Vaccins ant-virus: Londres met les bouchées doubles, la Hongrie choisit le Spoutnik V russe

Publié le à Londres (AFP)

La campagne de vaccination s'accélère en Europe où le Royaume-Uni s’approche de son objectif de vacciner 15 millions de personnes et la Hongrie est devenue le premier pays de l'UE à utiliser le vaccin russe anti-Covid Spoutnik V.

En Australie, un nouveau confinement a été ordonné à Melbourne, forçant l'Open de tennis à se poursuivre à huis clos.

Le Premier ministre de l'Etat de Victoria, Daniel Andrews, a annoncé que le nouveau confinement de cinq jours était nécessaire pour stopper un foyer "hyper-infectieux" de contaminations au variant anglais du coronavirus, apparu dans un des hôtels ayant servi à la quarantaine de plusieurs joueurs et participants au Grand Chelem australien.

La suite du tournoi qui a débuté lundi et rassemble la plupart des meilleurs joueurs du monde, se tiendra donc à huis clos au moins jusqu'à mercredi, après avoir eu l'autorisation d'accueillir 25.000 à 30.000 spectateurs par jour, dans un sous-continent largement débarrassé du coronavirus.

En Europe, le Royaume-Uni semble en passe de réussir son pari ambitieux de vacciner contre le coronavirus environ 15 millions de personnes vulnérables d'ici à mi-février, laissant entrevoir une porte de sortie au strict confinement en place depuis des semaines.

C'est un tour de force pour le Premier ministre conservateur Boris Johnson, jusqu'ici crédité d'une gestion chaotique de la pandémie qui a contaminé presque quatre millions de personnes et tué plus de 115.000 d'entre elles dans le pays de 66 millions d'habitants, le plus endeuillé d'Europe.

En Hongrie, la médecin-cheffe a annoncé que son pays serait vendredi le premier de l'UE à utiliser le vaccin russe Spoutnik V.

Budapest, souvent en conflit avec la Commission européenne, a critiqué à plusieurs reprises le processus de validation et d'achat des vaccins par Bruxelles, trop lent selon le Premier ministre Viktor Orban.

"Chaque jour que nous passerions à attendre Bruxelles, nous perdrions cent vies hongroises", a-t-il déclaré vendredi, alors que L'Agence européenne des médicaments (EMA) annonçait débuter un "examen continu" du vaccin allemand CureVac, premier pas vers une demande d'autorisation formelle de mise sur le marché dans l'UE.

- L'Europe, "vulnérable" -

La campagne de vaccination s'accélère aussi aux Etats-Unis, avec la possibilité désormais pour les Américains de recevoir une dose de vaccin dans les milliers pharmacies du pays, où ils ont l'habitude de se faire vacciner contre la grippe.

Le président américain Joe Biden a annoncé jeudi l'achat de 200 millions de doses supplémentaires de vaccin, qui devraient permettre aux Etats-Unis d'avoir assez de doses d'ici fin juillet pour vacciner la grande majorité de la population.

Les Etats-Unis sont le pays le plus touché par la pandémie tant en nombre de morts que de cas, avec 475.449 décès pour 27.392.803 cas recensés, selon le dernier comptage de l'université Johns Hopkins.

Mais depuis le pic du 8 janvier, les courbes de cas positifs, d'hospitalisations et de décès sont en baisse continue.

La situation est en revanche plus fragile en Europe, continent le plus touché par l'épidémie avec 794.520 décès pour 35.214.103 cas, selon les chiffres officiels compilés par l'AFP.

"L'écrasante majorité des pays européens reste vulnérable", a estimé Hans Kluge, le directeur Europe de l'OMS, pour qui "à l'heure actuelle, la frontière est mince entre l'espoir" suscité par les vaccins et "un faux sentiment de sécurité".

Car la question des variants du coronavirus vient bousculer l'optimisme né de la mise au point de vaccins, et entraîne de nouvelles restrictions.

L'Allemagne, qui a prolongé jusqu'au 7 mars la plupart des restrictions en place, a décidé jeudi de fermer sa frontière avec la République tchèque et le Tyrol autrichien.

Vendredi, la région de la Sarre a annoncé ne pas exclure le rétablissement de contrôles aux frontières avec la France et le Luxembourg.

Le gouvernement tchèque a annoncé jeudi isoler trois cantons, dont deux à la frontière avec l'Allemagne en raison de la prévalence du variant britannique du coronavirus.

La Grèce a durci jeudi son confinement national, et l'Irlande étend le sien jusqu'à début avril, sans doute jusqu'à Pâques.

L'UE, qui a franchi mardi le seuil symbolique des 500.000 décès, a vu toutefois la tendance s'améliorer depuis quelques jours, avec des contaminations et des décès quotidiens en légère baisse.

Mais rares sont les pays enclins à relâcher la pression.

- Retour à la quasi-normalité en Islande -

La Pologne rouvre toutefois vendredi ses théâtres, hôtels et piscines, après la réouverture lundi des musées, bibliothèques, galeries d'art et centres commerciaux.

Proche du zéro cas, l'Islande retrouve elle une vie quasi normale, levant cette semaine une nouvelle série de restrictions sur les bars, piscines, salles de sport, et en concentrant désormais ses efforts dans les contrôles aux frontières.

"Je me sens privilégié", témoigne Gunnar Gudjónsson, un opticien de 72 ans attablé après le travail avec un ami au Kaldi, un bar dans le centre-ville de Reykjavik.

Au Royaume-Uni, la paralysie de l'activité due à la pandémie a eu un coût énorme sur l'économie qui s'est contractée au rythme record de 9,9% en 2020. Avec peu d'espoir d'amélioration en ce début d'année.

"Nous voyons que le confinement actuel", qui s'est poursuivi en janvier et février avec en plus la fermeture des écoles, "continue à avoir un impact important sur beaucoup de gens et d'entreprises", a reconnu le Chancelier de l'Echiquier Rishi Sunak, dont le pays assure la présidence du G7, qui se réunit vendredi pour un sommet virtuel tourné vers "la situation sanitaire" et "la situation des pays à faible revenus".

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