Vaccin Pfizer/BioNTech: les Bourses mondiales euphoriques

Publié le à New York (AFP)

Les Bourses mondiales ont exulté lundi, terminant en très forte hausse après l'annonce d'un vaccin "efficace à 90%" contre le Covid-19, qui fait espérer à terme un retour à une activité normale pour nombre d'entreprises en souffrance.

Les marchés ont décollé après une annonce des laboratoires américain Pfizer et allemand BioNTech, qui ont affirmé que leur candidat vaccin était "efficace à 90%" contre le Covid-19, selon l'essai à grande échelle de phase 3 en cours, dernière étape avant une demande d'homologation.

A Wall Street, le Dow Jones a connu sa plus forte hausse depuis juin, en gagnant 2,95%, et l'indice S&P 500 a pris 1,17%. L'action Pfizer a grimpé de 7,69%.

Les marchés européens se sont eux envolés, Paris prenant 7,57%, Francfort 4,94%, Londres 4,67%, Milan 5,43% et Madrid 8,57%.

Paris, Londres et Milan ont affiché leur meilleure performance en une séance depuis mars, et Francfort depuis mai. Cette dernière a même brièvement effacé l'ensemble de ses pertes annuelles, une première depuis le début de la crise sanitaire parmi les grandes places boursières européennes.

- "Attendu depuis longtemps" -

Sur le marché du pétrole, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier a bondi de 7,48% par rapport à la clôture de vendredi, à 42,40 dollars. A New York, le baril américain de WTI pour décembre a gagné 8,48%, à 40,29 dollars.

"Cette nouvelle est énorme, on l'attend depuis très longtemps!", s'est enthousiasmé Daniel Larrouturou, gérant actions chez Dôm Finance, interrogé par l'AFP à Paris juste après l'annonce des deux laboratoires.

"C'est l'information de l'année, peut-être même de la décennie", s'est réjoui à Francfort Jochen Stanzl, analyste chez CMC Markets.

Sur le marché de la dette, l'appétit pour le risque a fait s'écraser les taux souverains des pays considérés comme les plus risqués, à l'instar de la Grèce et l'Italie, dont les taux à dix ans ont atteint de nouveaux plus bas historiques, respectivement à 0,728% et 0,617%.

- Valeurs Covid en panne -

"La différence sur le marché est frappante: les plus gros gagnants sont parmi les actions les plus touchées par la pandémie - tandis que les gagnants du Covid se portent mal", relève Neil Wilson, analyste de Markets.com.

Très bénéficiaire de la première vague, l'indice Nasdaq à New York, à forte coloration technologique, a ainsi reculé de 1,53%.

L'annonce de Pfizer et BioNTech a surtout profité aux secteurs les plus affectés par les mesures de restrictions aux activités, dont le voyage, l'aéronautique et les banques.

Ainsi, la nouvelle a fait bondir Airbus (+18,5%), IAG (+25,5%), Lufthansa (+19,8%), Rolls Royce (+43%), Easyjet (+35,5%) ou encore Carnival (+39%). Les valeurs financières n'en ont pas perdu pas une miette, à l'instar de Société Générale (+18,4%), BNP Paribas (+18%) et UniCredit (+13,7%). Les pétrolières, comme Eni (+12,8%) ou Total (+15%), ont aussi fini très fort.

A contrario, un coup de massue s'est abattu sur les entreprises qui ont le plus profité des mesures de confinement. La plateforme de visioconférences Zoom Video a ainsi chuté de plus de 17% à Wall Street.

La livraison de repas à domicile était aussi en berne. A Francfort, Delivery Hero a reculé de 5,8%, Hello Fresh de 15,3%. A Londres, Ocado a chuté de 11,5% et Just Eat Takeaway de 8,9%.

L'annonce sur le candidat vaccin de Pfizer et BioNTech est intervenue au moment où les Etats-Unis et l'Europe font face à des chiffres records de nouvelles contaminations.

L'accumulation de nouvelles restrictions pour faire face à cette deuxième vague pourrait sérieusement escamoter la reprise économique.

Le président élu des Etats-Unis Joe Biden est resté mesuré dans sa réaction lundi, se réjouissant d'un signe d'"espoir" mais prévenant que la "bataille" était encore loin d'être gagnée.

Les investisseurs ne doutent pas qu'il deviendra le président américain en janvier même si Donald Trump refuse toujours de concéder sa défaite.

"Les investisseurs estiment que ses recours légaux ne représentent rien d'autre qu'une tentative de sauver la face", décrypte Joshua Mahony, analyste chez IG.

Sur le marché des devises, l'euro reculait face au dollar (+0,52% à 1,1812 dollar pour un euro). Le yen perdait 1,94% face au dollar à 105,39 yens et 1,43% face à l'euro à 124,49 yens.

L'or chutait pour sa part de 4,38% à 1.865,92 dollars l'once.

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