Veaux, vaches, moutons... et aspirants à l'Elysée de retour au Sommet de l'élevage

Publié le à Cournon-d'Auvergne (France) (AFP)

Après un rendez-vous manqué l'an dernier pour cause de pandémie, l'Auvergne accueille à compter de mardi le Sommet de l'élevage, carrefour des éleveurs, des acheteurs de l'élite du cheptel français et des candidats à la présidentielle.

Ce grand rassemblement professionnel, l'un des plus importants du genre en Europe, a lieu pendant quatre jours près de Clermont-Ferrand.

Le sommet fait souvent office de tour de chauffe pour les prétendants à l'Elysée, avant le passage rituel au salon international de l'agriculture, qui aura lieu du 26 février au 6 mars à Paris, le mois précédant l'élection.

A droite, trois prétendants devraient faire le voyage : Xavier Bertrand mercredi, Michel Barnier jeudi et Valérie Pécresse vendredi.

Sont aussi attendus mercredi le communiste Fabien Roussel et jeudi la socialiste Anne Hidalgo, le même jour que la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen.

Le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie, de son côté, inaugurera le Sommet mardi.

"Il vient dans un contexte favorable", estime le commissaire général du Sommet Fabrice Berthon, l'été pluvieux ayant permis aux éleveurs, après trois années de sécheresse, de faire des stocks de fourrage.

"Les cours du lait et de la viande sont meilleurs que l'an dernier, donc le contexte économique et syndical est plutôt détendu", poursuit M. Berthon.

- "Pas d'alternatives" à l'élevage -

L'événement catalyse souvent la colère des éleveurs - producteurs de viande bovine ou de lait de montagne - qui peinent à obtenir des prix rémunérateurs.

Ils redoutent également que des accords de libre-échange ouvrent les portes de l'Europe à de la viande à bas prix, produite avec des standards environnementaux et sanitaires en-deçà de ceux auxquels ils sont soumis.

Lors du dernier sommet, en 2019, les éleveurs avaient expulsé manu militari deux députés LREM pour avoir voté en faveur du Ceta, le traité UE-Canada, partiellement appliqué à titre provisoire.

Le gouvernement français les a en revanche rassurés sur le front de l'accord négocié avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay). Il n'en veut pas en l'état. Et promet de batailler pour exiger des produits agricoles importés qu'ils respectent les normes européennes.

"On attend un signal, qu'on nous dise +Oui on a besoin de l'élevage+" dans ce vaste territoire de prairies, adapté aux ruminants, "où il n'y a pas beaucoup d'alternatives", souligne Christian Bajard, porte-parole des éleveurs de races à viande du Grand Massif central réunis dans le BRAV.

Et "qu'on arrête de dire que c'est un problème de manger de la viande", ajoute-t-il. L'éleveur de vaches charolaises n'oublie pas que des manifestants anti-élevage s'invitent parfois à la manifestation.

Plus de 1.500 exposants sont annoncés et surtout 2.000 animaux appartenant à l'aristocratie génétique du troupeau français: vaches à viande, vaches laitières, ovins et chevaux.

Soucieux de la dimension internationale de la manifestation, les organisateurs mettent en avant la présence de 322 sociétés étrangères en provenance de 32 pays.

"Nous sommes un des rares salons en France à faire le plein" d'exposants, se félicite le commissaire général du Sommet.

Pour ce qui est du nombre de visiteurs, "c'est un peu plus flou", est-il reconnu dans un communiqué de presse. L'événement accueille d'ordinaire plus de 90.000 visiteurs chaque année.

Les organisateurs comptent aussi sur la venue de personnalités étrangères : l'ancien président du Nigeria, Olusegun Obasanjo (1999-2007), ainsi que des ministres chargés de portefeuilles agricoles en Irak, Bulgarie, Roumanie, Mongolie, au Burkina Faso et au Soudan.

Ils ajoutent qu'"en l'absence de pays à l'honneur cette année au Sommet, le Nigeria sera sans aucun doute l'un des pays les plus représentés sur le salon et assurément le premier pour les pays hors UE".

D'abord maintenu en 2020, le sommet avait finalement été annulé à peine un mois avant son ouverture en raison de la crise sanitaire.

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