Yémen: 14 morts dans des inondations à Aden, craintes du coronavirus

Publié le à Aden (AFP)

Des inondations ont tué 14 personnes et fait des dizaines de blessés à Aden, principale ville du sud du Yémen, ont annoncé mercredi les autorités, sur fond de craintes d'une propagation du nouveau coronavirus dans le pays en guerre.

"Les inondations à Aden ont tué 14 personnes, des hommes, des femmes et des enfants", a déclaré à l'AFP le vice-Premier ministre yéménite, Salem al-Khanbashi.

"Nous avons besoin d'une aide urgente dans le secteur de la santé pour stopper la propagation des maladies, en particulier le choléra et d'autres infections virales qui peuvent tuer les gens", a alerté ce responsable qui dirige le haut comité des secours.

Mardi, au moins sept personnes ont péri et 85 blessées mardi dans plusieurs provinces du nord en proie aux intempéries, selon l'ONU.

Au total, au moins 21 Yéménites ont trouvé la mort dans des inondations ces dernières 48 heures dans ce pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

La capitale Sanaa et d'autres régions du pays --surtout dans le nord-- subissent depuis plusieurs semaines par de fortes pluies, dans un pays déjà touché par la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU, et qui a officiellement enregistré un premier cas de nouveau coronavirus début avril.

Depuis 2014, le gouvernement yéménite, soutenu à partir de 2015 par une coalition armée dominée par l'Arabie saoudite, est en guerre contre les rebelles Houthis, aidés par l'Iran, qui contrôlent Sanaa et plusieurs pans du nord du pays.

Plus de trois millions de Yéménites ont été déplacés en raison du conflit, le plus souvent dans des camps particulièrement exposés au risque de propagation de maladies, comme le choléra et le paludisme.

"Des gens sont morts, des maisons ont été endommagées, des (camps de déplacés) ont été touchés et ces inondations pourraient accélérer la propagation du choléra", a mis en garde mercredi Samah Hadid, responsable de l'ONG Oxfam.

Selon Mme Hadid, "il pourrait y avoir un million de cas de choléra cette année avec le début de la saison des pluies au Yémen", évoquant également "la menace sérieuse du coronavirus dans le pays".

- Eau et boue -

Mercredi à Aden, capitale du sud et siège provisoire du gouvernement, déclarée "zone sinistrée" la veille par le Premier ministre yéménite Maïn Abdelmalak Saïd, des centaines de véhicules flottaient dans des rues inondées.

Au moins dix maisons ont été détruites et 90 autres endommagées, selon un responsable du gouvernement. Pas moins de 35 familles étaient bloquées dans leurs foyers inondés, ont indiqué des résidents d'Aden.

"Il y a de l'eau et de la boue chez moi, les voitures ont été balayées le long des rues, qui sont à présent complètement détruites", a dit l'un d'eux, Mohammed Abdel Hakim.

Ces intempéries ont touché les déplacés dans l'ensemble du pays, a indiqué mercredi le Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), notamment à Marib, l'un des derniers bastions du gouvernement dans le nord où de violents affrontements ont éclaté ces dernières semaines entre loyalistes et rebelles.

"Beaucoup de familles ont perdu leur abri, et tout ce qu'elles détenaient", a écrit le HCR sur Twitter.

Environ 24 millions de Yéménites --plus de 80% de la population-- dépendent d'une forme d'aide ou de protection, selon l'ONU.

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