Virus: hôteliers et restaurateurs reçus par l'Elysée pour sauver leur secteur sinistré

Publié le à Paris (AFP)

En grandes difficultés, restaurateurs et hôteliers s'entretiennent vendredi avec Emmanuel Macron dans l'espoir de mesures de soutien voire d'une réouverture après le confinement, un "après" où la question des masques reste centrale.

Le gouvernement a promis un plan d'aide spécifique aux entreprises du secteur, très sévèrement touchées par les mesures de restriction et qui ne pourront pas rouvrir en mai lors du déconfinement.

Les attentes de la filière, qui emploie un million de salariés, sont fortes: les acteurs du tourisme et de la restauration espèrent notamment l'exemption du paiement des taxes et impôts locaux en 2020, l'annulation des loyers pour six mois, la prolongation des mesures en faveur du chômage partiel des salariés et la prise en charge, au moins partielle, des pertes d'exploitation.

"Ce virus n'aime pas l'art de vivre à la française (…) parce qu'il se propage essentiellement par contact humain", a estimé le Président.

Durant la réunion, il faut qu'on discute de savoir "comment on accompagne la réouverture", "comment on construit le plan de relance de vos activités. Il faut qu'on prépare bien la reprise".

"Cette période est aussi une opportunité pour l'ensemble du secteur pour réussir les transformations qu'on n'avait pas toujours réussi à faire à temps", a-t-il détaillé au début de cette réunion à laquelle participent plusieurs chefs.

L'enjeu est de "maintenir en survie tous les établissements, de la crêperie aux 3 étoiles", a déclaré l'un d'eux à l'AFP, Philippe Etchebest. "Avant de penser à la réouverture, pensons à sauver les entreprises qui sont sous perfusion, c’est la priorité", selon lui.

- "Distribution de masques" -

A moins de trois semaines de la date fatidique du déconfinement, le 11 mai, Emmanuel Macron a annoncé que le cadre du déconfinement serait "adapté aux territoires", avec l'appui des élus locaux.

L'exécutif poursuit ses consultations avec ces derniers: après les régions jeudi, le Premier ministre Edouard Philippe s'entretient vendredi par visioconférence avec les représentants des départements.

Trois points figurent à l'ordre du jour, selon l'Association des départements de France (ADF): "la gestion de crise par les départements", les sujets financiers - notamment liés à la perte de recettes fiscales et l'augmentation parallèle des aides sociales à la charge des départements - et "la préparation du déconfinement" avec le sujet de la reprise dans les collèges.

Sur ce point, la rentrée du 11 mai se fera sur la base du volontariat des parents, a avancé l'Elysée, et priorité sera sans doute donnée aux "plus jeunes, ceux qui ne sont pas autonomes", ainsi qu'aux enfants "les plus en difficulté".

Alors que la question des masques est sur toutes les lèvres, le ministre de la Santé Olivier Véran a estimé que c'était "très compliqué" d'en faire porter aux enfants et précisé qu'il n'y avait "aucune recommandation scientifique" en ce sens.

Pour le reste de la population, "la distribution doit être large et toucher tout le monde". "On n'est pas un pays qui porte des masques comme la Corée (...) on va devoir l'apprendre", a-t-il ajouté.

De premières distributions de masques grand public sont prévues à partir du 4 mai, a affirmé la secrétaire d'Etat à l'Economie Agnès Pannier-Runacher dans un entretien aux Echos vendredi.

A Toulouse, Nice et Paris, des sociologues se penchent sur son usage, tandis que dans les transports, le masque est jugé "indispensable" pour le déconfinement par le PDG de l'opérateur de transports Transdev.

Toujours côté transports, la présidente de la RATP vise de faire fonctionner 70% du réseau de transports en commun parisien à partir du 11 mai, contre 30% actuellement.

Sur le front sanitaire, le bilan humain reste élevé avec 21.856 morts en France jeudi soir, 516 de plus en 24 heures: 13.547 personnes sont décédées dans les hôpitaux et 8.309 dans les Ehpad et autres établissements médico-sociaux.

Le nombre de patients en réanimation poursuit toutefois sa décrue, continue depuis quinze jours.

Pour autant, "le risque de reprise épidémique existe, il faut nous y préparer", a insisté le Pr Salomon devant la mission d'information de l'Assemblée nationale sur le Covid-19.

Après l'annonce ces derniers jours d'un éventuel effet protecteur de la nicotine contre le Covid-19, le gouvernement a décidé de limiter la vente en pharmacie des substituts nicotiniques et de suspendre celle par internet, pour éviter une ruée sur ces produits.

- "Ramadan confiné" -

Dans ce cadre inédit du confinement, le mois de jeûne et de prière du ramadan commence vendredi en France, avec des mosquées fermées jusqu'à nouvel ordre et des retrouvailles familiales fortement déconseillées pour ne pas propager le coronavirus.

Les musulmans "s'y sont préparés, en puisant dans leur foi et leurs traditions les moyens de vivre ce moment important tout en restant chez eux", a assuré le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, dans un communiqué.

Sur le plan économique et social, le tableau se noircit de jour en jour. L'Etat a mis sur la table un plan d'aide d'urgence massif de 110 milliards d'euros, définitivement adopté par le Parlement jeudi soir.

Pour aider les plus modestes, touchés de plein fouet par les conséquences de l'épidémie, 39 millions d'euros supplémentaires alloués à l'aide alimentaire ont par ailleurs été débloqués.

Amazon France, qui conteste la limitation de ses livraisons aux seuls produits essentiels, sera fixée vendredi, avec la décision de la cour d'appel de Versailles, attendue en début d'après-midi.

Jugeant impossible de définir précisément les produits autorisés à la livraison, le groupe a préféré fermer ses sites français (10.000 salariés).

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