Virus: couvre-feu en Espagne, nouvelles restrictions en Italie

Publié le à Madrid (AFP)

L'Espagne a décrété dimanche un couvre-feu nocturne et l'Italie va fermer cinémas et théâtres ainsi que ses restaurants après 18H00, dans une Europe qui tangue sous l'effet d'une puissante deuxième vague de la pandémie de Covid-19.

Face à une situation sanitaire jugée "extrême", le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a annoncé dimanche l'instauration d’un état d’urgence sanitaire jusqu'au début mai, et d'un couvre-feu dans tout le pays de 23H00 à 6H00, à l'exception des îles Canaries où l'incidence du virus est faible.

Il s'agit du deuxième état d'urgence décrété en Espagne, après celui instauré en mars pour contrer la première vague de la pandémie et qui avait duré jusqu'en juin.

Le pays a franchi cette semaine le cap du million de cas de Covid-19 et fait face à une recrudescence en apparence incontrôlable de la pandémie. Le nombre de décès est proche des 35.000.

Certaines régions avaient pris les devants avec des restrictions locales, comme Madrid, la Castille-et-Leon (nord), la région de Valence (est) et la ville de Grenade (sud).

- restrictions en Italie -

Le couvre-feu a déjà été instauré dans plusieurs pays européens. En Italie, trois régions l'ont adopté ces derniers jours, celles de Rome (Latium), Milan (Lombardie) et Naples (Campanie). Au moins deux autres, le Piémont et la Sicile, leur emboiteront le pas dans la semaine.

Car la pandémie ne faiblit pas dans le premier pays européen à avoir été durement touché au printemps. Après un record de contaminations annoncé samedi -- 20.000 nouveaux cas en 24 heures, pour un total de plus de 500.000 cas et 37.000 décès -- le gouvernement a dû serrer à nouveau la vis.

Cinémas, théâtres, salles de gym et piscines vont fermer dès lundi et jusqu'au 24 novembre. Les bars et les restaurants devront cesser de servir après 18H00, et 75% des classes dans les lycées et universités se tiendront en ligne.

"L'objectif est clair: garder la courbe de contagion sous contrôle, car c'est le seul moyen de pouvoir gérer la pandémie sans être submergés", a expliqué dimanche le Premier ministre Giuseppe Conte.

Des mesures néanmoins pas toujours bien acceptées. Dans la nuit de samedi à dimanche, des dizaines de manifestants d'extrême droite protestant contre le couvre-feu ont affronté des policiers anti-émeute dans le centre historique de Rome.

"Cela va nous détruire", a réagi Augusto d'Alfonsi, propriétaire d'un restaurant familial de poisson, le Torricella, à Rome. "Nous avons déjà perdu 50% de notre clientèle cette année. Sans aide gouvernementale, nous sommes finis", assure-t-il à l'AFP.

- Reliquaire sous plastique -

En Belgique, les autorités bruxelloises ont décidé d'avancer à 22H00 le couvre-feu imposé dans le pays. Les magasins fermeront à 20H00 et les activités culturelles et sportives seront interdites à compter de lundi.

En France, les députés ont voté samedi la prolongation jusqu'au 16 février de l'état d'urgence sanitaire, un régime d'exception qui autorise à mettre en place des restrictions.

Le couvre-feu (21H00 à 06H00), qui concernait d'abord 20 millions de personnes, s'étend désormais à 46 millions, et ce pour six semaines.

Sur l'ensemble du continent européen, le nombre des contaminations s'approche des 8,7 millions et plus de 261.000 personnes sont mortes de cette maladie. Dont quelque 10.003 en Allemagne, jusqu'ici relativement épargnée mais désormais frappée de plein fouet. Francfort a ainsi renoncé à son traditionnel marché de Noël.

En Suisse, les Hôpitaux universitaires de Genève ont lancé un appel aux étudiants en médecine et au personnel médical récemment retraité pour qu'ils viennent aider à soigner les cas de Covid-19, dont ils redoutent qu'ils soient "beaucoup plus nombreux" qu'au printemps.

Plusieurs pays de l'Est, où la situation se dégrade également, ont imposé samedi de nouvelles mesures. Tout le territoire de la Pologne est passé en "zone rouge", synonyme de nombreuses restrictions.

En Slovaquie, un couvre-feu nocturne est entré en vigueur samedi, jusqu'au 1er novembre. Et en République tchèque, où les taux de contamination et de décès sont les pires d'Europe sur les deux dernières semaines, un confinement partiel s'applique jusqu'au 3 novembre.

En Bulgarie, le Premier ministre Boïko Borissov a annoncé dimanche avoir été testé positif au nouveau coronavirus, en pleine résurgence de la pandémie.

A Bucarest, des précautions strictes ont été prises pour encadrer une grande fête orthodoxe célébrant saint Démétrios, le patron de la capitale roumaine. Prêtres et volontaires offrent du gel hydroalcoolique aux croyants munis de masques. Le reliquaire doré a été placé dans un présentoir en plastique transparent, régulièrement désinfecté.

La pandémie a fait au moins 1.151.077 morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles dimanche à 11H00 GMT.

Les pays qui ont enregistré le plus de nouveaux décès dans leurs derniers bilans sont les États-Unis avec 906 nouveaux morts, l'Inde (578) et le Brésil (432). Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 224.906 décès pour 8.578.063 cas recensés, selon le comptage de l'université Johns Hopkins

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