Attentats à Paris - Au procès du 13-novembre, dernier témoignage d'un policier belge sous le feu des critiques

Publié le à Bruxelles (Belgique)

Un dernier policier belge a témoigné, jeudi par vidéoconférence au procès des attentats du 13-Novembre. Trois des accusés ont une nouvelle fois refusé de prendre place dans le box pour protester contre l'absence physique des enquêteurs belges. Une critique partagée par les avocats de la défense et des parties civiles.L'officier de la police judiciaire belge répondant au matricule "447.610.035" était devant la cour pour retracer le parcours d'Hamza Attou et de Mohammed Amri jusqu'en août 2015 afin d'évaluer leur éventuelle radicalisation et leurs liens avec les membres de la cellule terroriste. L'objectif est notamment d'appréhender leur degré de proximité avec Salah Abdeslam. Le policier a d'abord évoqué Hamza Attou, interpellé le 14 novembre dans l'après-midi à la station de métro Beekkant. Le jeune homme, né en 1994, "ne fait pas le ramadan, va très peu à la mosquée, consomme des stupéfiants, de l'alcool, fume des cigarettes et ne cautionne pas les attentats", a rappelé le policier belge. Le policier a ensuite évoqué le cas de Mohammed Amri : issu d'une famille musulmane modérée "qui n'est pas connue pour des faits de radicalisation". Il n'est pas pratiquant, ne va pas souvent à la mosquée. Son épouse, qui s'est convertie à l'islam, ne porte pas le voile. Il travaille au Samu social et est en contact avec Hamza Attou de manière très régulière. Il admet également que Brahim et son frère Salah étaient de vrais amis. Mohammed Amri a racheté sa Golf à Brahim Abdeslam durant l'été 2015. Et se sentait redevable à son égard. L'enquêteur belge a également précisé que Mohammed Amri et Hamza Attou étaient très proches, qu'ils travaillent tous les deux au café et échangent beaucoup de contacts téléphoniques. La deuxième partie du procès était consacrée au témoignage en visioconférence de Yassine Abaaoud. dont le frère, Abdelhamid, est considéré comme le coordinateur des attentats de Paris et Saint-Denis. D'abord assez laconique, le jeune homme a fini par confier comment les agissements de son grand frère ont brisé sa famille, en particulier l'enlèvement de leur jeune frère, Younès, 13 ans qu'il a emmené en Syrie et qui est présumé mort là-bas. Cette journée marquait la fin des témoignages des enquêteurs belges qui sont sous le feu des critiques non seulement de la défense mais également des parties civiles. Il leur est reproché notamment un manque de transparence, de précision et de rigueur dans la gestion du dossier ainsi que leur absence physique au procès. "Il y avait un accord préalable entre la France et la Belgique pour que la loi française soit adaptée et permette aux enquêteurs étrangers, donc non-français, d'avoir les mêmes droits que les enquêteurs français, c'est-à-dire de témoigner de manière anonyme, a expliqué jeudi le porte-parole du parquet fédéral, Eric Van Duyse. "C'est une protection nécessaire pour les enquêteurs français parce que ça protège à la fois leur sécurité et leur capacité de travailler de manière discrète. Les enquêteurs belges ont les mêmes besoins. À partir du moment où la loi française n'a pas été adoptée, on revient à la loi belge et la loi belge impose que ce soit fait en visioconférence depuis le territoire belge avec des magistrats qui vérifient que la loi belge n'est pas enfreinte au cours de l'audition des témoins". Il a également précisé qu'"en Belgique la présence du juge d'instruction et du parquet est beaucoup plus forte dans l'enquête : ils ont une vision globale. Bien sûr il y a des chefs d'enquête au niveau de la police qui ont également cette vision globale mais ce n'est pas ceux-là que la Cour d'assises a convoqué". Du côté de la police belge, on explique ne pas comprendre les critiques puisque les enquêteurs ont notamment été interrogés sur des enquêtes qu'ils n'avaient pas menées. (Belga)
© 2022 Belga. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par Belga. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de Belga.

A lire également

Notre sélection d'annonces

Fil info