Virus: 150 millions de cas dans le monde, alimentés par l'Inde submergée par l'épidémie

Publié le à New Delhi (AFP)

Plus de 150 millions de cas de Covid-19 ont été recensés dans le monde, l'Inde et le Brésil se trouvant aujourd'hui en première ligne dans l'épidémie que l'Europe entend laisser derrière elle d'ici l'été.

Mais si nombre de pays européens, comme la France ou le Portugal, commencent à planifier leur retour à la "vie d'avant", d'autres renforcent au contraire leurs restrictions. Un confinement total de la population entre ainsi en vigueur vendredi en Turquie, confrontée à un regain de l'épidémie.

Plus de 150 millions de personnes ont été contaminées, dont près de 6 millions en une semaine, selon un comptage de l'AFP à partir de bilans officiels vendredi. Cette flambée est notamment due à l'Inde, où 2,5 millions de cas ont été détectés ces sept derniers jours.

Loin de décélérer dans le monde, l'épidémie provoque 821.000 nouvelles contaminations par jour, un nombre qui a plus que doublé depuis la mi-février où l'on en comptait 350.000 par jour.

Alors que ses hôpitaux submergés manquent de lits, de médicaments et d'oxygène, l'Inde a déclaré vendredi un nouveau record mondial de 385.000 nouvelles contaminations ces dernières 24 heures et près de 3.500 décès.

L'aide internationale annoncée a commencé à arriver dans le géant asiatique d'1,3 milliard d'habitants. Un avion militaire américain, transportant plus de 400 bouteilles d'oxygène, de l'équipement pour les hôpitaux ainsi qu'un million de tests de dépistage du coronavirus, a atterri vendredi à New Delhi.

Plus de 40 pays se sont engagés à lui envoyer une aide médicale vitale et des approvisionnements en provenance de nombreux pays sont attendus ces prochains jours.

De l'Afrique à l'Australie, la diaspora indienne dans le monde, se mobilise pour acheminer des équipement et tenter de faire soigner ses proches.

"J'ai perdu trois membres de mon entourage...", regrette Yadu Singh, cardiologue à Sydney en Australie "Je ne peux pas soigner les gens en étant assis en Australie", regrette le médecin, "sans les voir, je ne peux que les guider, les assister, leur donner de l'espoir."

- Baisser la garde -

Face à un autre variant local, plus contagieux et plus sévère, le seuil des 400.000 morts du coronavirus a été franchi jeudi au Brésil, où la vaccination n'a toujours pas décollé.

Vendredi, une manifestation est prévue sur la plage de Copacabana à Rio de Janeiro pour dénoncer la gestion de la situation sanitaire par le gouvernement du président Jair Bolsonaro, déjà l'objet d'une enquête parlementaire ouverte mardi.

Pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce n'est donc pas le moment de baisser la garde alors que plusieurs pays en Europe annoncent un assouplissement des mesures de restrictions. "La situation en Inde peut se produire n'importe où", a averti jeudi l'OMS.

Le Portugal a pourtant annoncé jeudi soir la réouverture samedi de sa frontière avec l'Espagne. Le même jour, il entrera, 48 heures plus tôt que prévu, dans la quatrième et dernière phase de son déconfinement entamé à la mi-mars.

L'ensemble des activités sportives en extérieur et en salles de sport seront de nouveau autorisées. Cafés et restaurants, commerces et espaces culturels verront leurs horaires élargis. Et un concert-test avec 400 spectateurs sera organisé à Braga, dans le nord du Portugal ce weekend.

En France, le président Emmanuel Macron a dévoilé jeudi les contours d'un déconfinement "en quatre étapes", du 3 mai à la fin juin.

Quelques heures plus tard, le gouvernement annonçait le premier cas en France métropolitaine de variant indien, le B.1.617, détecté dans le sud-ouest sur "un patient revenu d'Inde", selon les autorités. Deux autres cas ont ensuite été signalés dans la région de Marseille (sud).

Le retour des terrasses des bars et restaurants, avec six personnes par table maximum, est prévu pour le 19 mai en France. Les commerces pourront aussi rouvrir à cette date, avec des jauges et protocoles adaptés, de même que les musées, cinémas et théâtres - dans la limite de 800 personnes en intérieur et 1.000 en extérieur.

- Culture retrouvée -

"La France retrouve sa culture!", s'est réjoui le délégué général de la Fédération nationale des cinémas français, Marc-Olivier Sebbag.

La France va élargir la vaccination "à partir de samedi" à tous les Français majeurs "fragiles": personnes obèses, souffrant d'hypertension, de diabète, d'insuffisance rénale ou cardiaque.

L'Allemagne, de son côté, a administré mercredi 1,1 million de doses de vaccins contre le Covid-19, un record national, devenant le premier pays européen à dépasser le million d'injections en 24h.

En Grande-Bretagne, où la vaccination est bien avancée, la ville d'Edimbourg a prévu vendredi de rouvrir ses monuments historiques et en Bulgarie, ce sont les discothèques qui vont rouvrir ce week-end à 50% de leur capacité.

Aux Etats-Unis, après des mois d'extrême prudence face à une deuxième vague de Covid-19, la ville de New York prévoit de "rouvrir complètement" le 1er juillet, a déclaré jeudi son maire Bill de Blasio.

Les parcs californiens de Disneyland rouvrent vendredi.

Les gouvernements occidentaux espèrent relancer ainsi leur économie durement touchées par l'épidémie: les restrictions sanitaires ont fait reculer le PIB au premier trimestre de 1,7% en Allemagne, 0,4% en Italie, 3,3% au Portugal.

En revanche, les résultats des laboratoires producteurs de vaccins s'annoncent florissants: le suédo-britannique Astra-Zeneca a annoncé que les ventes de son vaccin avait représenté un chiffre d'affaires de 275 millions de dollars au premier trimestre. Son bénéfice net a doublé sur un an au premier trimestre, à 1,56 milliard de dollars.

Dans la course mondiale aux vaccins, le laboratoire américain Moderna a annoncé jeudi son intention d'investir dans ses chaînes de fabrication pour produire jusqu'à trois milliards de doses de son sérum contre le Covid-19 et espère fournir entre 800 millions et un milliard de doses cette année.

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