Ukraine: des responsables américains attendus en Ukraine où la guerre entre dans son troisième mois

Publié le à Kiev (Ukraine) (AFP)

Les chefs de la diplomatie et de la défense des Etats-Unis sont attendus dimanche à Kiev, pour la première fois depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine qui entre dans son troisième mois alors que le pays célèbre la fête de Pâques orthodoxe.

La venue à Kiev du secrétaire d'Etat Antony Blinken et du ministre de la Défense Lloyd Austin, annoncée samedi par le président ukrainien Volodymyr Zelensi selon lequel ils doivent discuter des livraisons d'armes américaines à l'Ukraine, intervient après celles de plusieurs dirigeants européens depuis le début de l'invasion russe le 24 février. Le département d'Etat n'a pas commenté l'annonce de la visite des deux responsables.

"Sauvez tous les Ukrainiens", a lancé dimanche sous forme de prière M. Zelensky qui en a appelé au jugement de Dieu dans un discours à l'occasion de la fête de Pâques célébrée par les chrétiens orthodoxes, majoritaires en Ukraine.

"N'oubliez pas Boutcha, Irpin, Borodianka, Gostomel", a-t-il imploré, énumérant comme une litanie une série d'autres noms de lieux où l'Ukraine accuse les forces russes d'atrocités envers des civils.

"Nos coeurs sont remplis d'une colère ardente, nos âmes sont remplies d'une haine ardente pour les envahisseurs et tout ce qu'ils ont fait", a-t-il poursuivi. "Ne laissez pas la rage nous détruire de l'intérieur (...) Transformez là en force bénéfique pour défaire les forces du mal".

Les célébrations pascales ont été marquées par la guerre qui continue sans relâche malgré les multiples appels à une trêve des derniers jours. De violents combats se poursuivent dans l'Est et le Sud.

Dans la petite église orthodoxe de Lyman, sur la ligne de front dans l'Est du pays, sous le feu régulier des obus russes, une cinquantaine de civils se sont regroupés dès l'aube pour la liturgie alors que le grondement de l'artillerie se faisait entendre.

"Si nous faisons les mauvais choix, les ténèbres nous ruineront, comme les ténèbres nous détruisent pendant cette guerre", a déclamé le prêtre dans son sermon - le même pour toutes les églises de cette région du Donbass.

- Trêve "immédiate" -

L'ONU a appelé à une trêve "immédiate" à Marioupol (Sud-Est) pour permettre l'évacuation de quelque 100.000 civils encore coincés dans ce port stratégique presque entièrement contrôlé par l'armée russe.

"Il faut une pause dans les combats tout de suite pour sauver des vies. Plus nous attendons, plus les vies seront menacées. Ils doivent être autorisés à évacuer maintenant, aujourd'hui. Demain ce sera trop tard", a indiqué son coordinateur en Ukraine, Amin Awad.

"Chaque jour, chaque heure qui passe a un coût humain terrible", a déploré le Comité international de la Croix-Rouge dans une communiqué au lendemain de l'échec d'une nouvelle tentative d'évacuation de civils de Marioupol par les autorités ukrainiennes.

Le CICR réclame urgemment "un accès immédiat et sans entrave" pour "permettre le passage volontaire et en sécurité de milliers de civils et de centaines de blessés hors de la ville, y compris dans la zone de l'usine Azovstal".

Le ministère ukrainien de la Défense avait indiqué plus tôt dimanche sur Telegram que les forces russes assiègent toujours des unités retranchées dans l'usine Azovstal. Dans un message sur les réseaux sociaux, le commandant adjoint du bataillon Azov, Sviatoslav Palamar, dit que les forces russes continuent de bombarder Azovstal.

M. Zelensky a prévenu samedi que Kiev abandonnerait les négociations avec Moscou si les combattants retranchés dans Azovstal étaient tués par l'armée russe. Il a de nouveau appelé à rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine "pour mettre fin à la guerre".

Il s'est aussi dit "prêt" à "un échange de nos militaires qui défendent Marioupol", sous "n'importe quel format", pour sortir "ces gens qui se trouvent dans une situation horrible, encerclés".

Selon le ministère ukrainien, les forces russes continuent également de bloquer partiellement Kharkiv (nord-est) en bombardant les troupes ukrainiennes et les infrastructures essentielles.

Dans l'Est, elles ont intensifié les opérations en direction de Severodonetsk, Kurakhiv et Popasnya, avec des combats dans les régions de Zaritchné, Roubijné et Popasna, selon le ministère ukrainien. Il a précisé que les forces russes avaient entamé de traverser sur des pontons la rivière Krasna en direction de Severodonetsk et que les systèmes de défense aérienne intensifiaient leur action en direction d'Adiivka.

- Roubijné en miettes -

A Roubijné en miettes sous les bombes, Lioudmila, 63 ans, vit depuis le 15 mars dans une cave avec onze autres habitants dont sa mère âgée. "Que tous ceux qui ont commencé cette guerre se rassemblent dans notre sous-sol pour venir y faire leurs négociations", dit-elle à l'AFP. "Qu'ils viennent écouter les bombardements et s'asseoir à la lueur des bougies. Et alors ils prendront enfin une décision".

Dans le Sud du pays, la ville portuaire d'Odessa a été visée samedi par des frappes russes qui ont fait selon Kiev au moins huit morts et 18 blessés.

Les négociations de paix restent à un stade embryonnaire, d'autant que la Russie semble, pour l'instant, n'avoir pas atteint ses objectifs militaires.

Lundi, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres ira en Turquie, important médiateur dans le conflit en Ukraine, avant de se rendre à Moscou et à Kiev, a indiqué dimanche l'organisation.

Une chronologie dénoncée par le président ukrainien qui a critiqué la décision de M. Guterres de se rendre d'abord à Moscou et ensuite seulement à Kiev, déclarant qu'il n'y avait "aucune justice et aucune logique dans cet ordre".

"La guerre est en Ukraine, il n'y a pas de cadavres dans les rues de Moscou. Il serait logique d'aller d'abord en Ukraine, pour voir les gens là-bas, les conséquences de l'occupation", a déclaré M. Zelensky.

Ankara tente actuellement d'organiser un sommet à Istanbul entre MM. Zelensky et Poutine, bien que les responsables turcs admettent que les perspectives de tels pourparlers restent actuellement faibles.

Le nombre de réfugiés fuyant l'invasion russe approche des 5,2 millions, selon l'ONU. Plus de 7,7 millions de personnes ont quitté leur foyer mais se trouvent toujours en Ukraine.

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