Conflit en Libye - Le GNA nomme un ministre de la Défense, sur fond de grogne sociale

Publié le à TRIPOLI (LBY)

Le chef du Gouvernement libyen d'union nationale (GNA) a nommé samedi un nouveau ministre de la Défense et un nouveau chef d'état-major des armées, sur fond de contestation populaire contre la détérioration des conditions de vie.Le pays est en proie aux violences depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Fayez al-Sarraj, à la tête du Conseil présidentiel chapeautant le GNA, a nommé dans deux décrets distincts le colonel Salah Eddine al-Namrouch au portefeuille de la Défense et Mohamad Ali al-Haddad, élevé au grade de général, comme chef d'état-major de l'armée libyenne. M. Namrouch occupait jusque-là le poste de vice-ministre de la Défense, celui du ministre étant vacant depuis 2018. Le général al-Haddad, commandant de la zone militaire du centre du pays, est originaire de Misrata (200 km à l'est de Tripoli) d'où sont issus les puissants groupes armés ayant combattu aux côtés du GNA contre le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est. Ces nominations interviennent après plusieurs réunions ces derniers jours entre M. Sarraj et les quatre autres membres du Conseil présidentiel, pour examiner des mesures et dispositions urgentes dans un contexte de mécontentement populaire grandissant à Tripoli et dans d'autres villes de l'ouest libyen, sous le contrôle du GNA. Des centaines de Libyens ont manifesté cette semaine pendant plusieurs jours à Tripoli, siège du GNA -reconnu par l'Onu et qui s'oppose au maréchal Haftar-, contre la corruption et la détérioration de leurs conditions de vie. Par ailleurs, à l'issue d'une réunion du Conseil présidentiel vendredi soir, le ministre de l'Intérieur Fathi Bachagha a été "suspendu". Il a été invité à se présenter devant ce même Conseil dans "72 heures au plus tard" pour une "enquête administrative" au sujet de ses déclarations à la suite d'incidents à Tripoli la semaine dernière, où plusieurs manifestants ont été blessés. M. Bachagha se trouvait en Turquie pour des réunions avec des responsables turcs, dont le ministre de la Défense, lorsque sa suspension a été annoncée. Il a rapidement "pris acte" de cette suspension, se disant prêt à répondre à l'enquête à condition que son audition soit "publique et retransmise en direct". (Belga)
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