Virus: la France attend de nouvelles mesures, l'Europe lutte contre le virus

Publié le à Paris (AFP)

La France est suspendue à une intervention télévisée de son président qui devrait annoncer mercredi soir un nouveau tour de vis contre la pandémie de Covid-19, à l'image de plusieurs autres pays d'Europe qui multiplient les restrictions.

Emmanuel Macron prendra la parole mercredi à 20H00 (18H00 GMT) pour faire part de ses arbitrages face à la troisième vague qui frappe de plein fouet son pays.

La tendance y est inquiétante, avec plus de 5.000 patients en réanimation, au-delà des capacités hospitalières normales et du pic de la deuxième vague de novembre, mettant les hôpitaux sous très forte tension.

Cette allocution présidentielle est annonciatrice de mesures de grande ampleur, après qu'un confinement hybride a été mis en place il y a 13 jours dans plusieurs régions françaises, dont celle de Paris.

Le chef de l'Etat est pressé par de nombreux médecins, mais aussi l'opposition, de mettre en place des dispositifs plus efficaces, voire un confinement strict.

Une fermeture des écoles, pour laquelle la maire de la capitale Anne Hidalgo a plaidé mercredi pour sa ville, est notamment envisagée.

Face à la troisième vague, plusieurs pays en Europe continuent d'annoncer des mesures pour tenter de limiter la propagation du virus, en particulier concernant les voyages.

L'Allemagne va renforcer pour les "huit à 14 prochains jours" les contrôles autour de ses frontières terrestres, notamment avec la France, le Danemark et la Pologne.

L'Italie, dont l'essentiel du territoire est soumis à de sévères restrictions, va imposer un isolement de cinq jours aux voyageurs en provenance de l'UE. Ils devront effectuer un test avant leur départ et un autre à l'issue de leur isolement.

- Premiers vaccins au Yémen -

La pandémie a fait près de 2,8 millions de morts, selon un bilan établi mardi par l'AFP.

Les campagnes de vaccination progressent peu à peu, et l'Allemagne a maintenu son objectif de vacciner sa population adulte contre le Covid-19 "d'ici à la fin de l'été" malgré la limitation de l'usage du vaccin AstraZeneca décidée mardi - il ne doit plus être injecté aux moins de 60 ans - en raison de cas rares de thrombose.

Plus de 565 millions de doses de vaccins contre Covid ont été administrées dans au moins 179 pays ou territoires, selon un comptage réalisé par l'AFP mardi. Mais la répartition des vaccins reste très inégale sur la planète.

Le Yémen, en guerre et où se déroule une catastrophe humanitaire, a reçu un premier lot de 360.000 doses d'AstraZeneca par le biais du mécanisme Covax d'aide aux nations défavorisées, a annoncé mercredi l'agence des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

Cette livraison est intervenue quelques jours après le cri d'alarme lancé par Médecins sans frontières (MSF) concernant la propagation rapide de la maladie dans ce pays, qui enregistre actuellement une centaine de nouveaux cas quotidiens, bien plus qu'au début de la crise.

L'Australie est, quant à elle, très en retard sur ses objectifs de vaccination, a reconnu mercredi le Premier ministre Scott Morrison, attribuant en partie cette déconvenue à des restrictions à l'exportation de vaccins imposées par l'Union européenne.

Seules 670.000 doses y ont été administrées, selon les statistiques officielles, alors que le gouvernement s'était fixé un objectif de quatre millions à la fin mars.

En Argentine, qui connaît une nette augmentation du nombre des cas à l'instar de ses voisins sud-américains, la campagne de vaccination avance également péniblement en raison de retards dans les livraisons.

Environ trois millions des 44 millions d'Argentins ont reçu une première dose de vaccin contre le coronavirus et quelque 600.000 deux doses, bien loin des prévisions du gouvernement.

- Pic de contaminations à Gaza -

Au Brésil, le deuxième pays le plus endeuillé avec 317.000 morts, la crise sanitaire, qui fait des ravages, a aussi fait monter en flèche le chômage et la pauvreté. Les files d'attente aux points de distribution de nourriture ne cessent de s'allonger dans les grandes villes, comme à Sao Paulo ou à Rio de Janeiro.

La situation épidémique inquiète également dans d'autres parties du monde. C'est le cas dans la bande de Gaza, qui enregistré plus de 1.000 nouveaux cas en 24 heures, l'un des bilans les plus élevés dans cette enclave palestinienne depuis le début de la pandémie.

En Chine, la ville chinoise de Ruili, à la frontière avec la Birmanie, a été placée en quarantaine après la détection de six cas de Covid-19. C'est le plus gros cas de contagion dont font état les autorités en près de deux mois.

Les Etats-Unis et treize pays alliés ont exprimé mardi leurs "préoccupations" dans une déclaration commune concernant le rapport des experts chinois et de l'Organisation mondiale de la santé sur les origines du Covid, réclamant à la Chine de donner "pleinement accès" à ses données.

Le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a, pour sa part, demandé une enquête sur l'hypothèse d'une fuite du virus d'un laboratoire en Chine pour expliquer l'origine de la pandémie et critiqué le partage insuffisant des données par Pékin.

Les auteurs du rapport, publié mardi, ont pourtant jugé ce scénario d'"extrêmement improbable".

Liang Wannian, le chef de la délégation de scientifiques chinois qui ont collaboré au rapport des experts désignés par l'OMS, a fait part mercredi de son incompréhension à l'égard des propos du patron de cette organisation.

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