Cinq ONG s'inquiètent de l'hébergement et l'accès aux soins en période de Covid

Publié le à BRUXELLES (Belgique)

"Il est inconcevable et inhumain de laisser des personnes à la rue sans solution digne et durable", dénoncent mardi cinq ONG alors que les capacités d'hébergement de la Région bruxelloise sont en situation de saturation et que leur augmentation n'est pas à l'ordre du jour, bien au contraire. Parmi les personnes fragilisées et les migrants en situation d'errance figurent des cas suspects ou avérés de Covid-19, s'inquiètent Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde, le CIRÉ, la Plateforme Citoyenne BxlRefugees et SOS Jeunes. Le nombre de place dans les structures d'hébergement "classiques" s'est restreint. Depuis fin septembre, le Samusocial a par exemple dû diminuer sa capacité d'accueil de 80 places à la suite d'une baisse de subventions et de la rénovation de son centre Poincaré. Si les personnes les plus démunies avaient pu compter sur 950 lits dans 12 hôtels et auberges de Bruxelles lors de la première vague de coronavirus, il n'y a plus qu'environ 570 personnes sans-abri hébergées dans différents hôtels jusqu'au 30 juin 2021. Soit 380 places en moins. Les associations demandent dès lors une politique ambitieuse de relogement. Elles plaident aussi pour que des solutions soient mises en œuvre pour permettre l'accès au testing et au tracing pour l'ensemble des populations vulnérables, y compris les personnes hébergées sur des lieux non agréés, tels que les squats. "Les barrières administratives qui entravent l'accès aux soins de santé et de santé mentale sont contraires aux impératifs de santé publique. Elles doivent être levées sans délai. Et une politique inclusive, notamment au niveau des CPAS doit être renforcée", continuent les cinq ONGs. Ces dernières sont convaincues de la possibilité de mettre progressivement en place une politique structurelle visant à mettre fin au sans-abris. Elles préconisent dès lors la prolongation des réquisitions des établissements hébergeant des personnes sans-abri et des moyens permettant à ces structures de fonctionner 24h/24; le relogement, aussi rapide que possible, des personnes y étant hébergées; et un accueil "inconditionnel" des mineurs pour leur apporter une protection et limiter les violences physiques et psychiques qu'ils subissent. Les associations souhaitent la mise en place d'une concertation sur les dispositifs de jour afin de construire ensemble une stratégie globale. Elles appellent aussi à un accès inconditionnel aux soins de santé, en ce compris les soins de santé mentale, ainsi qu'au testing de tous les publics vulnérables, quelles que soient les conditions de (non)logement, et à l'ouverture maximale des voies légales permettant de régulariser la situation des publics migrants. (Belga)
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