Un expert de l'OMS met en doute les renseignements américains, Von der Leyen se défend à Bruxelles

Publié le à Wuhan (Chine) (AFP)

Un expert de la mission de l'OMS en Chine pour enquêter sur les origines du coronavirus a mis en doute mercredi la fiabilité des renseignements américains sur la pandémie, qui continue de s'étendre dans le monde, entraînant de nouvelles restrictions de plus en plus critiquées.

"Ne vous fiez pas trop aux renseignements américains" qui sont "franchement erronés sur de nombreux aspects", a tweeté Peter Daszak au dernier jour de son séjour à Wuhan.

Après une mission de quatre semaines à Wuhan, un temps épicentre de l'épidémie, les experts de l'Organisation Mondiale de la Santé ont indiqué n'avoir pu percer les origines du Covid-19, mais jugé "hautement improbable" l'hypothèse de la fuite du coronavirus depuis un laboratoire de la ville.

L'administration de l'ancien président Donald Trump avait accusé l'Institut de virologie de Wuhan d'avoir laissé s'échapper le virus, volontairement ou non.

Si l'administration Biden a pris ses distances avec cette théorie, elle a semblé accueillir avec scepticisme les premières conclusions des experts de l'OMS et appelé à ce qu'elles soient vérifiées par les services américains.

"Plutôt que de sauter sur des conclusions qui peuvent être motivées par tout sauf par la science, nous voulons voir où les données nous conduisent, où la science nous conduit, et nos conclusions seront fondées là-dessus", a déclaré mardi le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price.

Depuis les premiers cas de coronavirus recensés en décembre 2019 à Wuhan, le monde s'est barricadé en s'interrogeant sur l'origine d'une crise sanitaire dramatique qui a fait à ce jour plus de 2,3 millions de morts.

- Course contre la montre -

Alors que le monde est engagé dans la course contre la montre pour la vaccination, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen va une nouvelle fois s'expliquer mercredi, cette fois devant les parlementaires européens réunis en séance plénière à Bruxelles, sur les accusations de lenteur de la campagne en Europe.

Samedi, dans la presse allemande, elle avait imputé ces retards à une "pénurie mondiale de composants" entrant dans la fabrication des vaccins.

Dernier pays en date à donner un nouveau tour de vis aux mesures de lutte anti-Covid, le Royaume-Uni a annoncé mardi que tous les voyageurs arrivant en Angleterre devront se soumettre à deux tests PCR, aux deuxième et huitième jours d'une quarantaine obligatoire de dix jours.

Le pays le plus endeuillé d'Europe avec près de 113.000 morts craint de plus en plus d'être exposé à des variants du coronavirus potentiellement résistants aux vaccins.

Pour la même raison, l'Espagne, qui a passé mardi la barre des trois millions de cas détectés, a annoncé que les restrictions imposées sur les vols en provenance du Royaume-Uni, du Brésil et d'Afrique du Sud seraient prolongées jusqu'au 2 mars.

La France, où les autorités ont annoncé que le seuil des 80.000 morts avait été franchi, réunit mercredi son Conseil de défense, sans exclure de nouvelles restrictions. Mais celles qui existent déjà commencent à peser sur une partie de la population.

La grogne enfle ainsi chez les Français de l'étranger face aux motifs "impérieux" désormais exigés pour rentrer en France, comme l'illustre une pétition lancée en Amérique du Nord qui rassemblait mardi plus de 4.000 signatures.

En Allemagne, la chancelière Angela Merkel retrouve mercredi les présidents des régions allemandes pour faire le point sur l'épidémie, et, là aussi, sans exclure un nouveau tour de vis.

En Grèce, un confinement plus serré, surtout dans la région d'Athènes, va être mis en place, entraînant la fermeture des écoles et des magasins.

Face à la pandémie, un hôtel de Bruxelles a trouvé la parade pour fêter la Saint Valentin: transformer des chambres en salon privé pour un dîner à deux au champagne.

- Un million de personnes vaccinées au Chili -

En Amérique du Sud, plusieurs dizaines d'entreprises et d'ONG brésiliennes ont annoncé mardi une initiative commune pour aider les autorités à accélérer la vaccination, avec l'objectif ambitieux d'immuniser l'ensemble de la population "d'ici septembre".

Le Chili a de son côté dépassé mardi le million de personnes vaccinées contre le Covid-19, six jours après le début du processus de vaccination de masse chez les personnes âgées, qui ont rejoint le personnel médical déjà vacciné depuis décembre.

Au Pérou, la campagne de vaccination avec le vaccin chinois de Sinopharm a débuté mardi dans les hôpitaux de Lima pour le personnel médical.

Plus de 135 millions de doses de vaccins anti-Covid ont été administrées dans le monde, selon un comptage réalisé par l'AFP mardi.

A ce jour, au moins 90 pays ou territoires ont entamé leur campagne, mais près de deux doses sur trois (64%) ont été injectées dans des pays à revenu "élevé" (au sens de la Banque mondiale), qui n'hébergent pourtant que 16% de la population mondiale.

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