Viol dans un lycée: début de la collecte massive d'ADN à La Rochelle

Publié le à La Rochelle (AFP)

Les prélèvements ADN ont débuté lundi au lycée privé Fénelon-Notre Dame de La Rochelle où 527 hommes, mineurs et majeurs, sont appelés à se soumettre à cette opération inédite en milieu scolaire, la justice espérant identifier l'auteur du viol d'une lycéenne, le 30 septembre 2013 dans l'établissement.

La collecte, qui doit durer jusqu'à mercredi, a débuté vers 08H00 dans deux salles d'études de ce lycée catholique du centre-ville où 1.300 élèves sont scolarisés, a confirmé à une correspondante de l'AFP Isabelle Pagenelle, procureur de la République. La magistrate a également annoncé la tenue d'un point-presse à 14H30, au Palais de justice.

L'affaire, dévoilée le 11 avril, connaît une importante résonance médiatique mais, lundi matin, devant les portes du lycée, l'atmosphère ne semblait guère différente d'un autre lundi - à l'exception des nombreux journalistes massés près de l'entrée - et la perspective des prélèvements, effectués par des policiers en civil, ne paraissait pas émouvoir outre mesure les élèves, qui n'ont pas hésité à répondre aux questions des médias.

"A 08H00, on a été dans la salle d'études, on nous a expliqué comment ça allait se passer et puis ils nous ont appelés par ordre alphabétique (...) Ils nous ont fait signer des papiers (...) Tout le monde a accepté pour le moment, à part ceux qui n'avaient pas leurs papiers", explique Mathis, 17 ans, élève de seconde, interrogé à l'interclasse par des journalistes.

Seize policiers, "équipés de gants et de masques", procèdent aux prélèvements, a précisé à une correspondante de l'AFP Allan, 16 ans: "Les élèves rentrent huit par huit , font les tests et ressortent (...) Les policiers nous donnent une +sucette+", en réalité un bâtonnet en mousse qui sert aux prélèvements et est ensuite scellé dans une enveloppe spéciale, a ajouté cet élève de seconde.

Lucas, 17 ans, insiste: "Tout le monde participe sans trop de problème parce qu'on est solidaires avec la jeune fille violée et on veut tous trouver le responsable".

Une première dans une enceinte scolaire

Le crime s'est produit le 30 septembre dernier, dans les toilettes de l'établissement. Une lycéenne de 16 ans a été agressée par un inconnu alors que les lumières étaient éteintes. Des circonstances qui ont empêché la jeune fille de fournir à la police rochelaise, en charge de l'enquête préliminaire, des éléments précis sur son agresseur. Sept mois plus tard, ce dernier reste introuvable, en dépit d'une trace d'ADN masculin, inconnue, relevée sur les vêtements de la victime.

L'affaire, jusqu'alors tenue secrète, avait été révélée vendredi lors d'une conférence de presse au sein de l'établissement. Un point qui fait tiquer Margaux, 16 ans: "Je ne sais pas pourquoi ça a mis autant de temps, je trouve pas ça normal. Ca fait sept mois que le violeur est peut-être dans le lycée".

Les investigations demeurant infructueuses, la justice s'est donc résolue à ces prélèvement d'ampleur, une première dans une enceinte scolaire. Les enquêteurs ont minutieusement recensé les personnes présentes dans l'établissement au moment des faits. 527, au total, ont reçu une convocation pour cette collecte: 475 lycéens, 31 enseignants et 21 autres personnes (personnel technique ou extérieur au lycée).

Pour les mineurs, le consentement du jeune et de ses parents est nécessaire et le refus de se soumettre aux prélèvements est possible. Mais il pourrait alors devenir un suspect et être placé en garde à vue, accompagnée de perquisitions, a toutefois prévenu le procureur de la République.

"Se soumettre aux tests, c'est totalement s'innocenter", a insisté sur RTL le maire divers gauche de La Rochelle, Jean-François Fountaine, qui a évoqué un climat "relativement non-stressé" dans l'établissement.

Les prélèvements seront ensuite expédiés à deux laboratoires, l'un à Lyon, l'autre à Nantes. Il faudra notamment comparer chacun des 527 profils génétiques à celui retrouvé sur la jeune fille. Les résultats devraient être connus d'ici un mois. Les analyses négatives seront détruites.

L'acide désoxyribonucléique (ADN) est une molécule présente dans toutes les cellules vivantes et elle est le support de l'information génétique héréditaire (génotype), constituant le génome des êtres vivants.

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