Virus: l'Allemagne et la France durcissent leurs restrictions

Publié le à Paris (AFP)

Confrontées, comme bien d'autres pays, à une résurgence du Covid-19, la France et l'Allemagne vont durcir leurs restrictions, avec notamment interdiction des grands rassemblements en Allemagne et port du masque obligatoire dans tout Paris.

Un projet d'accord entre régions et gouvernement allemands, obtenu par l'AFP, précise que les autorités vont augmenter les amendes en cas de non-port du masque, renforcer les contrôles pour s'assurer que les périodes de quarantaine sont bien respectées et imposer des amendes si ce n'est pas le cas.

Même si la propagation du virus dans le pays est "actuellement encore nettement plus faible qu'au pic atteint en mars et avril", Berlin pointe le fait que "ces dernières semaines, le nombre d'infections a de nouveau augmenté".

L'Allemagne enregistre environ 1.500 nouveaux cas quotidiennement, au plus haut depuis la fin du mois d'avril. Le record est à 6.000 début avril.

"Les logements collectifs, les événements, les célébrations et la mobilité liée aux vacances sont particulièrement propices à la propagation du virus", selon le projet d'accord, qui rappelle que "cette augmentation des mois d'été est à prendre particulièrement au sérieux".

- Coup dur pour le foot

Ces mesures constituent un coup dur pour les club de football du pays, qui espéraient pouvoir commencer à faire partiellement revenir leurs supporteurs dans les stades avec la nouvelle saison sur le point de démarrer.

Dans la capitale française, il faut désormais sortir masqué partout, alors que l'obligation était pour l'instant limitée à quelques rues, a annoncé jeudi matin le Premier ministre Jean Castex.

Face à une pandémie qui "regagne du terrain", le port du masque pourrait être généralisé dans d'autres grandes agglomérations des 21 départements français désormais placés en zone rouge, a ajouté M. Castex.

Paris avait été la veille ajoutée par la Belgique à sa liste des destinations européennes qui ne sont plus autorisées, à moins de se soumettre au retour à un dépistage du coronavirus et à une période d'isolement.

Cette hausse récente du nombre de personnes infectées n'est pas enregistrée qu'en Europe: au Rwanda, l'un des premiers pays africains à imposer un confinement strict le 22 mars, une augmentation du nombre de cas a conduit le gouvernement à rallonger la durée du couvre-feu et à interdire les déplacements vers et hors de la région occidentale de Rusizi.

"En raison de la hausse du nombre de cas de coronavirus (dans la capitale) Kigali, les transports publics entre Kigali et les autres régions ont aussi été interdits", a indiqué le gouvernement.

En Corée du Sud, l'Assemblée nationale a été fermée jeudi après qu'un photojournaliste qui couvrait mercredi une réunion du Parti démocratique (centre-gauche) au pouvoir a été testé positif.

Dix responsables de ce parti, parmi lesquels son président ainsi que son chef parlementaire se sont placés à l'isolement et vont passer des tests de dépistage.

Aux Etats-Unis, les autorités sanitaires ont changé discrètement leurs directives et découragent maintenant le dépistage au Covid-19 pour les personnes ne présentant pas de symptômes.

Le président Donald Trump a souvent clamé que son pays devrait moins dépister jugeant que les tests donnaient une mauvaise image de la gestion de la pandémie de coronavirus par les Etats-Unis.

Jusqu'ici les personnes ne présentant pas de symptômes du Covid-19 étaient invitées à se faire tester si elles avaient été en contact avec un malade. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Des experts ont réagi avec stupéfaction à la dernière modification.

"Je ne comprends toujours pas le changement dans les directives des CDC", a tweeté la Dr Leana Wen, professeure à l'Université George Washington.

Les Etats-Unis sont le pays le plus endeuillé avec 179.596 morts, et compte plus d'un cinquième des cas dans le monde, à 5,8 millions. Il y a encore eu 1.249 décès au cours des dernières 24 heures, selon le comptage de l'Université John Hopkins.

Suit le Brésil avec 117.665 morts, pour 3,7 millions de cas.

- Pas d'école pour 463 millions d'enfants -

Le bilan mondial des victimes établi par l'AFP à partir de sources officielles s'établit désormais à plus de 820.000 morts depuis fin décembre. Près de 24 millions de cas ont au total été enregistrés.

En Argentine, un record de 10.000 nouveaux cas décelés en 24 heures a été atteint mercredi dans le pays, qui compte près de 8.000 décès.

Selon un rapport de l'Unicef publié mercredi, la pandémie et la fermeture des écoles se sont traduites par l'impossibilité pour au moins un tiers des élèves dans le monde, soit 463 millions d'enfants, de bénéficier d'un enseignement, faute de pouvoir le faire virtuellement.

Pendant ce temps, les études sur le Covid-19 se poursuivent.

L'une d'elles, parue mercredi, arrive à la conclusion que la réponse immunitaire des femmes pourrait être plus forte que celle des hommes, davantage touchés par des formes graves.

Par ailleurs, selon une autre étude du ministère britannique de la Défense, un produit contre les moustiques, dont la substance active provient de l'eucalyptus, s'est révélé efficace pour neutraliser le nouveau coronavirus.

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