Yémen: un Français tué par balles à Sanaa, un autre blessé

Publié le à Sanaa (AFP)

Un Français, employé d'une société de sécurité privée, a été tué et un autre blessé par balles lorsque des hommes armés ont tiré sur leur voiture lundi dans un quartier diplomatique de la capitale yéménite, selon des sources concordantes.

Le chauffeur yéménite des deux Français a été également blessé dans l'attaque, a indiqué à l'AFP une source de sécurité, précisant que les agresseurs avaient réussi à prendre la fuite.

Une enquête a été ouverte sur les circonstances de l'attaque, survenue à quelques centaines de mètres de l'ambassade de France, selon cette source qui n'a pas été en mesure de fournir dans l'immédiat des précisions sur les motivations de ses auteurs.

Dans un communiqué publié sur son site internet, une société de sécurité privée, Argus, a indiqué que les deux Français étaient ses employés et travaillaient pour la protection d'"une mission diplomatique", sans préciser laquelle.

Argus, basée à Chypre, a confirmé que son équipe avait été "attaquée par des inconnus lourdement armés".

"Nous sommes profondément attristés d' annoncer la mort de l'un de nos collègues. Un autre a été grièvement blessé et reçoit actuellement des soins", a indiqué la société de sécurité.

Les membres du personnel diplomatique sont de plus en plus souvent la cible d'attaques perpétrées par des hommes armés dans la capitale yéménite.

La dernière en date a visé en avril un diplomate allemand, qui a été blessé en échappant à ses agresseurs qui tentaient de l'enlever, non loin de l'ambassade d'Allemagne.

Deux Britanniques et un Allemand ont été enlevés en janvier et février derniers.

Le Yémen, où la population est fortement armée et où Al-Qaïda est très actif, est secoué par une violence endémique, sur fond d'instabilité politique.

Les rapts sont parfois le fait de tribus voulant faire pression sur le gouvernement pour faire aboutir leurs revendications, comme dans le cas du ressortissant allemand qui est détenu par une tribu exigeant la libération de deux des siens emprisonnés à Sanaa.

Mais d'autres étrangers ont été enlevés par Al-Qaïda, qui détient notamment un enseignement sud-africain qu'il menace d'exécuter si une rançon n'est pas versée.

Le réseau retient aussi un diplomate saoudien, Abdallah al-Khalidi, enlevé en mars 2012 à Aden (sud).

Selon des sources tribales, des membres d'Al-Qaïda détiennent aussi un diplomate iranien, Nour-Ahmad Nikbakht, enlevé en juillet 2013 à Sanaa.

En avril, un ressortissant étranger qui serait russe, selon certaines sources, avait abattu deux hommes armés qui tentaient de l'enlever à Sanaa, dans un incident sans précédent.

© 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.