Yémen: la bataille de Marib fait rage, au moins 50 morts

Publié le à Abou Dhabi (AFP)

La bataille pour le contrôle de la province pétrolière de Marib au Yémen fait rage entre rebelles et forces gouvernementales, avec un lot quotidien de dizaines de morts, faisant craindre une escalade à grande échelle du conflit.

Samedi, au moins 50 combattants ont péri dans les affrontements acharnés au lendemain d'un bilan plus lourd, 60 morts, selon des sources militaires gouvernementales.

Les rebelles Houthis, qui tentent de s'emparer depuis plus d'un an de Marib, ont repris le 8 février leur offensive contre ce dernier bastion sous contrôle du pouvoir dans le nord du pays en guerre depuis 2014.

Les forces du président Abd Rabbo Mansour Hadi bénéficient d'un atout: l'aviation de la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite qui aide ses troupes au sol en bombardant les positions des Houthis pour les empêcher d'avancer dans la province.

D'après l'une des sources militaires, "22 membres des forces gouvernementales et plus de 28 rebelles ont péri ces dernières 24 heures dans les combats qui se poursuivent sans répit. Le commandant des forces spéciales à Marib, le général Abdel Ghani Chaalane, est mort dans les combats".

Selon l'agence de presse du gouvernement yéménite, la région de Marib "est la cible d'une offensive des plus féroces lancée par les Houthis qui utilisent tout genre d'armes y compris des drones et des missiles balistiques dont 10 ont été tirés vendredi" sur le chef-lieu éponyme de la province.

- Raids aériens -

Selon la chaîne des rebelles Al-Massirah, la coalition militaire a mené plus de 12 raids aériens en appui aux forces gouvernementales au sol.

Vendredi, plus de 60 combattants ont été tués à Marib, la journée la plus sanglante depuis la reprise de l'offensive qui a poussé des centaines de familles à la fuite. Ces derniers jours les combats ont été particulièrement sanglants avec des dizaines de morts quotidiennement.

Les Houthis ne divulguent généralement pas leurs pertes.

Après une forte baisse des combats pendant plusieurs mois sur les fronts au Yémen, les rebelles sont repartis à l'assaut de la province de Marib, située à 120 km à l'est de la capitale Sanaa et à proximité de champs pétroliers.

Cette région est l'une des rares restées aux mains des loyalistes, alors que le nord du pays est largement contrôlé par les Houthis.

Dans cette guerre, les rebelles sont soutenus par l'Iran chiite qui dément néanmoins leur fournir des armes. L'Iran est le rival régional du royaume saoudien sunnite, et les deux puissances du Moyen-Orient se livrent au Yémen une guerre par procuration selon des experts.

Un succès des insurgés serait un coup dur pour le pouvoir yéménite et l'Arabie saoudite, pays voisin du Yémen.

- Pire crise humanitaire -

La recrudescence des violences à Marib, ainsi que les attaques lancées ces dernières semaines par les rebelles contre le territoire saoudien, interviennent dans un contexte jugé pourtant apaisant en raison de la nouvelle politique américaine au Yémen de l'administration de Joe Biden.

Ce dernier a décidé de mettre fin à son soutien à Ryad dans cette guerre et de retirer les Houthis de la liste des "organisations terroristes" pour ne pas entraver selon lui l'acheminement de l'aide humanitaire dans les territoires qu'ils contrôlent.

Jeudi, lors d'un premier entretien téléphonique avec le roi Salmane d'Arabie saoudite, Joe Biden a entre autres évoqué "l'engagement des Etats-Unis à aider l'Arabie saoudite à défendre son territoire face aux attaques de groupes pro-Iran".

Le conflit au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, a été déclenché en 2014 par une vaste offensive des Houthis qui se sont emparés de larges pans du territoire, y compris de la capitale Sanaa qu'ils contrôlent toujours.

La guerre a plongé le pays dans la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU, et fait des dizaines de milliers de morts, d'après des ONG internationales, sans oublier les millions de déplacés et une population au bord de la famine.

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