USA: les députés votent sur des sanctions contre une élue pro-Trump symbole d'un parti républicain fracturé

Publié le à Washington (AFP)

La Chambre des représentants vote jeudi sur le sort d'une élue pro-Trump très controversée, exposant la division profonde au sein du parti républicain encore largement sous l'emprise de l'ex-président américain.

Marjorie Taylor Greene, députée de l'Etat de Géorgie, est sous le feu de nombreuses critiques et d'appels à la démission pour son soutien aux thèses de la mouvance complotiste QAnon et ses déclarations passées semblant appeler à l'exécution de dirigeants démocrates.

A 46 ans, cette fidèle de Donald Trump dont elle ne reconnaît pas la défaite, est devenue la bête noire des démocrates qui veulent l'évincer des commissions de l'Education et du Budget de la Chambre basse du Congrès.

Mercredi, le chef des républicains à la chambre, Kevin McCarthy, a affirmé que Marjorie Taylor Greene avait "causé de profondes blessures à beaucoup" de monde et qu'elle avait présenté des excuses.

Mais il a refusé de l'expulser de ces commissions, dénonçant un "coup de force" des démocrates.

Un vote aura donc lieu en séance plénière, où les démocrates disposent d'une faible majorité, et les deux-tiers des voix nécessaire à son expulsion seront difficiles à obtenir.

Les élus républicains sont en effet peu enclins à punir l'une des leurs pour des choses dites ou faites avant son entrée au Congrès en janvier.

Avant d'être élue, Marjorie Taylor Greene avait affirmé dans une vidéo postée sur Facebook et depuis effacée, que la présidente démocrate de la Chambre Nancy Pelosi était coupable de "trahison", un crime selon elle "punissable par la mort".

Elle avait aussi dit qu'une fusillade meurtrière, dans un lycée de Floride en 2018, était une mise en scène pour durcir la législation sur les armes à feu, à laquelle elle est fermement opposée.

Elle a aussi mis en doute le fait qu'un avion se soit écrasé sur le Pentagone lors des attentats du 11-Septembre.

Pendant sa campagne, la républicaine s'était revendiquée de la mouvance pro-Trump QAnon, un mouvement d'extrême droite défendant l'idée que Donald Trump mène une guerre secrète contre une secte mondiale composée de pédophiles satanistes.

- "L'âme du parti" -

Son cas révèle les tensions au sein du parti républicain entre les fidèles du milliardaire, qui conserve un fort pouvoir d'influence avec 74 millions de voix recueillies en novembre et des relais au Congrès comme Mme Taylor Greene, et les tenants d'une ligne traditionnelle. Chaque camp lorgne sur les élections parlementaires de 2022, et la présidentielle de 2024.

Le fait qu'elle prône des "mensonges absurdes" et adhère à des "théories du complot" est "un cancer pour le parti républicain", a affirmé lundi Mitch McConnell, chef de la minorité républicaine au Sénat qui représente le courant modéré du parti.

Porte-voix de la frange pro-Trump, le parlementaire de Floride Matt Gaetz a mis en garde mercredi sur Fox News contre un "dangereux précédent" si le Congrès écartait Mme Taylor Greene, qui l'a largement emporté en novembre dans sa circonscription.

Depuis plusieurs jours, il s'en prend à Liz Cheney, élue du Wyoming et numéro 3 du parti à la Chambre. Elle est l'une des dix républicains à avoir voté pour la mise en accusation de Donald Trump pour incitation à une insurrection lors de l'assaut de ses partisans contre le Congrès le 6 janvier.

"Nous sommes engagés dans une bataille pour l'âme du parti républicain et j'ai l'intention de la gagner", a-t-il assuré la semaine dernière lors d'un déplacement à Cheyenne, la capitale de cet Etat qui a plébiscité Donald Trump en novembre.

"Si vous voulez prouver que vous avez le pouvoir, battez Liz Cheney à la prochaine élection et le Wyoming mettra Washington à genoux", a-t-il lancé.

Le procès en destitution de l'ex-président au Sénat débute dans moins d'une semaine. Il devrait échapper à une condamnation une seconde fois car les démocrates devraient échouer à réunir une majorité des deux-tiers des sénateurs derrière eux.

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