Washington relance la réponse internationale à la pandémie

Publié le à Genève (AFP)

Les Etats-Unis ont marqué jeudi leur retour à l’OMS en s'engageant à remplir leurs obligations financières envers l'organisation, relançant la réponse internationale à la pandémie au moment où le variant britannique du coronavirus se propage dans le monde.

Selon la nouvelle administration américaine, qui a annoncé dès mercredi son retour à l'Organisation mondiale de la santé, les Etats-Unis ont "l'intention de remplir leurs obligations financières envers l'organisation", a déclaré l'immunologue Anthony Fauci lors d'une réunion du conseil exécutif de l'agence onusienne à Genève.

Il a annoncé que le président Biden publierait une directive dans la journée faisant part de l'intention des Etats-Unis de se joindre au dispositif Covax, mis en place par l'OMS pour distribuer des vaccins anti-Covid aux pays défavorisés.

Le système Covax, piloté par l'OMS, vise à fournir d'ici fin 2021 des vaccins anti-Covid pour au moins 20% de la population des pays défavorisés.

"C'est un grand jour pour l'OMS et un grand jour pour la santé mondiale", lui a répondu le chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

En Europe, les Vingt-Sept se retrouvent jeudi soir pour un nouveau sommet par visioconférence consacré à la lutte contre la pandémie, au moment où plusieurs pays, comme l'Allemagne, durcissent leurs mesures pour tenter de contrer la propagation des nouvelles souches. Limitation des déplacements transfrontaliers, accélération de la vaccination, mise en place d'un certificat commun seront au menu des discussions.

Le Portugal fermera ses écoles pendant 15 jours dans un nouvel effort pour maîtriser l'explosion des cas de Covid-19, a annoncé jeudi le Premier ministre Antonio Costa, en s'inquiétant d'une progression du variant britannique et sa "vitesse de transmission".

Un nouveau confinement "deviendrait probablement une nécessité absolue" si la circulation du variant anglais du coronavirus augmentait "de façon sensible" en France, a prévenu de son côté le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Le variant anglais du coronavirus continue de se propager dans le monde, touchant au moins 60 pays et territoires, et inquiète de nombreux Etats.

- "Laisser de côté la politique" -

Le président américain Joe Biden a prévenu que son pays allait entrer dans "la phase la plus mortelle du virus", alors que le bilan aux Etats-Unis dépasse désormais celui des soldats américains tués pendant la Seconde Guerre Mondiale.

La première puissance mondiale déplore désormais 405.400 décès depuis le début de la pandémie. Pays le plus endeuillé en valeur absolue, les Etats-Unis sont aussi le pays le plus touché en nombre de cas (plus de 24,4 millions).

Joe Biden a appelé à "laisser de côté la politique et affronter enfin cette pandémie".

La Chine a de son côté procédé jeudi à l'évacuation d'un quartier résidentiel du centre de Shanghai, après la découverte d'au moins trois cas de Covid-19, les premiers signalés dans la gigantesque métropole chinoise depuis début novembre.

Les autorités chinoises avaient fait état mercredi de premiers cas à Pékin liés au variant anglais, et annoncé le confinement strict de cinq quartiers de la banlieue sud de la capitale chinoise.

Ce confinement concerne quelques dizaines de milliers de personnes, soit une petite fraction des 21 millions d'habitants de la capitale.

Plusieurs centaines de malades ont été identifiés ces dernières semaines dans le nord et le nord-est du pays, où des millions de personnes ont été confinées ou doivent restreindre leurs mouvements.

- Autres variants -

Le variant sud-africain du coronavirus se diffuse lui plus lentement et est présent dans 23 pays et territoires, soit 3 de plus qu'au 12 janvier, a précisé l'OMS.

Mais il risque de poser un autre problème: plusieurs nouvelles études semblent confirmer que, contrairement au variant anglais, il risque d'échapper au moins partiellement à la protection espérée des vaccins contre le Covid-19.

L'OMS a aussi indiqué suivre la diffusion de deux autres variants apparus au Brésil, le P1, signalé dans l'Etat de l'Amazonas et détecté aussi au Japon sur quatre personnes venues du Brésil, et un autre variant.

En Afrique, la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 se révèle plus meurtrière. Le taux de mortalité y dépasse désormais la moyenne mondiale (2,5% contre 2,2%), a annoncé jeudi le Centre de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC).

En Inde, cinq personnes sont décédées jeudi dans un incendie dans l'ouest sur le site de l'Institut Serum (Serum Institute of India), le plus grand fabricant de vaccins au monde, sans que le feu affecte sa production à grande cadence de vaccins contre le Covid-19, selon l'entreprise.

Au total, 60 pays ou territoires, regroupant 61% de la population mondiale, ont lancé leur campagne de vaccination. Mais 11 pays concentrent 90% des doses injectées.

La pandémie a fait au moins 2.075.698 morts dans le monde, selon un bilan établi jeudi par l'AFP à partir de sources officielles.

L'impact économique de la pandémie ne se dément pas. La compagnie aérienne néerlandaise KLM a annoncé jeudi son intention de supprimer 800 à 1.000 emplois supplémentaires.

La virulence de la pandémie fait peser des "risques de dégradation" des perspectives de retour à la croissance dans la zone euro, a estimé la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde.

La pandémie continue aussi à provoquer des sécousses politiques. Le Premier ministre mongol a annoncé jeudi sa démission, au lendemain d'une manifestation dans les rues de la capitale Oulan-Bator qui dénonçait le traitement d'une jeune mère malade du Covid et de son nouveau-né.

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