Venezuela: l'opposition défie Maduro dans la rue pour les 20 ans de la révolution

Publié le à Caracas (AFP)

L'opposition vénézuélienne, dirigée par le président autoproclamé Juan Guaido, défie samedi dans la rue le chef de l'Etat Nicolas Maduro pour exiger qu'il abandonne le pouvoir, à l'occasion du très symbolique 20e anniversaire de la révolution bolivarienne du défunt Hugo Chavez.

Les deux camps doivent défiler à partir de 10H00 locales (14H00 GMT) en deux lieux distincts de Caracas. Au Venezuela, pays pétrolier qui fut le plus riche d'Amérique latine, deux hommes se disputent le pouvoir: Nicolas Maduro, qui n'est pas reconnu par une partie de la communauté internationale, et l'opposant Juan Guaido, soutenu par les Etats-Unis, la plupart des Etats latinoaméricains et certains pays européens.

Quelques heures avant le début de ces manifestations, un général de division de l'Armée de l'Air a annoncé faire allégeance à Guaido, alors que Maduro compte sur le soutien déterminant des forces armées pour se maintenir au pouvoir.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, où il apparaît en uniforme, le général Francisco Yanez rejette "l'autorité dictatoriale" de Nicolas Maduro et "reconnaît le député Juan Guaido comme président".

Se présentant comme directeur de la planification stratégique de l'Armée de l'Air, il est le premier militaire de ce rang à se rallier publiquement à Guaido. Jusqu'ici, seul un colonel, attaché de défense aux Etats-Unis, avait franchi le pas.

- Ultimatum -

La manifestation de l'opposition devant la représentation de l'UE au Venezuela veut envoyer "un message à l'Union européenne" pour remercier "tous ces pays qui, très bientôt, vont nous reconnaître", a déclaré Juan Guaido, 35 ans, qui préside le Parlement, seule institution contrôlée par l'opposition. Celle-ci juge son second mandat, entamé le 10 janvier, illégitime car issu d'élections frauduleuses.

Le choix de défiler samedi n'est pas anodin: c'est le jour anniversaire des 20 ans de la "révolution bolivarienne", du nom du héros de l'indépendance Simon Bolivar, qui marque l'investiture, le 2 février 1999, du président socialiste Hugo Chavez, décédé en 2013 et dont se réclame Nicolas Maduro.

Alors que le Parlement européen a appelé jeudi, en reconnaissant l'autorité de M. Guaido, tous les pays de l'UE à faire de même, six d'entre eux (Espagne, France, Allemagne, Royaume-Uni, Portugal, Pays-Bas) ont donné à Nicolas Maduro jusqu'à dimanche pour convoquer des élections, faute de quoi ils reconnaîtront Juan Guaido comme président.

Soutenu par la Russie, la Chine, la Corée du Nord, la Turquie ou encore Cuba, M. Maduro, 56 ans, rejette l'ultimatum européen et accuse les Etats-Unis d'orchestrer un coup d'Etat.

Dans une main tendue à la Chine, Juan Guaido a assuré samedi dans le South China Morning Post qu'il honorerait, une fois au pouvoir, les accords conclus entre Pékin et son pays et qu'il souhaitait entamer "dès que possible" le dialogue avec la Chine.

Soucieux manifestement de maintenir les contacts avec les différentes parties, le ministère chinois des Affaires étrangères a souligné vendredi que Pékin et Caracas "coopèrent de façon pragmatique depuis longtemps. Indépendamment de l'évolution de la situation, rien de tout cela ne sera affecté".

"La rue et encore la rue pour défendre la patrie et la révolution", a lancé le dirigeant socialiste à ses partisans qui se réuniront sur la place Bolivar, au coeur de Caracas et à 10 km du rassemblement adverse.

La tension grimpe à chaque appel à manifester au Venezuela. Une quarantaine de personnes ont été tuées et plus de 850 arrêtées selon l'ONU depuis le début des mobilisations le 21 janvier.

Le Venezuela, pays aux énormes ressources pétrolières, a sombré économiquement et ses habitants souffrent de graves pénuries de nourriture et de médicaments, ainsi que d'une inflation galopante (10.000.000% en 2019 selon le FMI). Depuis 2015, quelque 2,3 millions de Vénézuéliens ont quitté le pays.

- "Un autre air" -

Lenis Carrillo, 43 ans, dit "respirer un autre air" avec Guaido. "On doit continuer jusqu'à ce que la dictature s'en aille car les gens sont en train de mourir de faim".

Wilker Paredes, un étudiant en musique de 23 ans qui se prépare à rejoindre le rassemblement de l'opposition, veut lui aussi "montrer son opposition à cette dictature".

Maduro compte encore des soutiens. "Le gouvernement m'a donné l'opportunité d'avoir une maison. Je n'ai jamais aimé la droite car elle n'aime pas les gens humbles. On croit encore à la révolution", déclare à l'AFP Rodolfo Pariata, 47 ans.

En déplacement à Miami vendredi, le vice-président américain Mike Pence a maintenu la pression sur le gouvernement de Maduro : "Il est temps de mettre fin à la dictature de Maduro une bonne fois pour toutes". "Les Etats-Unis continueront à exercer une pression diplomatique et économique pour aboutir à une transition pacifique vers la démocratie".

Juan Guaido a prévenu vendredi qu'il n'était prêt à des négociations que si le départ de Nicolas Maduro était dans la balance.

"Nous serons intéressés par une négociation" dans le seul but de définir "les termes de la fin de l'usurpation, ce qui permettra de transférer le pouvoir (...) et de lancer un processus de transition aboutissant à des élections libres", a-t-il écrit dans un courrier adressé aux présidents de gauche du Mexique, Andres Manuel Lopez Obrador, et d'Uruguay, Tabaré Vazquez.

Ces deux pays ont annoncé mercredi la tenue d'une conférence des pays neutres vis-à-vis de la crise au Venezuela, le 7 février à Montevideo.

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