Valérie Pécresse, la République en étendard avant, peut-être, 2022

Publié le à Paris (AFP)

Valérie Pécresse, réélue dimanche à la tête de l'Ile-de-France, est une "bosseuse" issue de la droite sociale et libérale qui s'est saisie des valeurs républicaines et pourrait représenter son camp à la présidentielle de 2022.

Avec entre 44,1 et 45,5% des voix, l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy a été confortablement réélue face à une liste d'union de la gauche qu'elle a sans relâche accusée, entre les deux tours, d'avoir "perdu sa boussole républicaine".

"Les Franciliens ont reconnu en moi une femme d'ordre, libre et fière de servir sa région et son pays. Ce soir une équipe de France de la droite et du centre a émergé dans les régions", a-t-elle affirmé après sa victoire.

Capitalisant sur son bilan, l'ancienne députée des Yvelines a aussi su communiquer sur ses initiatives (masques, tests...) en période de crise et sur son action (gel du prix du pass Navigo, ordinateurs dans les lycées...) -- au risque, parfois, de se faire recadrer par l'opposition qui dénonce une "esbroufe" lorsqu'elle annonce des dispositifs "qui existent déjà".

"Valérie Pécresse se vit comme la cheffe de la région, alors que c'est la cheffe du conseil régional. Ca la rend dingue de ne pas avoir plus de compétences", assure un député LREM francilien.

Sa victoire de dimanche pourrait ouvrir de nouveaux horizons à celle qui a succédé à Jean-Paul Huchon (PS) en 2015, la mettant en orbite présidentielle -- même si, officiellement, l'échéance de 2022 n'est pas officiellement sur son radar.

"Nous avons une grande responsabilité et j'y prendrai toute ma part. Plus que jamais je veux continuer et amplifier mon combat pour mes convictions et pour les valeurs de la République", a-t-elle affirmé dimanche.

Sa candidature "serait l'incarnation d'une forme de renouvellement de la vie politique", affirme un cadre de LR. Mais deux autres présidents de régions, encore mieux réélus qu'elle dimanche, risquent de se trouver sur sa route: Xavier Bertrand qui est déjà candidat déclaré pour 2022, et Laurent Wauquiez.

- "Un chemin différent" -

Cette ex-bébé Chirac, qui a quitté LR en 2019, avait fait l'objet de spéculations à l'été 2020, certains la voyant déjà à Matignon.

Défendant une droite "ferme sur le régalien, laïque mais aussi écologiste, libérale, pro-entreprise, féministe et sociale", Valérie Pécresse avait pris ses distances avec LR dès 2017 en créant le mouvement Libres! en opposition au président du parti Laurent Wauquiez, jugé trop populiste.

Elle a toutefois durci le ton récemment sur les questions de sécurité, réclamant des polices municipales armées et des peines de prison "exemplaires". "Deux projets de société s'affrontent", répétait-elle inlassablement dans l'entre-deux tours, dramatisant l'enjeu: "est-ce que vous votez contre la République?"

Décrite comme "bosseuse" et "structurée", Valérie Pécresse, née le 14 juillet 1967 à Neuilly-sur-Seine, est une habituée du tableau d'honneur: bac à 16 ans, HEC, Ena... Un parcours d'excellence qui lui a longtemps valu une image sage, à son grand agacement.

"Lors de ma première campagne régionale, le surnom dont mes adversaires de gauche m'avaient affublée, c'était +la blonde+. Ensuite, ça a été +serre-tête et jupe plissée+", racontait en 2019 l'ex-maître des requêtes au Conseil d'Etat.

Recrutée en 1997 comme spécialiste de l'internet par Jacques Chirac, elle devient députée des Yvelines en 2002 puis deux fois ministre (Enseignement supérieur en 2007 et Budget en 2011).

Elevée à Versailles, dans "une famille d'intellos un peu originale", cette férue de Dostoïevski et de Tolstoï décide à 15 ans d'apprendre le russe et part à Yalta, dans un camp des jeunesses communistes. Elle se met ensuite au japonais qu'elle perfectionne à Tokyo, en vendant caméscopes et liqueur.

"J'ai toujours jusqu'ici suivi un chemin différent des autres", dit-elle.

Passionnée de cinéma et de séries, pratiquant la boxe, cette mère de trois enfants déplore aussi le sexisme qui règne en politique où "si un homme crie, c'est qu'il a du caractère, que c'est un chef. Une femme qui s'emporte, elle perd ses nerfs, c'est une hystérique".

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