Virus: le bilan frôle les 200.000 morts, l'OMS met en garde contre les "passeports immunitaires"

Publié le à Genève (AFP)

La barre symbolique des 200.000 morts du nouveau coronavirus devait être franchie samedi, au moment où l'OMS émettait des réserves sur la délivrance de "passeports immunitaires" risquant de favoriser la propagation de la pandémie, une idée émise dans certains pays pour accompagner le déconfinement.

La moitié de l'humanité reste confinée et en Espagne, troisième pays le plus endeuillé du monde, les enfants trépignent, pressés de sortir de leur maison pour la première fois depuis six semaines. Le pays, soumis depuis le 14 mars à un confinement extrêmement strict prolongé jusqu'au 9 mai inclus, interdisait jusqu'à présent aux moins de 14 ans de sortir, même accompagnés de leur parents.

A partir de dimanche, les petits pourront "sortir pour se promener ou jouer dans la rue une fois par jour durant une heure et dans un rayon d'un kilomètre de leur domicile".

L'OMS a douché samedi les espoirs de ceux qui misaient sur une éventuelle immunité des personnes ayant été confrontées au coronavirus, au moment où certains pays mettent en place des programmes de tests sérologiques en vue du déconfinement.

- Menace d'une deuxième vague -

"Il n'y a actuellement aucune preuve que les personnes qui se sont remises du Covid-19 et qui ont des anticorps soient prémunies contre une seconde infection", a prévenu l'Organisation mondiale de la santé, incitant à ne pas relâcher les efforts, car la menace d'une deuxième vague mortelle plane toujours.

Le monde musulman a lui entamé le mois de jeûne du ramadan sans prières collectives ni repas partagés: les portes des mosquées restent closes et les rassemblements familiaux sont interdits.

En Iran, où la maladie a tué 5.650 personnes selon les chiffres officiels, le mois du jeûne a commencé en pleine crainte d'une recrudescence de l'épidémie, deux semaines après le début de la réouverture partielle des commerces.

Le coordinateur de la lutte contre la maladie à Téhéran Aliréza Zali a critiqué "des réouvertures faites à la hâte", tandis que Mohammad Mehdi Gouya, le directeur du département des maladies infectieuses au ministère de la Santé, évoque "des signes d'une nouvelle recrudescence" des cas dans certaines provinces.

A l'heure où certains pays assouplissent leurs mesures de confinement, les bilans eux font toujours état d'une situation sanitaire catastrophique: le Royaume-Uni, qui a tardé à décréter le confinement, a dépassé samedi les 20.000 morts à l'hôpital. Ce chiffre ne prend pas en compte les maisons de retraite où, selon des représentants du secteur, plusieurs milliers de personnes âgées sont mortes.

- Masque obligatoire -

L'allègement des mesures de quarantaine décidé dans certains Etats va souvent de pair avec de nouvelles règles de circulation et de vie.

Ainsi en Afrique du Sud, pays africain le plus touché avec 75 décès, le port du masque sera obligatoire à compter du 1er mai, date à laquelle les mesures de restriction seront légèrement assouplies.

Mais un autre fléau plane sur le continent africain : en raison de problèmes de distribution de moustiquaires et de médicaments à cause du coronavirus, près de 400.000 personnes supplémentaires pourraient mourir du paludisme cette année, selon cette organisation.

Le bilan des morts du paludisme en Afrique sub-saharienne pourrait approcher les 770.000 cette année, soit "deux fois plus qu'en 2018", a relevé l'OMS, alors qu'a lieu samedi la Journée internationale de lutte contre cette maladie, qui contrairement au Covid frappe particulièrement les enfants.

- Les Portugais aux fenêtres -

En Europe, l'Italie, le pays le plus lourdement touché avec 26.384 morts, devant l'Espagne (22.902) et la France (22.614), commencera le 4 mai une campagne de tests sérologiques sur 150.000 personnes à l'échelle nationale pour tenter d'en savoir plus sur la pandémie.

La course est engagée entre laboratoires pour trouver le remède au coronavirus avec une demi-douzaine d'essais cliniques, notamment au Royaume-Uni et en Allemagne.

Lancée par l'OMS, une initiative regroupant plusieurs pays d'Europe, le continent le plus endeuillé avec plus de 120.000 décès, sur plus de 197.000 au total dans le monde, vise à accélérer la prodution de ces traitements, tests et vaccins. Mais ni la Chine, d'où est partie la pandémie fin 2019, ni les Etats-Unis ne s'y sont associés.

Aux Etats-Unis, le pays qui déplore le plus lourd bilan, avec quelque 50.000 morts, Donald Trump a promulgué un nouveau plan d'aide de près de 500 milliards de dollars, pour soulager entreprises et hôpitaux. Il y a urgence: le Produit intérieur brut américain devrait plonger de 12% ce trimestre.

Au Brésil, où le président d'extrême droite Jair Bolsonaro est accusé de passivité face à la pandémie, les habitants des favelas ont décidé d'agir de leur propre chef.

"La favela doit se battre car si elle attend le gouvernement, elle n'y arrivera jamais", explique Thiago Firmino, un guide touristique de 39 ans qui s'est porté volontaire pour désinfecter les ruelles de son quartier, la favela Santa Marta à Rio de Janeiro.

Confinement et règles de distanciation sociale oblige, le Portugal a improvisé samedi pour célébrer le 46e anniversaire de la Révolution des Oeillets... en chantant aux fenêtres. Oeillets rouges à la main, de nombreux Portugais ont entonné la chanson "Grandola Vila Morena", symbole du coup d'Etat militaire qui, le 25 avril 1974, a mis fin à 48 ans de dictature fasciste et 13 ans de guerres coloniales, puis l'hymne national.

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