Yémen: des dizaines de morts dans des combats entre rebelles et loyalistes

Publié le à Dubaï (AFP)

Des dizaines de combattants ont péri dans des affrontements nocturnes au Yémen, où les rebelles ont intensifié leurs attaques pour s'emparer de la ville de Marib, dernier bastion du pouvoir dans le nord du pays en guerre, ont indiqué dimanche des responsables.

Les rebelles tentent depuis un an de s'emparer de cette ville riche en pétrole, située à environ 120 km à l'est de la capitale Sanaa, qu'ils contrôlent depuis 2014. Mais la bataille s'est intensifiée depuis le 8 févier avec la reprise de l'offensive des Houthis.

Un succès des insurgés, soutenus politiquement par l'Iran, serait un coup dur pour le pouvoir yéménite, appuyé depuis 2015 par une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite. Le royaume saoudien sunnite est le rival régional de l'Iran chiite, qui dément fournir des armes aux Houthis. Ces deux pays se livrent des guerres par procuration, comme au Yémen et en Syrie.

Ces dernières 24 heures, les Houthis ont dépêché un grand nombre de combattants et lancé des attaques à partir de divers fronts contre Marib, ont indiqué à l'AFP des responsables des forces progouvernementales.

L'aviation de la coalition est intervenue en appui aux forces loyalistes au sol, ont-ils précisé. Seize membres des troupes progouvernementales ont été tués de même que "des dizaines" de rebelles, ont ajouté ces responsables.

Les Houthis ne divulguent généralement pas leurs pertes, mais différentes sources ont fait état depuis la reprise de l'offensive de lourds bilans dans les deux camps.

Les rebelles ont par ailleurs réussi à couper les lignes d'approvisionnement en équipements militaires dans le district d'Al-Abdiya, à environ 50 km au sud de Marib, "en vue de préparer des attaques" et de "renforcer le siège" de la ville, a affirmé l'un des responsables militaires.

Les forces gouvernementales dans la ville on appelé les tribus locales, qui sont armées, à leur venir en aide.

- Politique américaine -

La recrudescence des violences à Marib, ainsi que la multiplication des attaques des rebelles contre le territoire saoudien, sont intervenues dans un contexte jugé apaisant en raison de la nouvelle politique américaine au Yémen sous l'administration de Joe Biden.

Le président américain a décidé de mettre fin à sou soutien à Ryad dans cette guerre et de retirer les Houthis de la liste des organisations terroristes pour ne pas entraver selon lui l'acheminement de l'aide humanitaire dans les territoires qu'ils contrôlent.

Même s'ils ont été placés sur la défensive avec l'escalade militaire, les Etats-Unis ont annoncé vendredi que le retrait des rebelles de leur liste noire des "organisations terroristes" entrerait en vigueur mardi.

Les efforts américains en vue d'une solution au conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés selon des ONG, sont ainsi restés pour l'instant sans effet.

Outre l'intensification des combats à Marib après un calme précaire sur les fronts ces derniers mois, les rebelles ont repris leurs attaques contre l'Arabie saoudite, lançant cette semaine des drones contre un aéroport international saoudien.

Le Yémen est confronté à la pire crise humanitaire en cours dans le monde selon l'ONU, avec une population au bord de la famine.

Des agences onusiennes ont averti que la moitié des enfants de moins de cinq ans pourrait souffrir de "malnutrition aiguë" en 2021, soit près de 2,3 millions d'enfants. Parmi eux, 400.000 pourraient mourir faute de "traitement urgent".

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