Virus: 150 millions de cas dans le monde, l'Inde submergée par l'épidémie

Publié le à New Delhi (AFP)

Plus de 150 millions de cas de Covid-19 ont été recensés dans le monde, l'Inde et le Brésil se trouvant aujourd'hui en première ligne dans l'épidémie que l'Europe entend de son côté laisser derrière elle d'ici l'été.

Alors que les campagnes de vaccination accélèrent en Europe, nombre de pays du continent, comme la France ou le Portugal, assouplissent les restrictions, espérant relancer leurs économies durement touchées: les mesures sanitaires ont fait reculer le PIB au premier trimestre de 1,7% en Allemagne, 0,4% en Italie, 0,5% en Espagne, 3,3% au Portugal. Dans l'ensemble l'économie de la zone euro se contracte de 0,6%.

Plus de 150 millions de personnes ont été contaminées, dont près de 6 millions en une semaine, selon un comptage de l'AFP à partir de bilans officiels vendredi. Cette flambée est notamment due à l'Inde, où 2,5 millions de cas ont été détectés ces sept derniers jours.

Loin de décélérer dans le monde, l'épidémie provoque 821.000 nouvelles contaminations par jour, un nombre qui a plus que doublé depuis la mi-février où l'on en comptait 350.000 par jour.

Alors que ses hôpitaux submergés manquent de lits, de médicaments et d'oxygène, l'Inde a déclaré vendredi un nouveau record mondial de 385.000 nouvelles contaminations ces dernières 24 heures, et près de 3.500 décès.

L'aide internationale annoncée a commencé à arriver dans le pays d'1,3 milliard d'habitants. Un avion militaire américain, transportant plus de 400 bouteilles d'oxygène, de l'équipement pour les hôpitaux ainsi qu'un million de tests de dépistage du coronavirus, a atterri vendredi à New Delhi.

Plus de 40 pays se sont engagés à lui envoyer une aide médicale vitale et des approvisionnements en provenance de nombreux pays sont attendus ces prochains jours.

De l'Afrique à l'Australie, la diaspora indienne dans le monde se mobilise pour acheminer des équipement et tenter de faire soigner ses proches.

"J'ai perdu trois membres de mon entourage...", regrette Yadu Singh, cardiologue à Sydney en Australie "Je ne peux pas soigner les gens en étant assis en Australie", regrette le médecin, "sans les voir, je ne peux que les guider, les assister, leur donner de l'espoir."

Le gouvernement indien ouvre la campagne de vaccination samedi à tous les majeurs, soit quelque 600 millions de personnes, mais plusieurs Etats ne disposent pas de stocks suffisants.

- Baisser la garde -

Face à un autre variant local, plus contagieux et plus sévère, le seuil des 400.000 morts du coronavirus a été franchi jeudi au Brésil, où la vaccination n'a toujours pas décollé.

Vendredi, des militants de l'ONG Rio de Paz ont procédé à des enterrements symboliques sur la plage de Copacabana à Rio de Janeiro pour dénoncer la gestion de la situation sanitaire par le gouvernement du président Jair Bolsonaroi.

Pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce n'est donc pas le moment de baisser la garde: "La situation en Inde peut se produire n'importe où", a-t-elle averti jeudi, mettant en garde contre l'assouplissement des mesures sanitaires.

Le Portugal a pourtant décidé de rouvrir samedi sa frontière avec l'Espagne et de commencer ce jour-là, 48 heures plus tôt que prévu, la quatrième et dernière phase de son déconfinement entamé à la mi-mars.

L'ensemble des activités sportives en extérieur et en salles de sport seront autorisées. Et un concert-test avec 400 spectateurs sera organisé à Braga, dans le nord du Portugal ce weekend.

En France, le président Emmanuel Macron a dévoilé jeudi un déconfinement "en quatre étapes", du 3 mai à la fin juin.

Quelques heures plus tard, le gouvernement annonçait la détention de cas de variant indien en France métropolitaine.

Le retour des terrasses des bars et restaurants est prévu pour le 19 mai en France, comme la réouverture des commerces, musées, cinémas et théâtres, avec des conditions.

- Culture retrouvée -

"La France retrouve sa culture!", s'est réjoui le délégué général de la Fédération nationale des cinémas français, Marc-Olivier Sebbag.

Pressé d'élargir la vaccination à de nouveaux publics, le gouvernement a accepté de vacciner plus largement: à partir de samedi, les 4 millions de majeurs atteints de malades chroniques. A partir du 15 mai, tous les plus de 50 ans, puis à partir du 15 juin tous les adultes.

Grâce à la livraison de nouvelles doses par les groupes pharmaceutiques, les campagnes de vaccination s'accélèrent en Europe: l'Allemagne a administré mercredi 1,1 million de doses de vaccins contre le Covid-19, un record national, devenant le premier pays européen à dépasser le million d'injections en 24h.

L'Italie a atteint jeudi pour la première fois l'objectif d'un demi-million de doses par jour fixé par le gouvernement.

En Grande-Bretagne, où la vaccination est bien avancée, la ville d'Edimbourg rouvre vendredi ses monuments historiques.

En Bulgarie, les discothèques rouvrent leurs portes, malgré une pandémie de Covid-19 meurtrière.

Aux Etats-Unis, la ville de New York prévoit de "rouvrir complètement" le 1er juillet. Les parcs californiens de Disneyland accueillent de nouveau du public vendredi.

A l'inverse, d'autres restent prudents, comme la Turquie, confrontée à un regain de l'épidémie, et où un confinement total de la population entre en vigueur vendredi.

Face à des campagnes de vaccination qui n'en sont qu'à leurs débuts à l'échelle planétaire, les laboratoires préparent déjà l'avenir: l'américain Moderna veut investir dans ses chaînes de fabrication pour produire jusqu'à trois milliards de doses de son sérum contre le Covid-19 et espère fournir entre 800 millions et un milliard de doses cette année.

Le laboratoire allemand BioNTech et son partenaire américain Pfizer ont déposé une demande d'autorisation de leur anti-Covid pour les 12-15 ans, ouvrant la voie à une homologation dès juin.

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