Affaire Pegasus - Ouverture d'une enquête à Alger

Publié le à Alger

Le procureur du tribunal de Sidi M'hamed à Alger a ordonné l'ouverture d'une enquête préliminaire après les révélations de presse selon lesquelles l'Algérie fait partie des victimes du logiciel espion israélien Pegasus, selon un communiqué du parquet publié jeudi.Cette affaire survient au moment où les relations entre l'Algérie et le Maroc - accusé d'avoir eu recours à Pegasus pour espionner notamment des journalistes, militants et personnalités politiques, y compris à l'étranger - sont au plus bas. Selon une enquête du consortium Forbidden Stories et Amnesty International, des milliers de numéros de téléphone algériens - dont certains appartenant à des hauts responsables politiques et  militaires - ont été recensés comme cibles potentielles du logiciel Pegasus, commercialisé par l'entreprise israélienne NSO pendant l'année 2019, affirme le site d'information francophone Tout sur l'Algérie (TSA). Ces révélations ont suscité une indignation générale en Algérie, notamment sur les réseaux sociaux. Le scandale est d'autant plus sensible qu'il survient au moment où Alger a rappelé son ambassadeur à Rabat pour "consultations" en raison d'une nouvelle crise diplomatique entre les deux pays. Traditionnellement difficiles, les relations entre l'Algérie et son voisin marocain ont connu une récente dégradation en raison de l'épineux dossier du Sahara occidental. La normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël - en contrepartie d'une reconnaissance américaine de la "souveraineté" marocaine sur ce territoire - a encore avivé les tensions avec l'Algérie qui a dénoncé des "man?uvres étrangères" visant à la déstabiliser. De son côté, le Maroc considère l'Algérie comme "une partie prenante réelle du conflit" au Sahara occidental, considéré comme un "territoire non autonome" par l'ONU en l'absence d'un règlement définitif. Le conflit met aux prises le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l'Algérie, depuis le départ de l'Espagne, l'ancienne puissance coloniale, en 1975. Rabat, qui contrôle près de 80% de ce vaste territoire désertique, riche en phosphates et avec de fortes ressources maritimes (pêche), propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté. Le Polisario, qui a proclamé la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en 1976, continue de réclamer, avec le soutien de l'Algérie, la tenue d'un référendum prévu par l'ONU au moment de la signature d'un cessez-le-feu entre les belligérants en 1991. Toutes les tentatives de règlement du conflit ont échoué jusqu'à présent. (Belga)
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