Washington met en garde Moscou contre une nouvelle "agression" visant l'Ukraine

Publié le à Riga (AFP)

Les Etats-Unis ont mis en garde mardi la Russie contre toute nouvelle "agression" visant l'Ukraine, avant une réunion de l'Otan qui doit discuter d'une possible riposte au renforcement de la présence militaire russe à la frontière ukrainienne.

"Toute escalade de la part de la Russie serait très préoccupante pour les Etats-Unis comme pour la Lettonie, et toute nouvelle agression provoquerait des conséquences sérieuses", a déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken lors d'une conférence de presse à Riga, où il doit rencontrer pendant deux jours ses homologues de l'Alliance atlantique.

Prévue de longue date, la réunion intervient à un moment d'instabilité sur le flanc oriental de l'Otan, d'autant plus que ses membres doivent aussi se pencher sur la crise migratoire orchestrée par le Bélarus, allié du Kremlin.

Les Occidentaux craignent que la Russie puisse envahir l'Ukraine, et accusent le Kremlin de rassembler ses forces à la frontière avec ce pays.

"Les intentions russes ne sont pas claires mais il y a une concentration inhabituelle de forces pour la deuxième fois cette année", a dit à l'AFP le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, lors d'une visite aux forces de l'Alliance en Lettonie.

- "Stratégie russe" -

"Nous voyons des blindés lourds, des drones, des systèmes de guerre électronique et des dizaines de milliers de soldats prêts au combat", a-t-il précisé.

Antony Blinken a aussi réitéré son "inquiétude" au sujet de ces mouvements de troupes. "Nous avons vu la stratégie russe à plusieurs reprises", qui consiste à "créer de toutes pièces" des "provocations" pour justifier les actes de Moscou, a-t-il estimé.

Moscou, qui a envahi la Crimée ukrainienne en 2014 et soutient les séparatistes combattant Kiev, a fermement nié préparer une attaque et a accusé à son tour l'Otan d'attiser les tensions.

Les diplomates de l'Otan restent incertains sur les intentions du président russe Vladimir Poutine, mais ils discuteront des plans d'urgence en cas d'une éventuelle invasion.

L'Alliance, dirigée par les États-Unis, entend marcher sur une ligne de crête: elle veut montrer au Kremlin qu'il ferait face à des coûts élevés s'il recourait à la force contre l'Ukraine, tout en évitant de le provoquer.

Les responsables s'attendent à des pourparlers sur un soutien supplémentaire à l'armée ukrainienne et sur un renforcement potentiel des forces de l'Otan déployées le long de son flanc oriental.

Ils soulignent cependant que l'Ukraine, candidate à une adhésion à l'Otan et dont le ministre des Affaires étrangères sera présent à Riga, n'est pas protégée par le pacte de défense collective de l'Alliance.

Le président américain Joe Biden a indiqué vendredi qu'il allait probablement s'entretenir avec les dirigeants russes ou ukrainiens pour empêcher la montée des tensions.

- Menace "hybride" bélarusse -

L'angoisse croissante autour de l'Ukraine survient alors que des membres de l'Otan, la Pologne, la Lituanie et la Lettonie, sont confrontés à une autre menace venant de l'Est.

Les trois pays accusent l'allié de Moscou, le Bélarus, d'orchestrer la crise migratoire et d'ainsi faire peser sur l'Union européenne une menace "hybride", en réponse à des sanctions européennes, ce que Minsk dément.

L'Otan a exprimé sa "solidarité" avec ses membres de l'Est, mais s'est tenue bien à l'écart, considérant le niveau de la menace provoquée par la crise migratoire en deçà de celui d'une agression active éventuelle.

Le président polonais Andrzej Duda a évoqué l'augmentation du nombre de forces de l'Otan déployées sur son flanc oriental lors d'une rencontre avec M. Stoltenberg la semaine dernière.

Mais une décision de déclencher des consultations d'urgence en vertu de l'article 4 de l'Alliance semble avoir été suspendue pour le moment. S'exprimant lors d'une tournée conjointe dans les pays baltes dimanche, M. Stoltenberg et la cheffe de l'UE Ursula von der Leyen se sont engagés à intensifier leur coopération face à de tels défis.

Les tensions le long des frontières orientales de l'Otan et de l'UE se sont apaisées depuis que certains migrants ont commencé à rentrer chez eux en Irak, mais Varsovie et Vilnius insistent sur le fait que la crise est loin d'être terminée.

"Il ne fait aucun doute que le régime (du président bélarusse Alexandre) Loukachenko et les forces qui le soutiennent continueront de tester l'unité du monde occidental et sa capacité de réaction", a déclaré le président lituanien Gitanas Nauseda.

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