Virus: le ton monte sur les vaccins, 500 millions de doses administrées dans le monde

Publié le à Paris (AFP)

La tension est encore montée vendredi autour de la vaccination contre le Covid-19, alors que plus de 500 millions de doses ont été administrées dans le monde, offrant un espoir face à la troisième vague épidémique.

Pour pallier l'inégalité de l'accès aux vaccins, l'Organisation mondiale de la Santé a annoncé avoir immédiatement besoin de 10 millions de doses destinées à aider 20 pays qui n'en ont pas, appelant la communauté internationale à offrir ces fioles.

Alors que la vaccination a continué d'accélérer cette semaine dans le monde, 500 millions de doses ont déjà été administrées, dans au moins 164 pays ou territoires, selon un comptage de l'AFP vendredi.

Dans le peloton de tête figurent Israël, le Royaume-Uni et les Emirats arabes unis. A l'autre bout de l'échelle, les débuts sont balbutiants pour de nombreux pays pauvres, qui ont commencé à vacciner grâce au mécanisme Covax, lancé notamment par l'OMS et l'Alliance du vaccin (Gavi).

- Tensions entre Bruxelles et Londres -

L'Union européenne, elle, reste confrontée à des difficultés d'approvisionnement, et le ton monte entre Bruxelles et Londres. L'UE s'est dite prête jeudi à bloquer les exportations du vaccin d'AstraZeneca.

La Commission européenne a en effet renforcé son mécanisme de contrôle des exportations pour les restreindre drastiquement vers les pays qui en produisent ou dont la population est déjà largement vaccinée.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a prévenu: le laboratoire suédo-britannique, qui n'a livré aux Vingt-Sept que 30 des 120 millions de doses promises au 1er trimestre, "devra d'abord rattraper son retard" et honorer son contrat avant de pouvoir exporter hors du continent.

La France a enfoncé le clou vendredi, accusant le Royaume-Uni d'exercer un "chantage" sur les livraisons de vaccin AstraZeneca parce qu'il a un "problème" de stocks pour l'administration de la deuxième dose aux Britanniques déjà vaccinés une fois.

- "Politique d'influence" -

Paris a aussi accusé la Russie et la Chine d'utiliser leurs vaccins comme outils de propagande.

"La Chine, la Russie mènent une politique d'influence par le vaccin", a déclaré vendredi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

Le président Emmanuel Macron avait déjà évoqué jeudi, à l'issue d'un sommet européen virtuel, "une guerre mondiale d’un nouveau genre", et les "attaques" et "velléités de déstabilisation – russes, chinoises – d'influence par le vaccin".

La Russie a réfuté vendredi ces critiques. "Nous ne sommes absolument pas d'accord (avec les accusations) disant que la Russie et la Chine utilisent la pandémie du coronavirus et la problématique des vaccins comme des outils d'influence" et disant que "la Russie et la Chine mènent une guerre quelconque", a estimé vendredi Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe.

Se refusant à commenter les accusations de la France, l'Allemagne, elle, a réaffirmé être prête à utiliser le vaccin Spoutnik V afin de combattre la pandémie, à condition qu'il soit approuvé par l'Agence européenne des médicaments (EMA).

En pleines tensions avec Londres, l'Agence européenne des médicaments a donné vendredi son feu vert à une usine de production du vaccin AstraZeneca aux Pays-Bas.

L'EMA a par ailleurs autorisé vendredi le stockage du vaccin Pfizer/BioNTech à des températures de congélateur, plus élevées que celles jusqu'ici autorisées, ce qui facilitera sa distribution.

- France classée à "haut risque" -

La pandémie a fait au moins 2,756 millions de morts dans le monde depuis fin 2019, selon un comptage de l'AFP vendredi. Les contaminations au coronavirus ont continué d'accélérer cette semaine, même si elles restent beaucoup moins nombreuses qu'en début d'année.

Aux Etats-Unis, pays le plus touché avec 546.822 décès, le président Joe Biden a annoncé jeudi doubler son objectif de vaccinations contre le Covid-19 pour les 100 premiers jours de son mandat, le portant à 200 millions.

Deuxième pays le plus touché, le Brésil, qui a enregistré le plus grand nombre de nouvelles contaminations cette semaine, a détecté jeudi pour la première fois plus de 100.000 nouveaux cas en 24 heures.

Dans un entretien publié vendredi, l'ex-président brésilien Lula a estimé que l'actuel chef de l'Etat Jair Bolsonaro devrait "s'excuser" s'il "avait un peu de grandeur" pour sa gestion de la pandémie, "le plus gros génocide" de l'histoire du Brésil.

Lueur d'espoir cependant, l'institut Butantan de Sao Paulo a annoncé vendredi le développement d'un vaccin "100% brésilien", avec 40 millions de doses prévues d'ici la fin de l'année et les premières injections dès juillet, dans ce pays où la vaccination avance lentement.

En France, les autorités ont prévenu vendredi que les contrôles des mesures de restrictions de mouvement allaient "s'intensifier", dans les "gares, aéroports et péages routiers", face à une situation jugée "critique".

L'Allemagne a classé la France entière, y compris les territoires d'outre-mer, comme zone à "haut risque" d'infection au Covid-19.

Ce classement implique notamment des contrôles au moins aléatoires aux frontières, que la plupart des voyageurs en provenance de France observent une période de quarantaine à l'arrivée et disposent d'un test négatif de moins de 48 heures.

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