques sûres" qui empêcheraient l'Ukraine de rejoindre l'Otan.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a toutefois indiqué jeudi qu'un format de discussion avec Washington pour évoquer ces garanties n'avait pas été encore défini.

De son côté, le chef de l'état-major militaire russe, le général Valéri Guerassimov, a balayé jeudi comme un "mensonge" le plan d'invasion de l'Ukraine prêté à Moscou. Par ailleurs, il a averti Kiev contre toute tentative de reprendre militairement les territoires séparatistes du Donbass.

"Toute provocation des autorités ukrainiennes pour régler le problème du Donbass (est de l'Ukraine) par la force sera stoppée", a prévenu le général Guerassimov.

- "Conséquences stratégiques" -

Pour l'instant, les Occidentaux maintiennent leur pression diplomatique sur Moscou et ont évoqué mercredi de nouvelles sanctions, si nécessaire.

Le nouveau chancelier allemand, Olaf Scholz, a menacé en particulier Moscou de "conséquences" pour le gazoduc controversé Nord Stream 2 reliant la Russie à l'Allemagne en cas d'invasion.

Le conseiller américain pour la sécurité nationale, Jake Sullivan, a insisté sur cette option "absolument prioritaire" visant ce gazoduc cher à Moscou.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken et le président du Conseil européen Charles Michel sont aussi convenus, lors d'un entretien, "de la nécessité d'imposer des sanctions rapides et sévères" si l'escalade militaire s'intensifiait.

Pour sa part, la diplomatie française a averti la Russie des "conséquences stratégiques et massives" qu'aurait une agression visant l'Ukraine.

Le président Biden a indiqué qu'une attaque russe contre Kiev entraînerait un renforcement de la présence militaire américaine sur les territoires des membres de l'Otan en Europe de l'Est.

Il a également évoqué l'envoi de "moyens de défense" supplémentaires à Kiev, qui recevra déjà des "armes légères et des munitions" envoyées cette semaine dans le cadre d'un plan de soutien américain.

© 2022 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

A lire également

Notre sélection d'annonces

Fil info